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Le totalitarisme islamique, selon Boualem Sansal

Marie Torres - 20 septembre 2015
A la manière de George Orwel dans « 1984 », Boualem Sansal imagine, dans « 2084. La Fin du monde », un univers nouveau soumis à la volonté de Dieu et à la tyrannie de la religion. L’intégrisme religieux contre la mondialisation. Le divin contre l’argent. Un magnifique texte, entre fable et pamphlet.

D’abord il y a l’avertissement de Boualem Sansal « Le monde de Bigaye que je décris dans ces pages n’existe pas et n’a aucune raison d’exister à l’avenir. » Car, avec 2084. La Fin du monde, l’auteur algérien reprend l’idée de 1984 de George Orwel : créer un monde imaginaire. Mais si chez le Britannique ce monde est dominé par un régime inspiré à la fois du stalinisme et du nazisme, ici c’est la dictature religieuse qui domine. » conclut, rassurant, Boualem Sansal. Le « reste est sous contrôle » ? Mais quel « reste » ?  La réponse est là, dans le roman. Car c’est ce « reste », que l’auteur décrit, met en scène.

Car après la Grande Guerre sainte contre la Grande Mécréance, c’est le totalitarisme islamique qui l’a emporté

Nous voilà transportés à Abistan – du nom du prophète Abi, représentant sur Terre de Yölah - un immense empire fondé sur l’amnésie et la soumission à Dieu. Ici, on ne pose pas de questions, on ne réfléchit pas et on accepte sans broncher d’être soumis à une surveillance continue.  Car après la Grande Guerre sainte contre la Grande Mécréance, c’est le totalitarisme islamique qui l’a emporté « parce qu’il s’appuie sur une divinité et une jeunesse qui n’a pas peur de la mort, alors que la mondialisation s’appuie sur l’argent, le confort, des choses futiles et périssables » déclare l’écrivain à l’AFP.

« Yölah avait tranché, à son peuple plus croyant que jamais il avait offert la suprématie, à lui promise depuis les origines. (…) Le fait est que personne, déjà, ne doutait que Dieu lui offrait un rôle nouveau et unique dans l’histoire de l’humanité. (…) Les temps avaient changé, selon la Promesse primordiale, un autre monde était né, dans une terre purifiée, consacrée à la vérité, sous le regard de Dieu et d’Abi, il fallait tout recommencer, tout réécrire, de sorte que la vie nouvelle ne soit d’aucune manière entachée par l’Histoire passée désormais caduque, effacée comme n’ayant jamais existé. »

Un seul but : pointer et déminer les rouages d’une dictature religieuse

Et tout le monde est heureux dans ce monde où on prie neuf fois par jour et où les principales activités sont les pèlerinages et le spectacle de châtiments publics… Jusqu’au jour où Ati, le héros du roman, commence à douter et se lance à la recherche d’un peuple de renégats, qui vit dans les ghettos, sans recours à la religion…

Entre utopie et réalité, fable et pamphlet, Boualem Sansal raconte, avec une innocence teintée d’ironie, l’histoire de ce pays imaginaire avec un seul but : pointer et déminer les rouages d’une dictature religieuse. Un roman magnifique.

A noter, Boualem Sansal sera l'un des invités de La Grande Librairie, le jeudi 24 septembre à 20 h 35, sur France 5.

Marie Torres pour www.micmag.net
2084. La Fin du monde
Boualem Sansal
Editions Gallimard, août 2015
19,50 euros

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