paris, France - enquête

Le Louvre, une excellente affaire financière

Hélios Molina - 
C’est une première. Une étude de la Sorbonne révèle l’impact florissant du plus grand musée du monde. Des chiffres bénéfiques en période de crise !

Photo ©Hélios Molina

C’est une étude très remarquée en période de crise. Le Louvre, lui ne connaît pas les perturbations et pèse son pesant d’or dans l’économie française. Sa fréquentation ne cesse d’augmenter ainsi que ses revenus externes. En 2008, record absolu, 8,5 millions de visiteurs, la fréquentation a augmenté de 67% depuis 2001. En 2016 c'est 7,4 millions de visiteurs (une forte baisse suite aux attentats).  

C’est une première en France, aucun travail sérieux n’avait été fait sur Le Louvre par peur d’interférence entre le débat culturel et le débat économique.  Une étude faite par le Centre économique de la Sorbonne sous l’égide du professeur Xavier Greffe - le premier musée du monde, générerait entre 600 millions et un milliard d’euros de recettes par an. Dans ces chiffres n’entrent pas les 400 millions d’euros supplémentaires obtenus grâce au projet Louvre à Abou Dhabi puisque l’étude tient compte des données de l’année 2006.

budget de fonctionnement est de 175 millions

Sachez tout de même, que l’Etat ne verse que 110 millions d’euros par an (100 millions en 2015, une baisse constante tant les revenus propres sont en augmentation) tandis que son budget de fonctionnement est de 175 millions. L’impact de la maison Louvre peu à présent être cerné. Les chiffres obtenus ont rempli de joie les responsables du prestigieux musée. Ces données iront contredire ceux qui pensent qu’investir dans la culture se fait souvent à fonds perdu.  L’Etat fait donc ici une excellente opération et ramasse les lauriers des grands travaux d’agrandissement du musée sous la volonté du président Mitterrand. Sa renommée n’a cessé de grandir surtout depuis 2005 avec le phénomène « Da Vinci code » et son roman. Cette idée conforte une autre étude réalisée, par l’UNCTAD (commission des nations unies pour le développement) en 2008 qui mettait en évidence que « les activités culturelles deviennent l’un des principaux ressorts de la croissance, quel que soit le niveau de développement du pays considéré ». La culture contribue fortement à la croissance économique même dans les pays pauvres. Mais comment Le Louvre fait–il recette ? Il y a bien sûr le prix des billets d’entrée (15 euros sur place). Le Louvre loue aussi ses espaces pour des tournages de films, des réceptions privées ce qui représente tout de même la coquette somme de 13,7 millions d’euros.

391 millions de recettes touristiques par an

Il y a enfin les dividendes obtenus dans l’édition, les films. L’étude nous apprend, qu’en moyenne un touriste étranger passe deux jours et demi à Paris. Et même si l’approche de l’art, la peinture, la sculpture n’entrent pas dans la vie du visiteur, il faut passer visiter le Louvre de peur d’être hors coup une fois chez lui. Du coup, le Louvre à lui seul génère 391 millions de recettes touristiques par an. L’intérêt du travail fait par Xavier Greffe repose sur le rayonnement économique du Louvre. Les rentrées fiscales nettes sont évaluées entre 37 et 82 millions d’euros. Intéressant de voir aussi les emplois liés au musée. Celui-ci emploi 2072personnes (en 2016) mais le rayonnement est tel qu’il fait vivre et travailler entre restaurants, hôtels et autres lieux proches près entre 15 000 et 20 000 personnes. L’attrait du musée dépasse largement la sphère de l’établissement Louvre. Dans une période où les subventions de l’Etat ont tendance à baisser, le Louvre lui voit la moitié de ses ressources provenir du mécénat, ou des locations. Ce qui fait dire à certains critiques  que Le Louvre est en bonne voie pour la privatisation. Peux t-il poursuivre de façon effrénée cette course à la rentabilité ? La fréquentation peut-elle augmenter sans cesse ? N’y a t-il pas des limites au nombre de visiteurs ? Le débat est ouvert. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si la course à la rentabilité de quelques grands musées n’avait pas soulevé bien des questions d’éthique du côté des conservateurs. D’un côté les anciens, proches du grand musée ont souvent énoncé les dangers d’une telle dérive. Et de l’autre, les modernes qui prônent une ouverture internationale et la recherche de fonds privés. Les opérations implantation de la marque Louvre à Atlanta puis Abou Dabi ou le Louvre Lens en sont la conséquence. Malgré « les reflets d’argent », des questions demeurent.  Les musées doivent t-ils répondre aux lois économiques comme tout autre bien de consommation, soulèvent les détracteurs ? Il semble loin ce débat si récent, au vu des derniers chiffres et du poids économique du Louvre. La course vers une privatisation est bel et bien enclenchée !

Hélios Molina


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