Brocante & réussite - Vous avez bien dit «- Tombées du camion » ?

Par Hélios Molina - 
Un magasin de brocante qui ne ressemble en rien à une brocante ! Une galerie d’art ? Pas du tout ! Pourquoi une telle démarche ? Le Parisien Charles Mas prend à contre-pied le marché et installe son lot d’objets insolites en boutique. Histoire d’une douce réussite.

« Mon idée du départ était d’ouvrir une boutique, une brocante qui ne ressemblerait en rien à une brocante ! Nous sommes des brocanteurs et évidemment il y a le soupçon (de  voleurs) ! » « Tombées du camion » le nom (du magasin) est le contre-pied de la réputation des brocs. Le nom a été féminisé pour ôter le côté « rugueux « de l’expression ». Ces curieux propos sont de Charles Mas, un parisien de 36 ans qui crée la surprise en prenant les chemins de traverse dans un métier assez balisé. Une fort belle surprise colorée d’insolite, de poésie, de petits rêves d’enfants, de nostalgie de chemin d’écolier. De l’anecdotique objet (boite à pilules contre l’habitude de boire des années 30, masque pour martien en carton années 50, pipes de tir de foire de 1900, sifflets en bois tourné du Jura, etc) ,  de la bricole d’arrière-cour, du déchet d’usine, des restes d’écoliers des années 60 qu’il met en scène ou fait danser accroché à un fil, le pari est vite gagné. De passage dans les 17m2 de la rue Joseph de Maistre, grands et petits sont émerveillés.

L’adulte retrouve les petits bonheurs de son enfance et l’enfant celui des joyeux regards de poupées peintes qui semblent l’observer.

L’on est tout à coup, pris de boulimie d’achat car les prix dépassent rarement les 10 euros. Ou si vous quittez les lieux les mains vides, votre visage s’illumine d’un sourire angevin. Comment est née cette idée de l’objet « ingénu » ? L’ingénieux militant de la petite cause est d’abord passé par les foires et les salons de brocanteurs de la région parisienne comme tout bon généraliste, jusqu’au jour où… bouleversement professionnel, il acquiert un vaste stock de 40m3 de bijoux fantaisies d’usine. Hasard (heureux) le jeune homme formé sur le tas dit être entré en « renaissance ». Il ouvre une boutique mouchoir de poche entre place Clichy et l’axe touristique qui mène au Sacré-coeur. Puis une autre aux puces de St Ouen et une troisième à Toulouse. En fait derrière cette idée de mercerie de grand-mère, d’atelier d’usine en fin de course ou rayons de petits bijoux pour filles en culotte courte, il y a six personnes au travail. Derrière ce semblant d’innocence, l’efficacité est exemplaire.

Formules limpides et poétisées


Pourtant Charles Mas, un concepteur qui parle déjà de franchise, n’a fait ni école de marketing, ni école d’art. Sa rhétorique et ses formules sont limpides  et poétisées : « Tombées du camion » est un lieu en forme d’arrière-boutique, de recoin d’usine dans lequel on pénètre en privilégié par une porte dérobée pour accéder à des trésors oubliés. Usines de province, fabriques artisanales, ateliers et manufactures d’un autre temps ont miraculeusement vidé leurs stocks »


Sans cesse sur la brèche, Charles est interrompu par des appels téléphoniques « -allo ? un lot de cartes postales de Tintin ? A quel prix ? Oui ça m’intéresse ». La recette du succès ? L’intéressé analyse d’abord le chemin parcouru puis ne mâche pas ses mots quant à une profession qu’il estime par-dessus tout. « Le côté « je-m’en-foutiste » du brocanteur qui me convenait au départ ne me va plus. J’ai porté, en mûrissant, un regard assez sévère sur le brocanteur. Le côté pittoresque du gars qui casse l’objet devant vous plutôt que de baisser son prix, ça fait rire un moment ! » Vous l’aurez compris Charles a cogité suite aux dix ans passés sur le terrain puis a mis en pratique quelques règles simples : achat de stocks insolites sortis d’usine en grande quantité, afficher les prix en boutique, le respect des clients, et surtout l’art de la mise en scène, mise en cagettes en bois ou mallettes anciennes. Ensuite les couleurs, les formes, le graphisme, l’assemblage font de vous un adepte de ce mini bazar. Tout est servi à petites dosées homéopathiques : des jambes de poupées avec talon peint, petites mains, revolver en plastic d’Oyonax, lunettes de soleil, poche papier années 50 de marque Lustucru, boîtes à sardines anciennes, collier à perles en plastique, mannequins Lanvin et paniers de parc à huîtres. A tel point qu’avant de succomber à l’acte d’achat, le petit chineur se pose la question essentielle : –que vais-je pouvoir en faire ? Et Charles Mas de répondre :-le consommateur devient tout à coup créateur. C’est à vous de jouer, d’assembler, d’innover en associant les mêmes objets pour créer un effet. Dans sa seconde occupation, le brocanteur met ses idées en application. Habité d’un sens décoratif particulier, il s’en va avec sa malle d’objets direction des restaurants de son quartier dont les propriétaires sont séduits par ses bobines, ses moules à gants et autres ustensiles. Il affiche sur les murs des pelles et petits balais, des extincteurs rouge vif, des bobines d’usine à textile du nord. Ose qui peut et bon appétit mesdames et messieurs ! La recette fonctionne à merveille. Le jeune homme s’amuse dans un registre totalement nouveau qui commence à porter ses fruits. Car Charles Mas est un désinvolte né sous une bonne étoile !

Hélios Molina


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