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2 octobre 1968, récit d’un massacre d’Etat

Marie Torres - 29 septembre 2014
2 octobre 1968, des centaines de manifestants sont massacrés sur la place de Tlatelolco, à Mexico. Un événement longtemps passé sous silence. Et pour cause, la CIA et le FBI étaient impliqués. Elena Poniatowska donne la parole à ceux qui l’ont vécu.

«Ils sont beaucoup. Ils viennent à pied, le sourire aux lèvres […] Des jeunes étudiants et étudiantes qui, bras dessus bras dessous, vont à la manifestation avec la même joie que quand ils allaient à la foire il y a quelques jours à peine. » Nous sommes le 2 octobre 1968, dix jours avant que la ville, Mexico, célèbre l’ouverture des  Jeux Olympiques.


L’armée assassine plusieurs centaines de manifestants

Cela fait déjà quelques semaines que les étudiants manifestent. Des mouvements bien sûr réprimés mais cependant très mobilisateurs. On évoque le chiffre de 180 000 manifestants… Que demandent ces jeunes ? Plus de liberté, plus de reconnaissance et… moins de répression policière. Mais c’est oublier la détermination du président Gutavo Diaz Ordaz d’assurer coûte que coûte la sécurité des Jeux.  Diaz Ordaz prend la situation en main. Ou du moins la met entre les mains des forces de l’ordre.

Le 2 octobre, alors que les jeunes sont regroupés pacifiquement sur la place des Trois Cultures ou Place Tlatelolco, et que la presse internationale est présente dans la ville, l’armée assassine plusieurs centaines de manifestants… Qui sont  les véritables responsables de cette tragédie ? Bien des années plus tard, le magazine mexicain Excelsior publie un rapport de la CIA daté de 1975 qui révèle la participation directe de la CIA et du FBI dans la répression de 1968...

Un récit raconté oralement par celles et ceux qui avaient l’espoir de changer le Mexique

C’est cette histoire, sociale et politique, qu’Elena Poniatowska nous invite à découvrir dans son très bel ouvrage « La nuit de Tlatelolco ». Un récit raconté oralement par celles et ceux qui avaient l’espoir de changer le Mexique. Elena Poniatowska leur a donné la parole en collectant des centaines de témoignages, entrecoupés d’extraits de presse, de slogans, dans une construction chronologique haletante. Un livre qui vise à rétablir la vérité historique et qui rappelle que près de cinquante après les faits, face à l’impunité persistante des responsables au sein de l’appareil d’État, les revendications de justice et de mémoire collective continuent de résonner sous le slogan  « Le 2 octobre ne s’oublie pas. » Un ouvrage de référence.


Marie Torres
La Nuit de Tlatelolco
Elena Poniatowska
CMDE, Collection, « A l’ombre du maguey », 28 août 2014
25 euros

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