- Portraits

Les voyages en homme libre du chanteur Nilda Fernandez

Philippe Bordier (Dixhuitinfo) - 17 mars 2015
De Barcelone à Paris. Auteur, compositeur, interprète, Nilda Fernandez vit dans le 18e arrondissement de Paris depuis le début des années 90. De l’Argentine à Hong-Kong, en passant par Moscou ou le Nigeria, il chante et pince les cordes de sa guitare où bon lui semble. On the road again !

Auteur, compositeur, interprète, Nilda Fernandez vit dans le 18e arrondissement de Paris depuis le début des années 90. Artiste indépendant, voyageur impénitent.

Il ne tient pas en place. Le monde est son théâtre. Nilda Fernandez, 57 ans, une bonne dizaine de disques et quelques tubes, est un infatigable voyageur. Mais entre deux destinations, il pose ses valises dans le 18e arrondissement de Paris. Entre Jules Joffrin et Clignancourt, plus précisément.

« J’adore ce coin du 18e », explique Nilda Fernandez. « C’est pas touristique comme à Montmartre. Ici ce ne sera jamais ambiance Amélie Poulain. Je vis dans le 18e arrondissement depuis 1990. Je m’y suis installé juste avant l’enregistrement de mon premier véritable disque. » Nilda Fernandez a d’abord vécu boulevard de Clichy, avant d’investir un appartement du côté de la place des Abbesses. Il y avait ses habitudes. En particulier au bar le Saint-Jean, apprécié pour « son côté familial ».

Quitter le pays

Nilda Fernandez est à Sants, un quartier populaire au nord-ouest de Barcelone. « Des rues étroites, très animées dans lesquelles je jouais avec mes potes, j’en garde un souvenir très agréable », dit le chanteur. Son père sculpte le bois, décore des meubles. C’est un mélomane aussi. Il dirige une chorale locale. « Totalement autodidacte », souligne son fils. « Il ne savait pas lire une seule note de musique. Mais il avait de l’oreille, du goût et une jolie voix. Comme ma mère. »

À 16 ans, l’adolescent apprend qu’il faut partir. Quitter le pays. « Question économique. Il n’y avait pas à bouffer là-bas, à l’époque. Ma mère s’occupait bien de nous, ses quatre enfants, mais c’était difficile. » Direction la France. Villeurbanne, banlieue lyonnaise. Son père déniche un travail d’ébéniste. Nilda s’intègre rapidement : « Je me suis mis au français. Mais à la maison, mon père était très strict. Il fallait parler espagnol. Ca nous emmerdait beaucoup. »

Le jeune Nilda n’a pas envie de s’en tenir « à l’espagnol de cuisine », comme il dit. Il étudie sa langue natale dans les universités de Lyon et de Barcelone. « J’ai voulu apprendre ce que j’avais laissé derrière moi, l’histoire, la littérature », explique-t-il. « Pour ne pas m’enfermer dans une culture uniquement familiale. Afin d’être plus riche de deux véritables cultures, la française et l’espagnole. » Déjà, il voyage, guitare en bandoulière. Il chante dans les bars, au hasard des rencontres.

Son timbre de voix aigüe séduit. Nilda Fernandez rencontre Claude Dejacques, qui travaille avec Claude Nougaro, Barbara, Jacques Higelin… « Dejacques, c’était l’un des derniers directeurs artistiques dignes de ce nom. J’ai enregistré Madrid, Madrid, mon premier disque, avec lui, pour le compte du label EMI. Un succès d’estime, mais commercialement, ça n’a pas trop marché. C’était trop tôt pour moi. »

Méfiance du show-business

Puis un jour un nouveau patron est nommé à la tête de la maison de disque. Il est accompagné d’un directeur artistique qui remplace immédiatement Claude Dejacques. « J’ai été choqué », s’offusque Nilda Fernandez.« Je me suis promis de ne jamais oublier ces méthodes de sauvage. Aucun respect pour l’homme. À ce moment, déjà, on croit davantage au marketing qu’à l’artistique dans les maisons de disque. J’ai rencontré le patron en question. Il m’a dit, vous êtes mon artiste. J’ai répondu, non, je ne suis l’artiste de personne. Et j’ai claqué la porte du label. »

Entre temps, en 1991, Nilda publiera Nilda Fernandez, le disque qui lancera sa carrière, en particulier avec le titre Nos fiançailles. Nominé cinq fois aux Victoires de la Musique, il lui permettra d’assurer une première partie de Sting devant quelque 17 000 personnes au Palais omnisports de Paris Bercy. L’année suivante, Nilda se produit trois semaines au théâtre de la Renaissance. Mais l’épisode Claude Dejacques le marquera à jamais. Sa méfiance du show-business ne le quittera pas.

L’artiste voyage beaucoup. Partout. « Le voyage est une connaissance de soi parmi d’autres », dit-il. Au début des années 2000, Nilda Fernandez part à Moscou, invité par une amie journaliste russe. Il y restera six ans. Ne revenant en France que pour assurer quelques concerts. Il enregistre un duo avec un chanteur local. Gros succès. « C’est un pays immense », raconte-t-il, « avec une culture et une morale familiale d’État. Il y a toujours en filigrane cette idée de réaliser l’homme nouveau. Ça reste très soviétique. Je suis parti, car cela ne me plaisait pas. »

Amour du comptoir

En 2008, après un passage à Cuba et en Argentine, retour dans le 18e arrondissement. Mais pas aux Abbesses : « Le quartier avait perdu son cachet de quartier. Et tous ces touristes ! C’était devenu Disneyland. » Nilda Fernandez s’installe alors pas loin de la porte de Clignancourt. « À deux pas des puces, où je ne vais pas très souvent, mais je sais que je peux le faire » , s’amuse le chanteur. « J’aime me rendre de temps en temps sur la butte Montmartre. C’est joli quand même. »

Surtout, Nilda Fernandez renoue avec la culture des bars. « Le bistrot du coin, c’est peut-être le seul truc qui me manque quand je suis ailleurs. C’est très français, unique à Paris et source d’inspiration. J’ai écrit dans des bars. C’est le bruit de la vie aussi. J’y suis dès le matin, un moment de la journée que je n’aime pas rater. Je peux me coucher tard et me lever tôt. Le matin, les gens n’ont pas le même esprit. »

Cet amour du comptoir l’a poussé à organiser sa tournée d’une dizaine de bars, Paris et banlieue, depuis septembre 2014. Avec Ze Gang, un groupe parfaitement rodé à l’exercice, Nilda Fernandez a interprété devant un public difficile, car attablé la plupart du temps, son répertoire au son d’une musique nerveuse, électrique. « Cela m’a apporté ce que j’en attendais : une familiarité avec les musiciens. Quand tu joues dans un bistrot, tu ne peux pas frimer. Quand tu as terminé, tu ne disparais pas. Tu vas boire ta bière, les gens te tapent dans le dos. »

« J’ai un groupe de musiciens tout-terrain, sourit Nilda Fernandez. La tournée des bars est terminée. D’une certaine manière, on mérite de jouer dans des salles adaptées maintenant. » 

Le site Internet de Nilda Fernandez en suivant ce lien

Un medley de Basta Ya, son nouvel album en suivant ce lien



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