- Musique

Rock Around WEA Music !

Jean-Christophe Mary - 21 décembre 2017
De Portugal The Man à Dan Auerbach en passant par Liam Gallagher, Stereophonics, War on drugs, Ed Sheran ou Lindsey Buckingham/Christine Mcvie, petit tour d’horizon des albums édités par Wea Music France qui ont marqué 2017.

Portugal The Man
« Woodstock »

“Woodstock » huitième album studio du groupe s’éloigne de univers prog-rock psychédélique qui avait fait le succès du groupe. Dès "Number One" titre dance-indie électronique doté du sample "Freedom" de Richie Havens, le ton catchy de l’album est donné. Le groupe opte désormais pour un virage "commercial" comme en témoigne "Feel It Still" titre punch doté d’une puissante rythmique digne de Pharrell Williams ou Mark Ronson avec ce saxo au sonorités 80’s, ces cuivres chaleureux. De bout en bout, la musique est résolument pop dans la démarche, même si « Easy Tiger » tisse des ramifications glamour et psychédélique. Sur « Keep On » avec ce gimmick de guitare accrocheur qui rappelle Blur, on retrouve le côté indie pop du groupe fortement influencé par le R & B alternatif. A noter « So Young » très jolie balade au refrain divin et angélique. Pour cet album, le quintet américain a travaillé avec le producteur Mike D. mais aussi Danger Mouse et John Hill et ont enrôlé pas moins de neuf ingénieurs et plus de 20 musiciens invités et chanteurs. De bout en bout, le son est incroyablement accrocheur.

Liam Gallagher
« As You Were »

Après un deux albums sortis avec le groupe Beady Eye, l’ex-frontman Oasis revient aux fondamentaux de cette britop qui a fait sa renommée. Dès le départ au sein d'Oasis en 1992, Liam a su donner au rock cette dimension insurrectionnelle : arrogance, bagarres musclées qui faisaient la « une » des tabloïds de l’époque, rivalité médiatique avec Blur. Un phénomène copier-coller sur le mode Stones /Beatles des 60’s. Aujourd'hui l'époque Oasis semble belle et bien révolue, Noel Gallagher n'ayant à ce jour toujours aucune intention de donner suite à l'histoire. Reste donc le projet. Et là il faut bien rendre hommage au talent de Liam Gallagher qui reprend là l’histoire où Oasis l'avait laissé. Sa passion pour le rock des 60’s et des 70’s transparait sur les 12 titres de ce « As You Were ». Dès le premier « Wall of Glass » les guitares rugissent et la voix trainante de Liam étire les mots comme des élastiques comme à la grande époque d’Oasis. On adhère vraiment aux refrains énergiques de « Come Back To Me», « You Better Run » et « When I’m In Need » dans la lignée de John Lennon, aux riffs et aux mélodies tubesques « Bold », aux divagations psychédéliques de « I Get By » aux cuivres triomphants de « You Better Run » hymnes populaires qui mystifient l’Angleterre d’hier avec ce côté populaire Union Jack, cette nostalgie du « c’était mieux avant ». La voix envoûtante et convaincante- identifiable entre mille-sonne magnifiquement comme un croisement hybride de John Lennon et de Johnny Rotten. Même si « As You Were » est son meilleur album depuis une décennie, la concurrence est rude à commencer par celle de son frère Noel dont l’album est annoncé prochainement. Pour se hisser aux sommets des hit parades, Liam va donc devoir s’atteler à un travail de forçat enchainer tournées marathon et festivals aux quatre coins du globe.

Stereophonics
“Scream Above The Sounds”

Cette année le quatuor gallois fête ses 25 ans d’activité. Dès la première écoute, « Caught By The Wind « nous entraine dans l’univers pop rock héroïque du groupe avec ces guitares distordues, la voix incantatoire de Kelly Jones, identifiable entre mille. Sur « Geronimo » titre puissant, mélancolique, et accrocheur, ou le rock’n’rollien « Cryin in Your Beer » au saxo enflammé, on savoure ce son rock puissant qui est la marque de fabrique du groupe. Entre les titres au gros son rock américain, on découvre des balades émouvantes telle « What's All The Fuss About? », ce « Boy On A Bike « avec ses accents blues et la voix cassée de Kelly Jones qui nous rappelle un peu celle de Rod Stewart. Le lancinant « Would You Believe » pourrait être la bande son idéale pour une virée en voiture quand « Before Anyone Knew Our Name » est un hommage à Suart Cable, le batteur originel du groupe décédé en 2010. Les nouveaux musiciens, Adam Zindani (guitare) et Jamie Morrison (batterie), ainsi que le claviériste Tony Kirkham font partie intégrante de la nouvelle mouture du groupe. Conçu avec l'aide du producteur Jim Lowe, « Scream Above The Sounds » est un bel album dans lequel les apports sonores créatifs renforcent ici textes et mélodies.

War on drugs
“A Deeper Understanding”

Dans ce nouvel album, l’hydre à huit têtes nous embarque dans une déferlante musicale, qui témoigne une fois de plus de sa grande force artistique et créative. « Up All Night » aux couplets entêtants nous immerge d’entrée dans l’univers particulier de cette americana du 3eme millénaire. A l’écoute de « Pain » titre aux sonorités 80’s, on s’imagine volontiers dans une balade en voiture dans les grands espaces de l’ouest américain. A l’écoute du punchy « Holding on » où du pop hypnotique » Nothing To find » impossible de ne pas taper du pied sur ces rythmiques dynamiques et entrainantes . A l’inverse, des titres tels « Strangest Thing » où le morceau fleuve « Thinking Of A Place « nous invitent à une douce rêverie allongé sur le canapé.

Dans le sillage de Midlake, Big Star ou Grant-Lee Phillips, le groupe incarne cette nouvelle pop rock et folk américaine. Avec ces mélodies léchées, ces chansons bien travaillées, ces guitares pleine d’écho, on ressent l’influence de Dylan dans la façon de chanter, le souffle virtuose de Dire Straits côté six cordes et l’esprit de Tom Petty dans les ballades pop mélodiques. Un grand album pour passer l’hiver au chaud.

Ed Sheeran
« Divide »

Dans ce nouvel album, Ed Sheeran confirme son statut de super star international. Le troisième album studio d'Ed est sur le point de devenir l'un des meilleurs albums de 2017. L’artiste ici explore de nouvelles directions. Puisant son inspiration dans ses souvenirs ou ses récentes ‘expériences Ed Sheeran nous ouvre les portes de son univers à travers, nous invite à une réflexion sur les relations passées, souvenirs de famille, sa carrière musicale ou son temps de voyager dans le monde en 2016. De « Eraser » à « Dive » voilà un concentré de ballades magnifiquement orchestrées et émotives, de titres pop et rap passionnés sur des rythmes hip hop, des chefs-d'œuvre intemporels musique pop idiosyncratique. « Castle On The Hill », ode vibrante à sa ville natale de Framlingham, dans le Suffolk, est un hymne rock prêt à enflammer les stades. Tout au long des 12 titres, on retrouve son jeu de guitare impeccable, son lyrisme inégalé, son palais musical sans limites et son récit discordant, souvent autobiographique. Autant d’atouts ajouter à son immense ce talent qui ont su fédérer un large public. Produit par Benny Blanco (Rihanna, The Weeknd) et Ed Sheeran, l'album a été enregistré entre LA, Londres. Très représentatif de son époque, Ed Sheeran est l'un des troubadours pop rock folk les plus avant-gardistes et les plus polyvalents de sa génération. Un must !

Dan Auerbach
« Waiting On A Song »

La moitié du duo des Back keys remet au goût du jour cette soul pop efficace, qui faisait la joie des teenagers au début des années 60’s et des 70’s. Une pop organique et nonchalante qui prend solidement appui sur le mariage des voix (Beatles, Beach Boys) et les arrangements épurés. Dan Auerbach a enregistré 10 titres au son lumineux et joyeux, leurs insufflant un zeste de folk mais surtout l'âme de Memphis. Pour se faire, il a recruté la fine fleur des musiciens de Nashville parmi lesquels John Prine, Duane Eddy, Jerry Douglas, Pat McLaughlin et Bobby Wood et Gene Chrisman des Memphis Boys. Ici aucune chance de l'entendre marcher sur la pédale de fuzz ni de déchirer ses riffs de tueur comme il le fait chez les Black Keys, Dan Auerbach élabore sa musique avec une recette toute simple : des sons de guitares clairs et épurés pour les couplets, qui mettent en valeur le lyrisme des voix pour finir par des cordes discrètes, des orgues mixés très loin derrière. Dès le premier titre, ça commence très fort. La mélodie de « Waiting On a Song » parait fragile et puissante à la fois, et les harmonies vocales semblent planer en apesanteur au dessus de la toile sonore. Cela faisait longtemps que l’on avait entendu ce mélange de force et volupté sucrée dans cette production scintillante qui rappelle parfois celle de Jeff Lynne sur les Travelling Willburys. Le reste de l’album est calibré sur le même model : les arpèges de guitares télescopent les pianos acoustiques et s’envolent en fumée derrière les cordes, les vibraphone et autres glockenspiel. A mi chemin entre soul et pop atmosphérique, les textes bien ficelés donnent aux compositions un caractère mûr et abouti. Les voix sont douces et rassurantes comme un murmure soufflé à l'oreille mais douces comme les rues désertes un dimanche en plein été. « Waiting On A Song » est un véritable disque de pop-rock qui combine les expériences musicales bien au-delà du cadre pop traditionnel. Découvrez cet album et consommer-le sans modération.

Lindsey Buckingham
Christine Mc Vie

Cet album est le fruit d'une collaboration qui a commencé en 2014 quand Christine McVie rejoint Fleetwood Mac pour une nouvelle tournée mondiale. L'enregistrement de l'album a lieu au studio The Village à Los Angeles, là où Fleetwood Mac a déjà enregistré plusieurs albums dont le classique Tusk. Mick Fleetwood et John McVie ont d'ailleurs rejoint Lindsey Buckingham et Christine McVie pour certaines parties.

L’opus commence par trois chansons dans le pur esprit du Mac des 70’s. Dès le premier titre "Sleeping Around the Corner", on reconnaît d’emblée la signature mélodique de Lindsey Buckingham, ces harmonies qui s’entrecroisent, ces rythmes légèrement décalées, ces guitares rock sans agressivité. Sur "Feel About You", l'un des trois titres co-écrits par le duo, on retrouve les saveurs caribéennes de l’esprit de Fleetwood Mac avec ce marimba, cette ligne de basse de John McVie. Avec ces envolées lyriques sur les refrains, ces parties de guitare en finger-picking, "In My World" signé Buckingham est un tube en puissance qui aurait pu figurer sur « Tusk « ou « Tango in the Night ».

S’ensuit le très pop et aux arrangements vocaux très efficace "Red Sun" écrit par Christine McVie. "Love Is Here to Stay" ressemble plus à un titre que Buckingham produit pour ses albums solos, avec ses arpèges de guitares égrenés au gré du vent et du tempo avec une magnifique interaction des voix sur le refrain qui rappelle Simon & Garfunkel. "Too Far Gone" avec son rythme funky synthétique, ses rythmes tribaux et ses guitares rock est l’une des marques de fabrique de Buckingham. De même, le " Lay Down for Free " est un beau titre qui reflête bien la période glorieuse de Fleetwood Mac.

Rythmique pop groovy impeccable, travail vocale ciselé, mélodies entêtantes, tout ce qui a fait de Fleetwood Mac l’un des maîtres de la pop rock des 70-80 est présent sur ce nouvel album. Vivement recommandé.

Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net

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