France - Lire

Quand Cham l’Israélien devient Nessim le Palestinien

Marie Torres - 30 juillet 2014
Dans une actualité marquée, une fois de plus, par le conflit israélo-palestinien, il est bon de lire ou de relire le très beau roman de Hubert Haddad, « Palestine ». Une fable politique en français, qui parle l’arabe et l’hébreu.

On peut se dire qu’il a été très difficile à Hubert Haddad d’écrire « Palestine ». Difficile et douloureux. Comment porter un regard objectif sur le conflit israélo-palestinien, lorsqu’on est juif arabe ? Et pourtant, il y réussit. Il y réussit en faisant de son récit un reportage. Un reportage poétique car Hubert Haddad est aussi poète.

Dans  « Palestine », on retrouve tous les protagonistes de cette guerre sans fin. Israël et la Palestine. L’Histoire et la religion. Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards. Des soldats et des civils. De la violence, du terrorisme et des envies de paix. De l’amour et de la haine. La « vraie » vie, tout simplement.

L’histoire ? Elle se déroule en Cisjordanie. Au sud d’Hébron. Cham, un jeune militaire israélien, à qui on vient d’accorder une permission, et son adjudant effectuent une dernière ronde le long de la frontière israélo-palestinienne quand ils sont pris dans une embuscade palestinienne. L’adjudant est tué, Cham, blessé, est pris en otage.

Les terroristes ne sont pas des professionnels. Ils sont mal organisés. Cham, s’étant fait voler son portefeuille, n’a pas de papiers d’identité. Censé être en permission, on ne le recherche pas. Tout ceci fait que les « terroristes » préfèrent sans débarrasser en l’enterrant vivant. Un vieux ferrailleur palestinien lui sauve la vie le prenant pour un des siens. Cham, amnésique, est ensuite recueilli par une veuve, dont le fils a été tué, et qui vit avec sa fille. Cham l’Israélien devient Nessim le Palestinien. Il va alors découvrir la guerre, la politique, le terrorisme et… l’amour.

Né en 1947 à Tunis d’un père tunisien et d’une mère algérienne, Hubert Haddad est présenté « comme un écrivain engagé qui n’a rien oublié de ses origines judéo-berbères ». Le Prix des Cinq Continents de la Francophonie a été attribué à son roman, « Palestine », considéré par le jury comme  « Une fable politique en français, qui parle l’arabe et l’hébreu, où l’écriture lyrique se mêle au sens aigu du réel. »

Marie Torres
Palestine
Hubert Haddad
Editions Zulma, 2009
16.50 euros

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