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- Agenda " En attendant Godot” : quatre acteurs d’exception dans le vertige de l’attente !Jean-Christophe Mary - 30 mars 2026 Créée en 1953, En attendant Godot, Samuel Beckett, s’impose comme l’un des sommets du théâtre de l’absurde. Une œuvre qui, par son dépouillement extrême et sa simplicité n’a cessé de sonder les vertiges de la condition humaine et continue d’interroger notre rapport au temps, au langage et au sens.
Actuellement présentée Théâtre de l’Atelier, la mise en scène de Jacques Osinski fait le pari du dépouillement et de la fidélité au texte. Sur ce plateau réduit à l’essentiel, un quatuor d’acteurs d’exception — Denis Lavant, Jacques Bonnaffé, Aurélien Recoing et Jean-François Lapalus — donnent chair à quatre personnages à la fois burlesques et tragiques, suspendus dans une attente sans fin. Sur ce plateau presque nu, un arbre, une route et deux hommes qui attendent. Rien ne se passe ou presque et pourtant tout se joue autour de la solitude, de l’amitié et l’espoir fragile. Dialogues circulaires, silences pesés, gestes dérisoires, Samuel Beckett compose une partition d’une précision redoutable. Jacques Osinski, propose une lecteur où l’ennui devient matière, le temps se dilate et où l’existence se révèle dans son inquiétante nudité. Sous sa direction, les dialogues et les situations à l’humour grinçants affleurent deux heures durant... au bord du vide. Vladimir (Jacques Bonnaffé) et Estragon (Denis Lavant) sont deux êtres liés par une étrange nécessité, celle d’attendre un nommé Godot. faire de l’attente une expérience presque physique partagée avec le spectateur Face à eux, le duo Pozzo-Lucky introduit une violence plus frontale, celle de la domination. Incarné par l’excellent Aurélien Recoing, Pozzo est un maître autoritaire, théâtral, grotesque parfois. Interprété par Peter Bonke, Lucky est lui est entièrement soumis, attaché au cou par une corde, réduit à une mécanique d’obéissance à la limite de la déshumanisation. Leur relation, d’une crudité saisissante, évoque le rapport maître/esclave, mais aussi une forme de dépendance mutuelle, sado maso, assez troublante. Une scène frappe par sa brutalité. Celle où Pozzo humilie Lucky en lui dévalisant son panier de victuailles pour le dévorer sous ses yeux. Moment cruel, presque insoutenable, qui souligne la violence de leur lien. Et pourtant, Lucky, silencieux jusque-là, explose soudain dans un monologue délirant et déverse un torrent de mots incohérents. Fidèle à l’esprit beckettien, cette production 2026 ne cherche ni à expliquer ni à résoudre. Elle expose, avec une rigueur presque classique, l’énigme fondamentale de l’attente. Et c’est là sa force : faire de l’attente une expérience presque physique partagée avec le spectateur. Avec évidence, ce texte ne cesse de nous renvoyer à nous-mêmes. Car au fond, En attendant Godot ne parle pas tant de celui qu’on attend que de ceux qui attendent suspendus à un sens qui tarde toujours à venir. jean-Christophe Mary pour www.micmag.net/ Crédits photos : Pierre Grosbois
En attendant Godot
Samuel Beckett Du 25 mars au 3 mai 2026 Du mardi au samedi à 21h Le dimanche à 15h Durée 2h15 Théâtre de l’Atelier ? 1 place Charles Dullin, 18e . Tel : 01 46 06 49 24 Esta dirección electrónica esta protegida contra spambots. Es necesario activar Javascript para visualizarla |
Jusqu'au 4 mars 2026 les mercredis à 19h30
29 – 31 mai 2026
17 - 18 - 19 Avril 2026 au Grand Palais de Paris
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