Paris - voix libre

Les liens sacrés du mariage? Un modèle dépassé !

Louise Logeart - 25 janvier 2013
La majorité des couples vivent hors mariage, témoignant de fait de l’inintérêt d’un mariage religieux. Comment se situe-t-on face aux enfants qui ont grandi, merveilleusement entourés, aimés et élevés par des couples homosexuels ? Faut-il les bannir, les traiter d’enfants illégitimes ?
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Il y a ceux qui sont contre, plus par ignorance que par conviction. Les anciennes générations qui s’accrochent au modèle dépassé du couple pour la vie, « un papa, une maman », qui n’a fait ses preuves qu’en termes reproductifs, et encore.

Ceux qui n’ont pas connu les divorces, les remariages, les familles composées et recomposées, des parents épanouis, revenus du « mariage triste », qui est souvent le résultat d’une pression sociétale et familiale.

Ceux-là sont l’ancienne génération, loin des Lady Gaga et de la mode bisexuelle que la plupart des gosses actuels...

pour peu qu’ils aient eu la chance de grandir dans un milieu ouvert, se sont permis de tester, dans un festival de découverte du plaisir et d’ouverture à l’autre, témoin de l’évolution des mentalités. Ou des enfants perdus, diront les détracteurs et prêcheurs de bonne conscience.

Parce que finalement, qui aime t-on ? Avec qui veut-on vivre ? Avec qui on veut élever ses enfants ? C’est là où attaque la religion et le dogme moralisateur. Car il s’agit tout simplement pour les catholiques de s’arroger le droit de contester l’acquisition d’un réel statut pour les couples homos. En résumé leur empêcher le droit d’accès à une union civile, le droit au bonheur. Je me souviens de la deuxième femme de mon grand-père, catholique convaincue, blâmant mon grand père d’être un homme divorcé… ceux-là mêmes qui s’en vont manifester parmi les pro-vie, les mêmes qui voudraient empêcher les jeunes femmes d’accéder à l’avortement et véhiculent sur le plan international des images régressives d’une vieille France, qui devrait avoir recours à un référendum pour donner la possibilité aux couples homos de s’aimer en toute légalité… quelle honte ! Alors que dans plusieurs pays du monde ce droit est déjà acquis, la France peine à imposer ses droits à tous. Un faux débat. Les catholiques vont citer les liens sacrés du mariage, devant bien entendu unir un homme avec une femme. Ce modèle est dépassé. Non seulement la majorité des couples vivent hors mariage, témoignant de fait de l’inintérêt d’un mariage religieux. Nous devons rappeler que la France est un pays laïc, où l’église n’a rien à voir avec le mariage civil. Il s’agit avant tout de combler le vide juridique du Pacs, vaste blague ayant pour origine de repousser l’échéance du mariage entre personnes de même sexe. Pour que les couples partageant un même foyer puissent avoir les mêmes droits face aux enfants qu’ils élèvent ensemble, face aux biens qu’ils pourront laisser à l’enfant de l’autre qu’ils aiment autant que leur propre fils.

Est-il question d’autre chose que d’amour filial, de respect de la vie intime du couple ?


Les détracteurs du projet de loi pour le mariage pour Tous évoqueront l’accès à l’adoption pour les couples homos, et le recours à la Procréation Médicalement Assistée : et alors ? Les couples hétéros n’ont pas montré leur supériorité sur les couples homos et nous n’en sommes pas encore au débat de la Gestation pour Autrui, autrement dit les mères porteuses, sujet qui pose des difficultés d’un point de vue éthique dans les deux configurations de couple.

Comme le rappelle Elisabeth Badinter, le fait d’être père ne fait pas de nous un bon père, et de nombreuses études ont prouvé que l’instinct maternel n’est pas inné. Alors, de quoi se mêle-t-on ? Comment se situe-t-on face aux enfants qui ont grandi, merveilleusement entourés, aimés et élevés par des couples homosexuels ? Faut-il les bannir, les traiter d’enfants illégitimes car nés hors mariage ?

Certains ont été déçus de l’ambiance de la dernière marche pour le Mariage Pour Tous. Ils s’attendaient à une gay pride. A quoi nous répondons que l’homosexualité ne fait pas de nous une communauté. Comment parler de communauté hétérosexuelle, et toi t’es de quelle communauté, t’es plutôt mec, plutôt fille, plutôt les deux ? Ma vie intime ne vous regarde pas, laissez-moi me marier avec qui je veux ! Ou pas ! C’est simplement l’accès à un droit que nous, hétérosexuels sympathisants et homos, revendiquons.

Les homos ont été victimes de répressions impressionnantes tout au long de l’histoire, et continuent à être traqués dans plusieurs pays.


Donnons à tous le droit de choisir sa sexualité, et de pouvoir vivre en paix avec le voisin, selon les mêmes droits qu’un couple constitué de personnes de sexe opposé. Qu’un couple, à l’avenir, soit le reflet d’une société qui s’ouvre et accepte la protection de la vie privée de tous. Cessons de juger les gens heureux et acceptons la défaite de l’union traditionnelle dans les mentalités contemporaines.

« La parentalité hétérosexuelle n’est pas la panacée internationale » (Elisabeth Badinter)

Louise Logeart

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