01-02-2011 12:55:31

Cette photo de Peter Tosh !

Voici le récit d'un enfant fasciné par la force de sa mère photographe. Un jour, elle fit la photo du reggae man Peter Tosh de passage à Rio de Janeiro. Tendre Témoignage.
Par Pedro de Lita


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A la fin des années 70, après avoir vécu à Passo Fundo, São Paulo et Salvador, nous arrivâmes, ma mère et moi, dans le quartier de Laranjeiras, à Rio de Janeiro, pour nous installer dans la maison du "Cher ami Afonsinho". C'était un type en or, non seulement il jouait au football,  faisait partie de l'équipe du Botafogo et avait inspiré la chanson de Gilberto Gil  "Meio de Campo", mais en plus il était diplômé en médecine. Lorsqu'il mit fin à sa carrière de joueur, il créa le "Train de la joie" , une équipe surnommée ainsi en hommage au grand Garrincha, connu aussi sous le nom de "l'allégresse du peuple"). Un team dans lequel on retrouvait Manoel Garrincha, en personne, Dida, Nilton Santos, Orlando, Altair et Jair Marinho -l'attaque et la défense de la sélection brésilienne des coupes du monde de 1958 et de1962 - mais aussi Brito (champion du monde en 1970), Fio Maravilha et Nei Conceição. C'était une équipe qui représentait une alternative à la crise du marché des joueurs de foot, qu'ils soient débutants ou en fin de carrière, provoquée par la dictature qui l'avait littéralement suffoquée. Leur photographe officiel était ma mère, Lita Cerqueira.

En 1978, avec l'aide d'Afonsinho qui avait accepté de se porter garant, elle loua un appartement  à Ipanema, dans la rue Joana Angélica. Il se trouvait dans un immeuble art déco, sans ascenseur. Le condominium était relativement bon marché , mais tous les 2 du mois, ma mère devait payer un loyer, gagné à la sueur de son front. Elle était ravie d'avoir trouvé un tel endroit, elle qui était noire, nordestine, femme, photographe indépendante, issue d'une famille de 11 enfants et qui avait été élevée à Caixa D'agua - un quartier populaire de Salvador da Bahia, près du quartier de Liberdade - dans lequel est né "Ilê Aiyê", l'un des blocs afros les plus traditionnels de Bahia. C'est là, dans la banlieue de Salvador, que j'ai passé une partie de mon enfance avant de partir vivre dans la zone sud de Rio, fréquentant ainsi des milieux sociaux extrêmement différents. C'est sans doute pourquoi, très jeune encore, je me suis rapproché des habitants des mornes de Rio où l'on trouve la majorité des noirs de la ville.
Un beau matin, deux ans plus tard, au début des années 80, ma mère me dit :
"Pedro, prends une douche et habilles toi, il faut que j'aille livrer des photos".
Je fis ce qu'elle me demandait et nous  partîmes en direction de la plage.
En route, elle me parla de la culture nègre, de nos origines (elle a toujours insisté sur le fait que si nous habitions dans ce quartier c'était parce que nous avions eu beaucoup de chance et non pas par tradition familiale). Elle parla de Bahia, de la Jamaïque et de quatre grandes icônes du reggae : Bob Marley, Peter Tosh, Lee Perry et Jimmy Cliff. Puis elle dit qu'elle allait livrer des photos qu'elle avait pu tirer grâce à la journaliste Scarlet Moon, qui l'avait mise en contact avec l'un d'entre eux.
Nous arrivâmes enfin à l'Hôtel Sol Ipanema et ma mère se présenta à la réception. Elle demanda la chambre du fameux Peter Tosh, à qui elle devait remettre toutes les photos prises pendant sa tournée au Brésil, comme elle avait convenu la veille avec son agent. Après avoir obtenu l'accord du chanteur par téléphone, nous montâmes dans sa chambre. Lorsqu'il ouvrit la porte, la lumière du soleil envahit le couloir et du haut de ses 2 mètres il dit :
- Hi
Alors, moi, de la hauteur de mes 7 ans je dis :
- Oi
Je me souviens que, lorsqu'il nous invita à entrer, je me dirigeai directement vers la fenêtre pour admirer, vus d'en haut : la plage d'Ipanema, avec au fond les mornes des "dois irmãos" et du "Vidigal", la mer, le poste 9 où l'on pouvait voir les enfants qui courraient sur le sable et d'où s'élevait la fumée des délicieux sandwiches de l'Uruguayen. On apercevait aussi le drapeau du PT - parti qui, à l'époque, devait compter avec au maximum une demi-douzaine d'élus et n'avait pas encore donné de bonnes raisons à la droite et à l'élite brésilienne de le combattre.
Dans la chambre, Peter Tosh avait sorti un joint et était en train de l'allumer, le plus naturellement du monde. Ma mère lui remit les photos et lui demanda dans son anglais basique :
- I can take the pictures of you ?
Il opina de la tête et, en un seul déclic, l'instant fut immortalisé sur la photo ci-dessus qui, plus tard, fut reproduite dans le monde entier et devint l'une des plus célèbres cartes postales  de ma mère.


 

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