- Musique

Joe Jackson Paris 12/09/2022 : Pleyel sous le charme du dandy britannique !

Jean-Christophe Mary - 14 juillet 2022
Look Sharp, I’m The Man...Quarante après, ces tubes sonnent toujours aussi modernes. Le pianiste et compositeur génial, qui s’était rapidement démarqué de la scène punk des 80’s, nous l’a bien prouvé hier soir. Ses apparitions à Paris étant de plus en rares, on en a profité.
Dans la salle archi bourrée, c’est complet depuis des mois, l'ambiance, est aussi chaleureuse que bonne enfant. A 20h30, Pleyel est plongé dans le noir quand la sono diffuse « Sing Your Sinners » de Jack Purvis. Les musiciens arrivent un à un sur le plateau, applaudis par le public. Quand les premiers accords de piano résonnent les spectateurs reconnaissent l’attaque de « One More Time  ». Sourire d’éternel adolescent, Joe Jackson rayonne derrière son piano, vêtu d’un costume bleu et chemise jaune très smart.

Autour de lui trois musiciens émérites : l’incroyable Graham Maby, son bassiste historique, un virtuose de la six corde, Teddy Kumpel et Doug Yowell, dont la batterie est perchée au milieu de la scène. Pas besoin de plus. Joe Jackson et son groupe ont des années de métier derrière eux et cela se voit immédiatement. Le quartet joue soudé, avec vigueur, et attaque déjà « Big Black Cloud » du dernier « Fool » (2020) immédiatement suivi de « Sunday Papers », autre extrait du mythique « Look Sharp  » (1979) revisité ce soir dans un esprit funk torride.

Joe Jackson passe ainsi en revue trois extraits de son tout premier album et trois autres du dernier. Comme pour mieux marquer ses 40 ans de scène, le pianiste chanteur s’adresse au public : « Je suis très content d’être ici à Paris. Nous avons joué trois chansons de Look Sharp, mon premier album et trois chansons de The fool, le dernier en date (2019) ».

La boucle est bouclée. Mais l’artiste n’est pas là pour faire de longs discours. Place à la musique et aux tubes avec une version particulièrement musclée de « Fabulously Absolute  » un tantinet punk (on dirait presque du Weezer !), avant de replonger dans le début de sa carrière avec plusieurs titres exécutés, juste piano voix. A commencer par « Solo (So Low) » extrait de Rain qui permet surtout d'affirmer ses immenses talent d’auteur compositeur. « Real Men » et « Love at First Light » sont joués de manière très pudique. Exécutés de manière sobre au piano, sans arrangements superflus, ils font ressortir toute la sensibilité de l’artiste. D’autant qu’arrive la sublime reprise d’Abba « Knowing Me, Knowing You  », qui parle d'une relation brisée. Joe Jackson indique que si il n'apprécie pas trop les Suédois (rires amusés du public!), mais il "trouve quelque chose d'intéressant" dans cette chanson.

Longuement ovationné, c’est le retour du band au complet. Si « Nineteen Forever, Blaze of Glory et Fool» permettent au groupe de montrer toute sa capacité à briller, c’est sur l« Sing You Sinners, Is She Really Going Out With Him? et It's Different for Girls » que Joe Jackson décide de mettre dans la lumière ses complices, notamment, Doug Yowell.

Comme lors de leur dernier passage à la Cigale en 2019 , le percussionniste sort le grand jeu au milieu de ses fûts. L’homme est un show à lui tout seul, faisant résonner ses cymbales qui swinguent, effleurent l'air avec brio. Le public l’ovationne avec ferveur. Mais Joe Jackson ne se laisse pas voler la vedette et enchaîne aussitôt avec un « I'm the Man » sous haute tension électrique. Ce titre exécuté main de maitre sonne déjà l’heure des rappels. A peine a-t-il présenté une nouvelle fois les musiciens qu’il se lance dans un final glamour à souhait, enchaînant avec délicatesse « You Can't Get What You Want (Till You Know What You Want) » suivi d'un « Steppin' Out » tout en douceur qui sonne la fin du set. Soit un show magistral plein de finesse et de musicalité qui aura duré près de deux heures. Le bonheur total.
Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net

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