Kingston - cinéma

Bob Marley, une star en proie aux violences

Ludovic Bayle (Le courant info) - 18 juin 2012
En collaboration avec la famille de l’artiste – qui a ouvert ses archives privées pour la première fois – le réalisateur Kevin Macdonald a réuni une mine d’informations, des images d’archives rarissimes et des témoignages poignants sur la vie d'un homme dont on méconnait certains aspects.

Ce documentaire nous emmène au plus près de la vie de Bob Marley et nous fait découvrir les racines du chanteur de reggae. Le spectateur remonte le temps et saisit chronologiquement des moments de son existence. Le chanteur méritait bien ce vibrant hommage. Il a vendu plus de 200 millions de disques à travers le monde, ce qui fait de lui plus grand vendeur de disques reggae de tous les temps.

 Tout d’abord, le film se penche sur les origines familiales de Bob Marley. On découvre le visage de son père, Norval Marley, un homme blanc d’origine anglaise né en Jamaïque, capitaine de la Royal Navy. Il l’a très peu connu, et cela lui a causé une profonde souffrance. Les parents de Norval Marley n’acceptaient apparemment pas sa liaison avec une femme noire et Norval, décrit par Cedella comme un homme gentil mais de faible caractère, aurait été rejeté par sa famille.

« Onze enfants de sept femmes différentes »

Bob connaît aussi cette situation. Le film montre sa difficulté à être accepté en tant que métis dans la Jamaïque des années 1940, alors que le pays est une colonie britannique jusqu’en 1962.

 Des débuts dans le ghetto aux Wailers

Après s’être penché sur sa jeunesse à la campagne, le documentaire raconte son arrivée dans le ghetto de Trenchtown à Kingston. C’est ici que débute sa carrière musicale. Il y rencontre Neville Livingston, dit Bunny Wailer et Winston Hubert McIntosh, dit Peter Tosh, avec qui il chante des cantiques et des succès de soul américaine qu’ils entendent sur les radios de Miami. 

Il enregistre sa première chanson Judge Not pour le producteur Leslie Kong, du label Beverley’s, en 1962, à l’âge de 17 ans. En 1963, il forme avec Junior Braithwaite, Peter Tosh et Bunny Wailer, le groupe vocal The Wailers (les gémisseurs). Bunny Wailer, dernier survivant de la formation avec laquelle Marley débuta en 1964, nous raconte avec sa bonhomie plusieurs anecdotes sur le chanteur de reggae. Il évoque entre autres son sens de la carrière plus que du militantisme.

Il y a aussi Chris Blackwell, fondateur du label Island Records, qui le propulsa, quitte à le prier de laisser ses amis de côté. Ou le producteur excentrique, Lee Scratch Perry, qui parle de Marley comme d’un « bienheureux ».

Et encore ses enfants – onze, de sept femmes différentes –, ses compagnes (son épouse « officielle » Rita, ou la blanche Jamaïcaine Cindy Breakspeare, Miss Monde en 1976), mettant en avant son charisme autant que ses tourments, entre perfectionnisme et instabilité.

Une star dans une Jamaïque en proie aux violences

Marley devient une star alors que la Jamaïque est à feu et à sang, meurtrie par des clans qui plongent Kingston dans la quasi-guerre civile. Il propose un concert gratuit destiné à fédérer son peuple, mais est récupéré par le Premier ministre Michael Manely. C’est dans ce contexte que, en décembre 1976, il échappe de peu à une fusillade destinée à l’éliminer.

Sur scène quelques jours plus tard, il montre au public les traces de la balle qui a frôlé son torse avant d’aller se loger dans son bras. Des images saisissantes, tout comme celles du concert pour la paix en 1978, où il invite à ses côtés les deux ennemis en lutte pour le pouvoir, Edward Seaga et Michael Manely, pour se serrer la main.

Le mépris de la maladie pour continuer à s’amuser

Bob Marley meurt en 1981 d’un cancer généralisé. Mais le mal le rongeait depuis quatre ans. Après un match de football à Paris en 1977, il se blesse à un orteil. Les médecins lui détectent un mélanome. Il refuse l’amputation de son doigt de pied et repart en tournée. « Il savait que le cancer revenait, estime Kevin MacDonald. Mais il ne voulait pas se faire soigner pour continuer à danser, à jouer au football ».

Chris Blackwell, son producteur international, l’affirme dans le documentaire: « S’il avait fait des contrôles réguliers, il serait encore parmi nous ». « Marley » se termine sur les témoignages bouleversants de ses proches, qui l’ont accompagné jusqu’à la fin, l’ont vu couper ses dreadlocks alors qu’il perdait ses cheveux. Une légende est née, toujours aussi forte trente ans après.


Photo: Flickr/Licence CC



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