- Musique

Richard Ashcroft dans la fournaise du Zénith de Paris : l'excellence de la britpop sous 35 degrés !

Jean-Christophe Mary - 25 juin 2026
Mercredi 24 juin, Richard Ashcroft retrouvait enfin le public parisien au Zénith de Paris. Dans une salle transformée en véritable étuve par la canicule, l’ancien leader de The Verve a offert un concert aussi court qu’intense, un show sous haute tension, entre envolées rock et moments d’émotion pure

La chaleur était déjà étouffante à l’extérieur. Elle l’était davantage à l’intérieur du Zénith. Dans la salle dépourvue de climatisation, le thermomètre semblait grimper à mesure que la soirée avançait. Un contexte caniculaire qui collait parfaitement à l’ambiance d’un concert aussi bouillant qu’électrique.

L’entrée en matière est immédiate avec « Weeping Willow »

À 21 heures précises, la sono diffuse « Bring On the Lucie (Freda Peeple) », la reprise du titre de John Lennon que Richard Ashcroft avait sorti en single numérique en 2021. Quelques minutes plus tard, le groupe apparaît sur scène. En tête, Richard Ashcroft, blouson noir sur les épaules, éternelles Ray-Ban vissées sur le nez.

L’entrée en matière est immédiate avec « Weeping Willow », de The Verve. Le public est déjà conquis. Sans transition, le groupe enchaîne avec « Sonnet ». Richard Ashcroft, bras croisés, laisse régulièrement le public reprendre le refrain

Vient ensuite « Space and Time ». Armé de sa Gibson J-200, le chanteur déroule cette ballade pop-rock avec une sérénité impressionnante. Mais un premier incident technique survient. Le bassiste multiplie les gestes vers les coulisses pour signaler une absence de son. Pendant quelques secondes, le son disparaît avant de revenir. Le groupe poursuit pourtant sans broncher.  Avant « Music Is Power », Richard Ashcroft prend le temps de remercier le public parisien. Il rappelle que cela faisait longtemps qu’il n’avait pas donné de concert en France sous son propre nom. Puis la machine se remet en route.


le guitariste signe un solo magistral tandis

Derrière le groupe, deux immenses lettres « RA » brillent comme des enseignes lumineuses. Puis retentissent les premières notes de « A Song for the Lovers ». Cette introduction si particulière mêle une guitare presque flamenca à une ampleur orchestrale héritée de Scott Walker et à une émotion profondément britannique. Une fois encore, le groupe prolonge le plaisir, développant le morceau bien au-delà de sa version studio. Sur « Break the Night With Colour », le guitariste signe un solo magistral tandis que le public reprend en chœur le refrain. Le morceau s’étire encore, dans une dynamique qui caractérisera toute la soirée.

L’émotion atteint un premier sommet avec « The Drugs Don’t Work ». Richard Ashcroft l’entame seul à la Gibson J-200 avant que les musiciens ne viennent progressivement le rejoindre. La chanson conserve intacte sa force mélancolique.

Les problèmes techniques reviennent perturber la soirée.  Cette fois, Richard Ashcroft s’adresse directement au public pour expliquer que certaines difficultés sont probablement liées à la chaleur exceptionnelle qui règne dans la salle.

l’une des voix les plus singulières du rock britannique contemporain

Avant « Lucky Man », le chanteur livre un moment inattendu en rendant hommage à Michel Platini, Zinédine Zidane, Serge Gainsbourg, Éric Cantona ainsi qu’au public parisien. Une déclaration accueillie par une ovation avant que ne résonnent les premières notes de ce classique de The Verve.

Pour l'unique rappel, impossible d’échapper à « Bitter Sweet Symphony ». Dès les premières notes, le Zénith se lève comme un seul homme. Debout, le public reprend l’hymne en chœur dans une atmosphère de communion totale.

À 22 h15, les lumières se rallument. Très court. Trop court même. Mais difficile de bouder son plaisir après une telle prestation. Malgré la chaleur suffocante et quelques incidents techniques, Richard Ashcroft a offert au public parisien une performance intense, élégante et profondément sincère. Une nouvelle démonstration de l’excellence et du savoir-faire à l’anglaise, portée par l’une des voix les plus singulières du rock britannique contemporain. 

jean-Christophe Mary pour www.micmag.net

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