Paris, XVIIIe arrondissement - Exposition

Les Shadoks à la Goutte-d'Or

Stephane de Langenhagen - 18 décembre 2015
Près d'un demi-siècle après leur apparition, les Shadoks continuent de pomper. Dans le quartier de la Goutte-d'Or à Paris, une librairie spécialisée leur consacre une exposition colorée. Des documents puisés dans les archives de leur créateur, nourri au surréalisme et au non-sens britannique.

Photos : Stephane de Langenhagen

« Une émission pour retardés mentaux réalisée par des fumistes », peut-on lire sur une carte postale adressée à l'ORTF. En avril 1968, la diffusion quotidienne des premiers épisodes des Shadoks en prime time sur la première chaîne de télévision provoque l'indignation de milliers de spectateurs et le soutien de milliers d'autres. La France, coupée en deux entre shadokophiles et shadokophobes, découvre un phénomène de société. Le 116 avenue du Président-Kennedy, qui croule sous le courrier, nomme Jean Yanne et Daniel Prévost pour un point régulier à l'antenne.

Des cartes postales comme celle-ci viennent compléter l'exposition Les Shadoks, la première consacrée à l'univers surréaliste et pataphysique du Normand Jacques Rouxel et à ses personnages désormais fameux : les Shadoks et les Gibis. Planches en couleur et dessins originaux, celluloïds, story-boards avec indications pour la musique (signée Robert Cohen-Solal) et les bruitages, affiches, figurines, produits dérivés. 

Chez les libraires associés, une librairie parisienne spécialisée dans les livres animés à tirette et les pop-up, est allée piocher directement dans l'énorme fond du Studio aaa (animation art-graphique audiovisuel), créé par Rouxel et son épouse. Des pièces rares, jamais montrées, comme ces bandes perforées et translucides sur Kodatrace pour animographe, un gros prototype mis au point par Jean Desjoux et René Borg à la RTF (l'ancêtre de l'ORTF), censé révolutionner le dessin animé et qui rendra l'âme à la fin de la première série.

« Ce qui nous a séduit, au delà du succès populaire dû à la voix de Claude Piéplu, c'est que graphiquement, presque un demi-siècle après leur création, ça n'a pas pris une ride" », explique Jacques Desse, l'un des Libraires associés. « L'expressivité des personnages est formidable. Et philosophiquement, c'est délirant et absurde. C'est une vision semblable à celle de Jacques Tati : caricaturale et chaleureuse de notre monde mécanique et industriel. »

La plus grande histoire galactique de la télévision française

Les 52 épisodes de la première série, disponibles sur Shadok Tube, la chaîne YouTube qui leur est consacrée, passent en boucle sur un écran, éteint régulièrement pour respecter les ayants-droits et la tranquillité de la maison. Trompette et éclats de verre du gingle oblige. « Le premier épisode est génial », s'exclame Jacques Desse : « Comme chez les bons écrivainsles bons conteurs, on rentre de suite dans l'histoire et en trois phrases, on découvre qu'il y a un univers parallèle qu'on ne connaissait pas ! »

Dans leurs magnifiques locaux cachés derrière l'église Saint-Bernard, au coeur du 18e arrondissement de Paris, Chez les libraires associés n'en est pas à son premier coup d'essai. Depuis 2006, ces amoureux des livres rares et originaux organisent quatre à cinq expos par an, en rapport avec l'illustration, accordant la priorité au fond et privilégiant la qualité des documents présentés, au détriment de la com'.

« On préfère avoir cinq à dix personnes par jour et présenter des choses sympas, plutôt que rentrer dans un système qui n'est pas le nôtre », reconnaît Jacques Desse, qui profite de l'occasion pour faire découvrir le quartier de la Goutte-d'Or à des visiteurs venus du monde entier : conservateurs de musées américains, libraires japonais ou collectionneurs polonais. Tous sont devenus addicts à la plus grande histoire galactique de la télévision française. Autrement dit, en langage Shadok : « GA-BU-ZO-MEU» C'est tout pour aujourd'hui.

Stephane de Langenhagen pour www.micmag.net

 

Exposition Les Shadoks chez les Libraires Associés, 3 rue Pierre l'Ermite 75018 Paris jusqu'au 30 janvier 2016 - Du mardi au samedi de 14h à 19h - Entrée libre.
Fermeture pour les fêtes le samedi 19 décembre (19h), réouverture le mardi 5 janvier
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  • Maxi Shadok
  • 1er jouet Shadok, 1968
  • Figurine en plomb Gibi, 1990
  • Figurine en plomb Shadok, 1990
  • Figurine en plomb théoricien Shadoko, 1990
  • Livre pop-up de Thierry Dejean Illustré et mis en volume par Philippe UG, éd. des Grandes Personnes
  • Bandes "résumé" animographe 70 x 55 mm sur Kodatrace
  • Storyboard des premiers épisodes
  • Jacques Rouxel et son équipe - Image suivante : carte postale adressée à l'ORTF

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