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- Agenda Dans la lignée de “The Collective”, Kim Gordon enfonce le clou avec “Play Me”Jean-Christophe Mary - 15 avril 2026 À 72 ans, Kim Gordon poursuit son entreprise de déconstruction musicale avec Play Me, un troisième album solo abrasif. Entre charge politique, expérimentation krautrock et beats hip-hop hypnotiques, Play Me confirme que l’ancienne figure de Sonic Youth n’a jamais cessé de regarder vers l’avant.
Dans la continuité directe de The Collective (2024), salué par deux nominations aux Grammy Awards, Play Me confirme l’élan créatif de Kim Gordon. L’artiste américaine y affine son langage, entre culture pop, politique et textures noise, avec une liberté intacte et une pertinence presque déroutante dans le paysage musical actuel.
Kim Gordon, 72 ans, vient de sortir l’un des albums les plus déroutants de l’année. Un disque construit autour de beats mélodiques et de la puissance motrice du krautrock. Ce qui frappe d’abord c'est la pochette — jambes nues, griffonnées du titre Play Me au feutre. Cette photo agit comme un manifeste minimaliste et provocateur. Les visuels promotionnels pour la sortie de l'album prolongent cette idée. Kim Gordon y pose au milieu de câbles d’ordinateur et de piles de claviers, guitare à la main dans un centre de stockage de données. Des images qui incarnent de manière visuelle les obsessions du disque : l’effondrement démocratique, la montée d’un certain « technofascisme » aux US et une défiance frontale envers l’uniformisation musicale induite par l’intelligence artificielle. Le morceau d’ouverture Play Me impose d’emblée une atmosphère anxiogène aux teintes jazz sur lequel un sample de cuivres envoûtant accompagne la récitation de playlists Spotify (« Prêt pour le printemps », « Ambiance chill »). Une satire limpide d’une culture algorithmique. Girl With A Look s’inscrit dans un clin d’œil au krautrock avec ses guitares tournoyantes et ses boucles electro évoquant un feedback spectral venu d’ailleurs. Titre hypnotique et envoûtant, il rappelle The Sprawl sur l’album Daydream Nation, comme un écho lointain à Sonic Youth. Avec Play Me, Kim Gordon signe un disque essentiel, à la fois manifeste politique et laboratoire sonore. Déroutant, étrange et d’une vitalité intense, l’album confirme qu’elle reste une figure essentielle de l’avant-garde. A noter que Kim Gordon sera le 17 avril au Trianon à Paris, l'occasion de mesurer en live la puissance brute de ce nouvel opus. Pensez à réserver ! jean-Christophe Mary pour www.micmag.net
Play Me
Kim Gordon CD 11,99 euros /Vinyle 22,99 euros |
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