- Musique

« Forever Young », d'Alphaville, réédité en Super Delux Edition

Jean-Christophe Mary - 28 mars 2019
« Forever Young, Big in Japan, Sounds Like a Melody », ces tubes mythiques, ca vous rappelle quelque chose ? Retour sur la réédition d'un album mythique par l'un des meilleurs groupes synthpop allemands des 80’s.

Nous sommes en 1984. A cette époque la new wave electro est en pleine effervescence avec l’émergence de groupes tels Depeche Mode, Duran Duran, A-Ah, Pet Sop Boy, Human League, Marc Almond, Soft Cell ABC ou Camouflage.

Mais cette fois la surprise médiatique ne vient non pas pas du Royaume-Uni mais d’Allemagne. Formé en 1983 par Marian Gold (chant) et Bernhard Lloyd (claviers), tous deux membres du Nelson Community, un collectif d'art multimédia basé à Berlin, le duo est rejoint par Frank Mertens (claviers). Le nom retenu est Alphaville en référence au film de de Jean-Luc Godard, Alphaville une étrange aventure de Lemmy Caution, sorti en 1965. L'année suivante, leur premier single, « Big in Japan » devient immédiatement un hit mondial. Dans la foulée de ce single accrocheur, le premier album « Forever Young » s’écoulera lui aussi à des millions d’exemplaires aux quatre coins du globe.

Ce succès est bâti sur une recette toute simple : des synthétiseurs puissants clairs et épurés pour les couplets, qui mettent en valeur le lyrisme de la voix cristalline et plaintive de Marian Gold, le tout emballé avec soin par un empilage successif de batterie électronique et de basses métalliques et funky. Dès le premier titre, ça commence fort. La rythmique de « A Victory of Love » démarre tout en retenue sur une mélodie fragile portée par la voix qui ondule dans les basses. Progressivement, la rythmique s’accélère, la voix monte d'un octave et s'envole dans les aiguës tandis que les claviers planent en apesanteur au dessus d'une mozaïque sonore synthétique. A l’époque, ce mélange de force et volupté sucrée est une petite révolution. Pas étonnant que des titres aussi ensorcelants que « Big in Japan » et « Forever Young » soient restés au sommet des hits parades durant des mois et ce sur plusieurs continents. Avec ces rythmiques martelées inspirées du krautrock de Kraftwerk, le trio a trouvé la formule magique d’une pop synthétique puissante et addictive.

A l’écoute de « Sounds Like A Melody » ou « The Jet Set », le reste de l’album est calibré sur le même mode : les claviers télescopent les batteries synthétiques pour finir en mur sonique derrière une combinaison basses batteries métallique et groovy. On peut trouver dans ce premier album toute l’émotion, la sincérité d’un Gary Numan, tout le lyrisme d’un Depeche Mode. Les voix de Marian Gold sont douces et rassurantes comme un murmure soufflé à l'oreille mais tristes, profondément tristes comme ces rues désertes un dimanche sous la pluie. « Forever Young» est un véritable disque de pop accroche coeur qui combine les expériences musicales bien au-delà du cadre pop traditionnel. 

Cette réédition soignée présente l’album en format vinyl, trois CD, l’un avec les versions originales, les faces B et les remixes et l’autre avec 16 démos originales. En bonus un DVD documentaire, des clips vidéos et un livret de 24 pages grand format, créé par le directeur artistique de l'album original en collaboration avec le groupe où les fans trouveront photos rares et inédites. Le son d’une époque à découvrir où redécouvrir.


Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net
Forever Young
Alphaville
Edition de luxe, Mars 2019
CD albun, 17,99 euros
Vinyle, 58,99 euros

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