Paris - portrait

José Maria Flotats honoré pour sa fidélité à la littérature française

Marie Torres - 27 juin 2012
Le 18 juin dernier, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) a remis ses Prix. La médaille Beaumarchais a été attribuée au plus français des Catalans, José Maria Flotats !

C’est dans les jardins et salons de la Société des  Auteurs et Compositeurs Dramatiques que la traditionnelle remise des Prix SACD s’est déroulée le lundi 18 juin. Parmi les lauréats José Maria Flotats, né en 1939 à Barcelone, s’est vu remettre la médaille Beaumarchais.

« Pour moi le métier de comédien était le plus beau métier du monde »

Cette distinction lui a été attribuée pour son amour et sa fidélité à la littérature dramatique française. Un amour qui commence très tôt. Au Lycée Français de Barcelone. « Là, j’ai appris le français en même temps que je tombais amoureux de Molière, de Corneille et de Racine ». A 19 ans, il assiste avec les étudiants de sa classe au 12ème Festival d’Avignon. Il y applaudit « Les Caprices de Marianne » d’Alfred de Musset avec Gérard Philipe et Georges Wilson et « Marie Tudor » de Victor Hugo avec Maria Casarès. « Mon émotion était si forte que je sentais mon corps trembler, j’étais au bord des larmes. Transmettre tant de beauté et de poésie, arriver à un tel niveau de communication et de communion. Pour moi le métier de comédien était le plus beau métier du monde ».Une vocation naît. « Je retournais à Barcelone avec la certitude que je serais comédien ». Et, en effet, en 1961, il retraverse les Pyrénées et rejoint l’Ecole de Strasbourg pour y suivre sa formation… de comédien.

Premier grand rôle, Edgar

C’est Georges Wilson qui, en 1966, lui donne son premier grand rôle, Edgar dans Le Roi Lear de Shakespeare. Et c’est lors d’une représentation de la pièce que Jean Mercure(1) le remarque : « J’ai assisté aux débuts à Paris de José Maria Flotats. Et quels débuts ! C’était dans le rôle d’Edgar du Roi Lear. Il y était admirable de ferveur et d’intelligence. Je l’ai engagé dès la première saison du Théâtre de la Ville. Il y a été le héros de 5 ou 6 pièces ».

En 1981, José Maria Flotats entre dans le temple sacré du théâtre, la Comédie-Française où il y joue les grands auteurs classiques français : Corneille, Racine, Molière, Giraudoux, Marivaux… Il  quitte le Français en 1983 « sans claquer la porte ». Juste pour retrouver Barcelone. « Il avait sa place ici. C’était le type même de ce qu’on appelle un grand premier rôle. Il avait cette possibilité de passer de la comédie à la tragédie sans difficulté. Il avait les moyens physiques, techniques de présence et de compréhension, tous les moyens de transcrire à sa manière les indications qu’on lui donnait, les propositions qu’on lui faisait et de les faire siennes avec beaucoup d’efficacité sur la scène. Il aurait pu rester ici, il jouerait toujours les grands rôles » dit, en février 2000, le regretté Jean-Pierre Miquel (2)

Naissance du Théâtre National de Catalogne

A Barcelone, José Maria Flotats « s’installe » au Théâtre Poliorama où il met en scène et joue, en Catalan, Rostand, Sarraute, Musset, Molière, Jouvet…  Tandis qu’il mène un vaste chantier : la création du Théâtre National de Catalogne (TNC).

Mais si son retour « au pays » est salué par le public, la profession est divisée. Les polémiques se suivent : le budget alloué au Poliorama, la construction du TNC, le choix des pièces… « Malheureusement, il s’est confronté à l’ingratitude de certains. Il est difficile de trouver des personnes qui applaudissent le succès des autres. On n’accepte pas les personnes avec beaucoup de talent… Mais on ne vit que dans la mémoire du public », explique le comédien catalan, Abel Folk.

« On me renvoie pour délit d’opinion »

Fin 1996, le TNC est enfin inauguré. Les polémiques ne cessent pas pour autant. Bien au contraire. Elles enflent. Deux ans plus tard, le 30 juin 1998, José Maria Flotats, Fondateur et Président du TNC, fait ses adieux à son public… et à son théâtre. « On me renvoie pour délit d’opinion » dit-t-il en faisant allusion à son refus d’accepter les changements qu’on lui impose. « Ce qu’on me reproche est d’avoir dit au conseiller que ce n’était pas lui qui dirigeait le théâtre. Que j’étais un artiste indépendant et que j’avais été nommé par décret pour diriger ce théâtre non pas pour être dirigé ».

Des moments difficiles. Quelques années après, Jean-Pierre Miquel raconte  « J’étais à ce moment-là à Barcelone pour le tournage d’un film sur la Comédie-Française. J’ai vu José Maria, il était vraiment très mal. J’ai craint le pire pour lui. » De son côté, Jean Sayous (3) confie : « Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai pensé : comment ont-ils pu lui faire cela ? Ils lui ont arraché le cœur ».

Les auteurs français toujours à l’honneur !
José Maria Flotats pose alors ses valises à Madrid où il renoue avec le succès en mettant en scène et jouant Yasmina Reza, Louis Jouvet, Jean-Claude Brisville, Marc Dugain ou encore Sacha Guitry…

Mais laissons le passé. Aujourd’hui, il reçoit une médaille bien méritée et prépare, pour demain, la pièce de Florian Zeller, La Vérité.

(1) Jean Mercure,  directeur du Théâtre de la Ville de 1968,à 1985.
(2)Jean-Pierre Miquel, administrateur général de la Comédie-Française de 1993 à 2001.
(3) Jean Sayous, directeur de la mise en scène du Théâtre de la Ville.de 1968 à 2005.


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