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Laurence Kiefé : « Les traducteurs français ne sont pas parmi les moins bien rémunérés »

Marie Torres - 20 novembre 2015
Laurence Kiefé est traductrice anglais/français depuis dix ans et préside l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF). Quel est le statut du traducteur ? Quels sont ses rapports avec l’éditeur, l’auteur ? Elle répond aux questions de Micmag.net.

Micmag.net : Quand a été créée l’Association des traducteurs littéraires de France et dans quel but ?

Laurence Kiefé : Elle a été fondée en 1973, avec un double objectif : défendre la profession et nos conditions de travail et promouvoir une traduction de qualité.

M. : Quel est le statut d’un traducteur littéraire ?

L.K. : Nous avons le statut d’auteur, nous sommes auteurs de nos traductions et affiliés à l’AGESSA, l’organisme agréé du régime de Sécurité sociale des auteurs qui assure notre protection sociale.

M. : Donc, comme l’auteur, vous signez un contrat avec l'éditeur ?

L.K. : Chaque livre fait l’objet d’un contrat séparé avec l’éditeur qui, de son côté, a déjà acquis les droits de traduction auprès d’un éditeur étranger avant de venir vers nous. Nous signons un contrat qui fixe les conditions de rémunération, les délais de remise du texte, les droits dérivés et le pourcentage sur les ventes… qui n’est pas gras. Parfois même il relève du symbole mais on y tient quand même parce que c’est une façon pour nous d’être associés au succès du livre. Car c’est avec nos mots que les auteurs étrangers sont découverts.

M. : Vivez-vous de votre plume ?

L.K. : Personnellement oui. Je suis traductrice anglais/français depuis dix ans, j’en vis et j’ai pas mal de collègues qui en vivent aussi. Concernant  les tarifs, les traducteurs français ne sont pas parmi les moins bien rémunérés même si nous estimons ne pas être payés à la hauteur de nos compétences et du travail fourni. Mais par rapport à d’autres pays la France c’est le Pérou !

M. : Combien de traductions faites-vous par an ?

L.K. : Cela dépend, les traductions sont toutes différentes. Il y a des textes qui coulent vers vous. Qui vous soutiennent. On entre dedans, on se les approprie avec beaucoup de fluidité. D’autres qui vous résistent et ne cessent de vous échapper. Le travail est alors plus fouillé. Plus long.

M. : Un texte difficile à traduire, à quoi cela tient-il ?

L.K. : À des tas de choses très différentes. Au style, au niveau de la langue, à la logique interne de l’auteur. À la nature de l’histoire aussi, mais cela tient beaucoup plus à la façon dont c’est écrit qu’à l’histoire elle-même. Je viens de terminer un ouvrage de 600 feuillets qui m’a demandé quelques recherches mais la langue elle-même s’est traduite relativement facilement; ce travail qui m’a pris entre quatre et cinq mois.

M. : Quelle est la relation auteur/traducteur ?

L.K. : Cette relation est très différente de ce qu’elle était autrefois. Maintenant, il suffit d’avoir l' adresse mail de l'auteur, qu‘on obtient facilement, pour pouvoir échanger. Pour moi, c’est très agréable d’arriver à la fin de la traduction d’un livre et de pouvoir  poser des questions à l'auteur; j' amorce un dialogue et tout le monde est content de faire connaissance.



Quelques traductions de Laurence Kiefé :

Ruby
Cynthia Bond
Éditions Bourgois

L’Homme du verger
Amanda Coplin
Editions Bourgois

L’ Invention des ailes
Sue Monk Kidd
Éditions JC Lattès

Un cœur bien accordé
Jan-Philipp Sendker
Éditions Lattès

Marie Torres pour www.micmag.net

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