Brésil - Portraits

Michel Tasky, le chanteur de samba belge de Rio

Lepetitjournal.com - 25 août 2014
Michel Tasky a eu plusieurs vies. L’économie, l’humanitaire, la santé et désormais la musique. Après plus de 20 ans passés à Rio, il se lance dans une carrière de chanteur au pays de la samba, avec la deuxième de son spectacle mardi soir.

A 51 ans, Michel Tasky se sent plus brésilien que jamais. Et pour cause, il possède la double-nationalité belgo-brésilienne. "J’ai perdu ma pudeur“, avoue-t-il. “Je pense comme un brésilien“. Et cela se ressent. Né dans la capitale belge, il pose ses bagages à Rio pour la première fois en 1987. Quelques jours pour recevoir un prix du gouvernement du plat pays. Il reviendra deux ans plus tard.

Michel Tasky a un parcours unique : diplômé d’économie, il a travaillé pour l’ONG Médecins sans frontières (MSF) au Mozambique, en Belgique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Brésil. C’est donc pour MSF qu’il revient à Rio, il y a 21 ans. Ce jeune européen de 30 ans décide d’orienter son action vers les favelas en participant à un projet de développement de  cinq bidonvilles initié par l’Union européenne et la mairie de Rio. Si Michel Tasky reste au Brésil, c’est avant tout pour “le boulot“, mais aussi pour “la langue, que je parlais déjà, et cette possibilité d’insertion quasi-totale“ auprès des Cariocas. Il obtient une maîtrise en santé publique, poursuit son ascension et multiplie les projets à destination des populations pauvres.

La passion de la samba
Parallèlement à son parcours professionnel, Michel Tasky a une passion : la musique. “J’ai toujours chanté et eu le projet de faire de la musique plus sérieusement“, confie-t-il. “Je suis un passionné de musique brésilienne“. Si bien qu’entre passionnés, “on se réunit, et on chante. C’est un peu improvisé, sans avoir répété. Tu joues avec des gens qui connaissent le répertoire, devant d’autres personnes“. Un loisir qui va bientôt devenir une occupation à plein temps. “J’avais un boulot chouette, on a réussi à influencer pas mal de choses. Mais tout a un cycle, l’époque est différente, l’impact est moins facile“. Au point qu’il ressente “une perte partielle d’espérance de changer les choses“.

En 2009, Michel Tasky décide alors de changer de vie, de se consacrer pleinement à sa passion pour la musique et plusparticulièrement la samba. Crise de la quarantaine ? “Oui, sans doute“, reconnaît-il. “A 45 ans, je me suis dit : c’est maintenant ou jamais. C’est peut-être quelque chose de très belge ! “. Michel Tasky se rend compte qu’à Rio, “en temps qu’étranger, surtout faisant de la samba, c’est vraiment pas facile. En France, il y a un côté sexy à être étranger. Ici, ce n’est pas le cas. C’est difficile de faire aussi bien que les Brésiliens“.

"Um malandro em Paris"
Néanmoins,  Michel Tasky réussit le concours de l’Université fédérale de Rio pour étudier les musiques populaires brésiliennes. Son parcours s’achevant en janvier dernier, il a donc préparé son premier spectacle : “J’ai un projet différent. Je fais des musiques brésiliennes avec des références à la France et aux Français“. Une sorte de “pont entre les deux cultures“.

Ce spectacle, il s’appelle “Um malandro em Paris“. Le début d’une nouvelle vie pour ce belge, carioca d’adoption, au parcours “étonnant c’est vrai, en zigzag, mais qui va de l’avant“. Empreint de “liberté, qui a toujours été mon chemin de barre“. Une liberté qu’il compte désormais chanter, au rythme des sons brésiliens



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