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"Satisfaction", le hit né d'une insomnie de Keith Richards...

Marie Torres - 23 novembre 2020
Numéro 2 au classement des 500 plus grandes chansons de tous les temps par le magazine Rolling Stone, "Satisfaction", sortie en 1965, est née d'une insomnie de Keith Richards... avant de devenir un tube planétaire. Explications.

Avril/Mai 1965. Les Stones sont en tournée aux Etats-Unis. Ce soir-là, ils sont à Clearwater en Floride pour un de leurs shows. Dans la nuit, Keith Richards se réveille avec un riff de guitare basse qui lui trotte dans la tête - assez semblable à celui que Brian Jones a joué sur The Last Time - en même temps qu'un vers de 30 Days de Chuck Berry : "If I get no satisfaction from the judge". La suite, c'est Keith qui la raconte.
" Je me suis réveillé en pleine nuit, avec un riff dans la tête, j'ai pensé : il faut que j'enregistre ce truc. J'ai enregistré un couplet et apparemment je me suis rendormi. Parce que quand je me suis réveillé le matin, la bande s'était déroulée. Je l'ai passée pour l'écouter, il y avait trente secondes de "Satisfaction" vraiment très brut puis un "Clang" de guitare et 45 minutes de ronflements..."

Désinformation et bourrage de crâne publicitaire

Bien sûr ce n'est qu'une ébauche. Mais quelle ébauche ! Celle de la chanson qui va propulser le groupe au devant de la scène du rock et qui deviendra leur titre emblématique.

Il présente le tout à Mick Jagger qui, installé au bord de la piscine de l'hôtel, écrit les paroles. Des paroles de frustration. Il s'en prend à la société des années 60. Désinformation et bourrage de crâne publicitaire.

 "When I'm drivin' in my car, and the man come on the radio

(Quand je conduis ma voiture,et ce mec passe à la radio)
He's tellin' me more and more about some useless information
(Il me débite tant et plus d'informations inutiles)
Supposed to fire my imagination
(Censées mettre mon imagination en ébullition.)

Mick s'en prend aussi à la publicité

When I'm watchin' my TV and a man comes on and tells me
(Quand je regarde ma télé) et qu'un homme vient et me dit)
How white my shirts can be
(Combien mes chemises peuvent être blanches)
But, he can't be a man 'cause he doesn't smoke
(Mais il ne peut pas être un homme parce qu'il ne fume pas)
The same cigarettes as me
(Les mêmes cigarettes que moi)

Il est aussi question de frustration sexuelle ...

And I'm tryin' to make some girl, who tells me
(Et j'essaye de faire une fille, qui me dit)
Baby, better come back maybe next week
(Bébé, mieux vaut peut-être revenir la semaine prochaine)

Quatre jours plus tard ils enregistrent à Chicago, une première version acoustique qui sonne comme une chanson folk.

Et pourtant le premier intéressé, Keith, n'y croyait pas.

" Ca sonnait comme une folk song quand nous avons commencé à travailler dessus, et Keith ne l'aimait pas beaucoup. Il ne voulait pas en faire un faire un single, il ne pensait pas que ça pourrait bien rendre c'est la seule où nous avons eu un point de désaccord" déclarera Mick.

Puis ils se rendent dans les studios RCA à Los Angeles où Keith découvre la pédale à effet fuzz donnant à sa guitare ce son gras et strident, très reconnaissable sur la chanson.

Ce riff cinglant, l'association de la batterie et du refrain qui scande "I Can't Get No Satisfaction" fera le succès de la chanson qui sortira aux EU en juin 1965 - trois mois avant sa sortie en GB. En deux semaines la chanson gagne soixante places dans le classement de Billboard, bondissant du n°64 au numéro 4. Une semaine plus tard, elle devient le premier single des Stones a décrocher le n°1 aux EU.

Et pourtant le premier intéressé, Keith, n'y croyait pas.

" Pour moi c'était juste une maquette. Et après 10 jours, on est numéro 1 aux States ! Le tube de l'été 1965. Ok, plus rien à dire. J'ai appris la leçon : le mieux est parfois l'ennemi du bien. Ce qui plaît n'est pas forcément ce qui vous plaît. "


Sources :

Rolling Stones La Totale, Philippe Margotin et Jean-Michel Guesdon - Editions Chêne E/P/A

Life, Keith Richards - Traduction, Bernard Cohen et Abraham Karachel - Editions Robert Laffont

Mick Jagger, Philip Norman Editions Robert Laffont, 2013 Traduction Philippe Paringaux

Retrouvez les autres chroniques de la petite histoire des grands hits, ici

Satisfaction -
The Rolling Stones
Vinyle 45 T
9,80 euros

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