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Les films de Brésil en Mouvements 2020 : un cinéma pour l’avenir

Autres Brésils - 21 août 2020
Depuis le début, le gouvernement de Bolsonaro mène une « guerre culturelle » déclarée. Le cinéma brésilien est l’objet d’une politique de violence et d’annihilation. Autres Brésils fait le point.

Depuis le début, le gouvernement de Bolsonaro mène une « guerre culturelle » déclarée. Le cinéma brésilien – de la production à la distribution ; de la valorisation à la préservation de son patrimoine et de son histoire – est l’objet d’une politique de violence et d’annihilation. La Cinémathèque brésilienne, gérée depuis 2018 par une organisation privée liée à l’État, et déjà victime d’une forte précarisation, vient d’être prise d’assaut par le gouvernement fédéral. Il vise la répression, le contrôle et l’effacement de la mémoire et de l’histoire cinématographiques du Brésil, mais aussi l’emprise sur son futur.

Faire circuler le cinéma brésilien, malgré nos propres limites, faire vivre ces films qui crient, qui brûlent, qui imaginent, qui bouleversent nos visions du monde, est donc nécessaire à la fois dans les espaces officiels ainsi qu’indépendants, méconnus, sauvages. Cette année, la pandémie nous impose plus de défis, mais Brésil en Mouvements ne cesse pas de croire au pouvoir des festivals faits de rencontres, d’échanges, de luttes et de rêves communs.

Face au contexte pandémique qui exacerbe les crises et les tragédies brésiliennes, le festival met en avant les déchirures mais aussi les puissances d’un pays et de son cinéma. La 16e édition de BEM, à travers 12 films, dont 9 inédits en France, montre un cinéma fait par une génération qui refuse de se faire écraser par la réalité autoritaire, ultra-néolibérale, patriarcale et néocoloniale du pouvoir. C’est un cinéma portant le regard des périphéries, qui revendique les marges comme le seul espace possible pour penser l’avenir.

La sélection de films

Dans une connexion Minas-Paris, la 16e édition de BEM ouvre les écrans français au Festival du Film documentaire et ethnographique de Belo Horizonte : ForumDoc, qui a lieu depuis 1997 dans la capitale de Minas Gerais. ForumDoc est certainement un festival qui promeut des « images pour repousser la fin du monde » [1] , idée que, de ce côté de l’Atlantique, Brésil en Mouvements fait résonner. En partenariat avec ForumDoc, le festival présente en ouverture Zawxiperkwer Ka’aGuardiões da Floresta (de Jocy et Milson Guajajara, avec Vídeo nas Aldeias). À travers une perspective singulière, située au cœur des conflits, le film dévoile le quotidien invisible de l’invasion et de la destruction des territoires autochtones.

Zawxiperkwer Ka’a sera précédé de Apiyemiyeki ?, documentaire expérimental d’Ana Vaz retraçant l’histoire des violences contre les peuples autochtones pendant la dictature militaire. Cette séance dévoile la farce qu’est l’« Histoire du Brésil » à partir de l’expérience des peuples autochtones, tout en mettant en avant l’urgence de leurs luttes.

Le film Sete Anos em Maio, d’Affonso Uchôa, est une descente aux enfers retraçant une histoire singulière pour explorer la violence génocidaire contre la population noire des favelas. À travers ses images puissantes, Uchôa reconfigure la possibilité de donner voix aux victimes.

Exposant les racines profondes du Brésil, Raízes (Simone Nascimento & Wellington Amorim) et Galinhas no Porto (Caio Zatti Luis Henrique Leal) montrent que le racisme et la violence d’État traversent les vies et les géographies du Brésil. Atordoado, eu permaneço atento [Stupéfait, je reste attentif] (Lucas H. Rossi dos Santos et Henrique Amud) réalise un court-circuit de la mémoire et de l’histoire de la dictature militaire. Ces films montrent aussi comment les ruptures historiques s’inscrivent sur les vies privées et se transmettent entre les générations.

Une séance sera consacrée au jeune cinéma lesbien du Brésil. Avec humour, amour, tendresse, perspicacité, joie et la force folle de ces femmes, les films Quebramar (Cris Lyra), Rebu A Egolombra de uma Sapatão Quase Arrependida (Mayara Santana), À Beira do Planeta Mainha Soprou a Gente (Bruna Barros et Bruna Castro), Carne (Camila Kater) et Minha História é Outra (Mariana Campos) mettent en image le nouveau monde.

Le festival sera clôturé par le sensible Um Filme de Verão de Jo Serfaty, faisant résonner en France les rêves d’une jeunesse périphérique au Brésil.

Brésil en Mouvements
du 2 au 4 octobre 2020
Cinéma les 7 Parnassiens
98 Boulevard du Montparnasse
75014 Paris

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