Rio de Janiero - 

L'acteur vedette Wagner Moura du Brésil : "Le pire est à venir"

Wagner Moura-Traduction Micmag - 
"Les journaux Estadão et Zero Hora voulaient avoir mon opinion sur ce qui se passait au Brésil en ce moment. J'ai écrit donc ce texte que le journal Estadão a refusé de publier". Wagner Moura est un grand nom du cinéma en Amérique latine.
L'acteur Wagner Moura du film  "Troupe d'élite" et de la série "Narcos" est l'un des artistes les plus renommés d'Amérique latine. Ph. D.R.

"La fin du ministère de la Culture [un nouveau ministre vient d'être nommé le 23 mai suite aux manifestations populaires] (1) est seulement la première démonstration de l'obscurantisme et de l'ignorance  de ce nouveau gouvernement illégitime.
Le pire est encore à venir. vient ensuite le lot de détricotage des lois du travail, à commencer par le changement de notre définition du travail d'esclave, pour le plus grand plaisir des imbéciles heureux du FIESP [Fédération des industries de l’État de São Paolo], qui a payé la facture du coup d’État. Ils ont commencé à transformer le secrétariat des Droits humains en une annexe du ministère de la Justice. Même chose pour l’égalité raciale et le secrétariat de la femme. Tout sera commandé par ce mec, qui sous le gouvernement Alckmin, a lâché la police sur les étudiants qui occupaient les écoles et sur les manifestants de 2013. Sous sa responsabilité, la police militaire de São Polo a fait  61%  de victimes en plus. Ce monsieur je sais tout sur les droits humains, l’ex avocat d’Eduardo Cunha, monsieur Alexandre de Moraes.

 "Ils ont réussi à propager l'idée que les subventions se faisaient au détriment des hôpitaux


Mais bien sûr, le ménage n’aurait pas été complet s’ils n’en avaient pas terminé avec le ministère de la Culture qui, selon la subtile analyse des putschistes, était un repère d’artistes communistes payés par le PT pour émettre des opinions politiques en sa faveur ( ?!!!). Ils ont réussi à propager cette débilité et l’idée que les subventions de l’état [pour la culture] se faisaient au détriment des hôpitaux et des écoles, et que les impôts des Brésiliens honnêtes entretenaient des artistes bons à rien. Les pro-destitution ont adhéré rapidement à ce discours commode et absurde, sans avoir la moindre notion du fonctionnement des lois (créées sous le gouvernement Collor !) et de l’importance du ministère de la Culture (Minc) et de l’investissement culturel nécessaire pour le développement d’un pays. C’est bien triste.

 Hier, j’ai lu un post dans lequel Sillas Malafaia (pasteur évangéliste) se félicitait de l’extinction de « l’antre gaucho-pathe », en se référant au ministère de la Culture. Un truc tellement ignoble qu’on arrive seulement à en être triste. Ce qui a prévalu, c’est la désinformation, la malhonnêteté et l’obscurantisme.

Presque tous les films brésiliens produits depuis 1993 l’on été grâce à la loi sur l’audiovisuel. Comment peut-on penser que ça a pu nuire au Brésil ?! Comment peut-on penser que le pays ira mieux sans la  complexité d’un ministère dont le rôle était de gérer et de diffuser toutes les manifestations culturelles brésiliennes dans le pays et à l’étranger. Brailler contre le ministère de la culture et contre les lois (au lieu de contribuer à les améliorer avec des idées), c’est plus que de l’ignorance, c’est de la mauvaise foi. Et maintenant que l’ordre a été donné de tailler dans les dépenses, le président qui vient délivrer le Brésil de la corruption avec son ministère d’hommes blancs, dont sept nouveaux ministres font l’objet d’une enquête du (affaire de corruption de Pétrolas) commence son règne en balayant la culture de l’esplanade des ministères. C’est logique. Les artistes ont constitué les plus grandes forces de résistance au coup perdu. On a grave perdu.

Je viens de lire qu’ils vont supprimer aussi T.V. Brasil (une des rares chaînes publiques de télévision nationale, créée par Lula). Super. À quoi bon la culture ? Je peux entendre les réjouissances dans les cabinets ministériels, dans les appartements chics de ceux qui tapaient sur leur casseroles (manifestations d’opposition à Dilma), dans l’église de -  et dans la rédaction du journal Veja : « Nous en avons terminé avec cet antre de petits artistes à la solde du PT ! Qu’est-ce que vous croyez ?  On en a terminé avec la manne de la gauche caviar. Fini les chichis ! Vive le Brésil ! »

Mon pauvre ami…Le pire est à venir.

Wagner Moura, acteur.

(1) Malgré la nomination d'un nouveau ministre de la Culture suite aux manifestions de rue, artistes, intellectuels et citadins occupent 21 centres culturels sur 27 au Brésil. A l'intérieur, discussions, projections et concerts tous les soirs. Le slogan le plus crié est "Fora Temer". 


Texte original en portugais de l'artiste :

A extinção do Minc é só a primeira demonstração de obscurantismo e ignorância dada por esse Governo ilegítimo. O pior ainda está por vir. Vem aí a pacoteira de desmonte de leis trabalhistas, a começar pela mudança de nossa definição de trabalho escravo, para a alegria do sorridente pato da FIESP, que pagou a conta do golpe.

Começaram transformando a Secretaria de Direitos Humanos num puxadinho do Ministério da Justiça. Igualdade Racial e Secretaria da Mulher também: tudo será comandado pelo cara que no Governo Alckmin mandou descer a porrada nos estudantes que ocuparam as escolas e nos manifestantes de 2013. Sob sua gestão, a PM de São Paulo matou 61% a mais. Sabe tudo de direitos humanos o ex-advogado de Eduardo Cunha, o senhor Alexandre de Moraes.

Mas claro, a faxina não estaria completa se não acabassem com o Ministério da Cultura, que segundo o genial entendimento dos golpistas, era um covil de artistas comunistas pagos pelo PT para dar opiniões políticas a seu favor (?!!!). Conseguiram difundir essa imbecilidade e ainda a ideia de que as leis de incentivo tiravam dinheiro de hospitais e escolas e que os impostos de brasileiros honestos sustentavam artistas vagabundos. Os pró-impeachment compraram rapidamente essa falácia conveniente e absurda sem ter a menor noção de como funcionam as leis (criadas no Governo Collor!) e da importância do Minc e do investimento em Cultura para o desenvolvimento de um país. É muito triste tudo. Ontem vi um post em que Silas Malafaia comemorava a extinção "do antro de esquerdopatas", referindo-se ao Minc. Um negócio tão ignóbil que não dá pra sentir nada além de tristeza. Predominou a desinformação, a desonestidade e o obscurantismo.

Praticamente todos os filmes brasileiros produzidos de 93 para cá foram feitos graças à lei do Audiovisual. Como pensar que isso possa ter sido nocivo para o Brasil?! Como pensar que o país estará melhor sem a complexidade de um Ministério que cuidava de gerir e difundir todas as manifestações culturais brasileiras aqui e no exterior? Bradar contra o Minc e contra as leis (ao invés de contribuir com ideias para melhorá-las) é mais que ignorância, é má fé mesmo. E agora que a ordem é cortar gastos, o presidente que veio livrar o Brasil da corrupção e seu ministério de homens brancos, com sete novos ministros investigados pela Lava Jato, começa seu reinado varrendo a Cultura da esplanada dos Ministérios... Faz sentido. Os artistas foram mesmo das maiores forças de resistência ao golpe. Perdemos feio.

Acabo de ler que vão acabar também com a TV Brasil. Ótimo. Pra que cultura? Posso ouvir os festejos nos gabinetes da Câmara, nos apartamentos chiques dos batedores de panela, na Igreja de Malafaia e na redação da Veja: "Acabamos com esse antro de artistazinhos comprados pelo PT! Estão pensando o que? Acabamos a mamata da esquerda caviar! Chega de frescura! Viva o Brasil!" Trevas amigo... E o pior ainda está por vir.



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