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Bienveillance pour tous

Marie Torres - 23 décembre 2014
Avec « Plaidoyer pour les animaux », Matthieu Ricard, moine bouddhiste, nous invite à réfléchir au sort réservé aux animaux et à étendre notre bienveillance à l'ensemble des êtres sensibles.

En avril 2014 un amendement a été porté au Code civil : les animaux sont passés du statut de « biens meubles » à celui de « êtres vivants et sensibles ». Une décision qui n’a pas, pour autant, satisfait les associations, les fondations et tous les défenseurs des droits des animaux.

A ce rythme, 30 % de toutes les espèces animales auront disparu de la planète d’ici 2050

Et pour cause. D’une part, les animaux sont depuis longtemps considérés comme des « êtres sensibles » dans le droit national et européen et, d’autre part, cet amendement n’empêche en rien leur exploitation.

Et c’est en partie sur cette « exploitation » que Matthieu Ricard, moine bouddhiste,  revient dans « Plaidoyer pour les animaux ». Ouvrage dans lequel, il démontre  que cette pratique, souvent tyrannique, n’est pas seulement néfaste aux animaux mais qu’elle l’est aussi aux hommes.

Tout d’abord, ce constat, ces chiffres qui parlent d’eux-mêmes : tous les ans, 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins sont tués pour notre consommation. A ce rythme, 30 % de toutes les espèces animales auront disparu de la planète d’ici 2050.

« Les animaux ne sont que de simples machines, des automates. Ils ne ressentent ni plaisir, ni douleur,ni quoi que ce soit d’autre »

Matthieu Ricard débute son ouvrage par une brève histoire des rapports entre les humains et les animaux. Selon les époques, les cultures, les religions. Selon qu’on estimait que les animaux étaient là pour servir les hommes ou qu’on considérait que tout être vivant, humain ou non, devait être respecté. Et on est bien souvent surpris en lisant certains passages comme cet extrait du Discours de la Méthode de Descartes…

« Les animaux ne sont que de simples machines, des automates. Ils ne ressentent ni plaisir, ni douleur, ni quoi que ce soit d’autre. Bien qu’ils puissent pousser des cris quand on les coupe avec un couteau  ou se contorsionner dans leurs efforts pour échapper au contact d’un fer chaud, cela ne signifie pas qu’ils ressentent de la douleur dans ces situations. Ils sont gouvernés par les mêmes principes qu’une horloge, et si leurs actions sont plus complexes que celles d’une horloge, c’est parce que celle-ci est une machine construite par les humains, alors que les animaux sont des machines infiniment plus complexes, faites par Dieu. »

Mais il y a aussi de très belles pensées comme celles mises en exergue par l’auteur : « Les animaux sont mes amis... et je ne mange pas mes amis.  » de l’Irlandais George Bernard Shaw et « On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas » d’Alphonse de Lamartine…

L’auteur traite aussi du sujet qui « fâche », l’élevage industriel. Il explique comment ces « tueries de masse », comment la surconsommation de viande dans le pays riches entretiennent la faim dans le monde. Quelques exemples.

Humanisme, altruisme et bienveillance pour tous
« - Pour produire 1 kg de viande, il faut la même surface de terre que pour cultiver 200 kg de tomates, ou 160 kg de pommes de terre, ou 80 kg de pommes.
- L’élevage consomme chaque année 775 millions de tonnes de blé et de maïs qui suffiraient à nourrir convenablement les 1,4 milliard d’êtres humains les plus pauvres. - On estime que la moitié de la consommation d’eau potable mondiale est destinée à la production de viande et de produits laitiers ».

L’expérimentation animale, le trafic de la faune sauvage, le cirque, la corrida… tout est passé au crible. Mais Matthieu Ricard se défend de tout jugement : « Loin d'accabler quiconque, mon but est d'inspirer et de partager les connaissances scientifiques qui devraient nous amener à transformer nos comportements et nos mentalités dans toutes les formes de relations que nous entretenons avec les animaux ». En un mot, ou plutôt en trois mots : humanisme, altruisme et bienveillance pour tous.

Marie Torres
Plaidoyer pour les animaux
Matthieu Ricard
Allary Editions, août 2014
20,90 euros

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