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Sympathy for the Rolling Stones

Marie Torres - 8 juillet 2012
Cinquante années après la formation des Rolling Stones, Stanley Booth, journaliste musical, nous offre un livre sur les années folles du groupe. Un ouvrage de référence.

Surtout ne pensez pas « encore une biographie des Stones ». D’abord, parce que ce n’est pas une biographie, ensuite parce que cet ouvrage est vraiment différent  de tout ce qui a déjà été publié sur le groupe.

Dans un style journalistique et littéraire, avec même de belles envolées lyriques, Stanley Booth nous fait pénétrer dans le quotidien du groupe lors de leur tournée américaine  de l’automne 1969.  D’un d’une manière très « intimiste » car nous ne les suivons pas, nous sommes avec eux.

« Keith Richards, une publicité démentielle pour une mort violente et insouciante »

Description des lieux « Par la fenêtre panoramique, on apercevait une épaisse haie verte et au-delà, bien plus loin en aval, la Cité des anges, des immeubles blancs terne s’élevaient jusque là où, avec ce ciel assez dégagé, l’on apercevait l’océan Pacifique, scintillant sous le soleil à travers le brouillard empoisonné que formaient à l’horizon la terre et le ciel. »

Description des hommes : « Assis, sourire aux lèvres, Mick Jagger portait un pantalon citron vert, une chemise en soie noire à col ouvert et à mouchetures blanches et vertes, une grosse dent d’animal pendue à une chaîne sous ses clavicules épaisses  mais délicatement dessinées - comme un collier d’argent ». « Keith Richards  tenait moins d’un mannequin que d’une publicité démentielle pour une mort violente et insouciante – cheveux noirs en bataille, peau d’un vert lugubre, dent de cougouar pendue à son oreille droite, lèvres retroussées par le joint coincé entre ses crocs pourris, gencives bleuâtres ». « Mick Taylor  était blond avec le teint rose, beau comme une poupée de porcelaine »   « Bill Wyman, c’est un mystère, mais il était bien là, comme un petit vieux. Il suffisait de l’écouter. Il ne dansait jamais, il ne bougeait pas. » « Charlie Watts, l’homme le plus poli du monde ».

« Rien n’était plus pareil pour Brian après ça »

Les débuts du groupe, les procès pour détention de drogue sont évoqués dans de nombreux flash-back. Flash-back qui permettent à Brian Jones, retrouvé mort dans sa piscine en juillet de la même année, d’être présent notamment au travers de témoignages de ses parents « M. Jones ne pouvait s’empêcher de ressasser, de chercher où ça avait dérapé, sur quoi rejeter la faute « J’étais là-bas avec lui, dans une sorte de débarras à Cotchford, peu avant sa mort. Il est tombé sur une photo d’Anita (Pallenberg) et il est resté longtemps à la regarder. Il a dit « Anita » un peu comme s’il se parlait à lui-même, qu’il avait oublié ma présence. Puis il a posé la photo et on a continué à parler, à faire ce qu’on faisait. Perdre Anita l’a terriblement bouleversé. Rien n’était plus pareil pour Brian après ça. Et puis ces histoires de drogue, tous ces ennuis. Je ne savais pas comment l’aider. Nous étions proches quand il était petit, mais plus tard nous avons eu… des divergences d’opinion ».

« On aurait dit Louis Armstrong et le Hot Five »

On assiste aussi aux répétitions. « Mick essayait de déterminait si « Sympathy » devait être « assez courte ou très longue », sa voix tremblait, incertaine. J’ai eu l’impression que c’était peut-être dû à ma présence dans cette petite pièce. La voix de Mick a traîné jusqu’à ce qu’un à un, ils cessent de jouer. Aucun d’eux ne regardait les autres. Puis Mick Taylor a gratté quelles notes, Keith un accord, un autre, une volée de notes lumineuses, et soudain tout le monde jouait. Mick chantait au bout de la pièce, dos à moi. On aurait dit Louis Armstrong et le Hot Five, sauf que Mick Taylor produisait des sons horribles à la Bob Diddey et Keith jouait un solo avec un hurlement perdu au milieu. Finalement Mick s’est assis sur le tabouret de piano, Keith s’est arrêté, ils se sont tous arrêtés. « Ca se casse toujours la gueule à la fin » a dit Mick »

L’ouvrage se termine avec le récit du concert d’Altamont, avec la mort d’un spectateur, poignardé dans le dos par un Hell’s Angel, alors qu’il s’apprêtait à tirer sur Mick Jagger…

Un ouvrage de référence.

Dance with the devil
L’histoire extraordinaire des Rolling Stones
Stanley Boot
Editions Flammarion, 2012
21,90 euros



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