- Arts

Le street art au service des SDF

Marie Torres - 25 juillet 2016
L'ouvrage "The Artfabric - Le Street art aux frontières de la société", témoigne en textes et en images d'une aventure généreuse. Celle de deux passionnés de photographie qui voyagent en collant des œuvres d'art sur les murs, là où vivent les plus pauvres.


Sao Paulo (photo ArtFabric)

Au commencement, une rencontre. Celle de Fabi Futata et d'Éric Maréchal. Elle est brésilienne et photographe. Il est photographe-globe-trotter et français. Là n’est pas leur seul lien. Fabi est sensible à toutes les inégalités sociales et Éric est passionné de street art. Leur association, tout naturellement, donne naissance, en 2012, à un très beau projet : The ArtFabric.

Leur but ? Rendre l’art accessible à tous. Et surtout aux plus démunis. Ceux qui vivent dans la rue; les marginaux, les exclus, les réfugiés. Comment ? Le concept de Fabi et d'Éric est simple : demander aux street artistes de leur connaissance de créer des œuvres sur papier, afin de les coller là où vivent les SDF ou autres marginaux. C’est tout ce long travail, accompagné de témoignages, de portraits et de très belles illustrations, qui est rapporté dans l’ouvrage : The Artfabric - Le Street art aux frontières de la société.

« Le livre ne présente qu'une sélection de 70 artistes, explique Eric. En effet, j'ai collé sur les murs,les œuvres d'environ 450 artistes de 38 pays pour mon projet précédent Street art without borders. C'est parmi eux que nous avons choisi la petite centaine d'artistes qui figure dans le projet The ArtFabric.»Des œuvres sont toujours très belles, saisissantes, étonnantes, colorées,  et parfois très émouvantes. « Nous collons également les portraits agrandis des personnes rencontrées lors de nos interventions. Voir leur visage agrandi ou interprété par un artiste, puis collé sur leur mur est un moment de grande émotion pour ceux qui ont perdu identité et fierté. »

Donner un peu de bonheur, c’est le but de Fabi et d'Éric. Mais donner sans retour ? Pas sûr. « Qu'ils soient à Pékin, Los Angeles, Berlin, Buenos Aires ou Toulouse, nous sommes toujours reçus par ceux qui n'ont rien avec des sourires et un sens du partage. Eux qui n'ont rien, nous offrent tant. Si les quelques collages que nous leur offrons leur redonnent un instant de fierté et de plaisir, alors nous avons l'énergie de continuer. » Un très beau livre pour un projet remarquable.

A lire

The Artfabric - Le Street art aux frontières de la société, édition Omniscience, 128 p.,  22 euros. 


Sao Paulo (photo ArtFabric)


Berlin (photo ArtFabric)


ShangaÏ (photo ArtFabric)




MARIE TORRES POUR WWW.MICMAG.NET

 

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