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La double vie de Pete Townshend

Marie Torres - 4 juin 2017
Vivre à Château-Thierry, entouré d’une mère suicidaire et d’un père insipide, ce n’est pas très folichon. C’est du moins ce que pense David qui s’invente une autre vie. Une vie où il est le fils caché de Pete Townshend, le guitariste des Who. Délicieusement drôle.

1966. Les Who sont en tournée en France et passent la nuit à Château-Thierry, dans l’hôtel où la mère de David Barrette est femme de chambre. Au matin, les quatre garçons quittent la ville. Quelques temps après, la jeune soubrette séduit le premier «plouc» venu, histoire de donner un père à l’enfant qu’elle attend et d’échapper à la fureur de son propre paternel. Et, neuf mois plus tard, le petit David vient au monde...

Bien sûr, ceci est sa version à lui. A David. Celle qu’il se raconte pour échapper à sa vie. Une vie, il faut le reconnaître, qui est loin d’être folichonne. Une mère suicidaire constamment - ou presque - shootée au Tranxène, Temesta ou Valium. Un père «officiel» insipide, sans aucune personnalité.

« Les amis de mon père s’appelaient Henri, Dédé ou Maurice, et pour la plupart, n’avaient jamais été plus loin qu’une partie de belote comme forme d’échange verbal intense. »

Dès lors, on comprend mieux que le jeune garçon rêve d’un autre monde. Un monde plus «rock and roll». Qu’il imagine, ou du moins qu’il soit persuadé, que son père, le vrai, est... Pete Townshend, le guitariste des Who.

« Pete, lui, fréquentait Eric Clapton, Mick Jagger, Paul McCartney et beaucoup d’autres encore

Et David, petit garçon mal aimé puis adolescent mal dans sa peau, ne rêve que du jour où il pourra enfin traverser la Manche. En attendant, il vit à travers la carrière et les disques du groupe anglais.

« J’ai sorti Live at Leeds, un des albums payés par ma grand-mère. Le poster, délicate attention des Who, se trouvait à l’intérieur. Pete Townshend, apparaissait, à peine discernable, gris sur fond noir, frappant sa guitare d’un geste rageur, la main floue. J’ai tenté une symbiose, mimétisme imparfait, mais libérateur, mon bras s’élançant dans l’air, prêt, lui aussi, à frapper ma guitare imaginaire. J’étais comme saoulé. »

Si l’auteur, Christophe Sainzelle, nous transporte dans le quotidien monotone et plat d’un jeune garçon, obligé de s’inventer sa vie, son roman est loin d’être triste. Ou pessimiste. Il est, au contraire, frais, pétillant et plein d’humour. Et, cerise sur le gâteau, il nous fait (re)découvrir la discographie des Who, un des meilleurs groupes anglais des années 60. Une excellente lecture pour vos vacances... à accompagner de quelques morceaux des Who, bien entendu !

Marie Torres pour www.micmag.fr
La double vie de Pete Townshend
Christophe Sainzelle
Editions, ETT/Dépendances, 2017
18 euros

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