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Soli Deo Gloria : un roman graphique où la musique élève l’âme !

Jean-Christophe Mary - 14 janvier 2026
Avec Soli Deo Gloria, Jean-Christophe Deveney(auteur) et Édouard Cour(dessinateur) livrent un roman graphique aussi ample qu’ambitieux, mêlant conte, histoire et musique baroque. Un livre somptueux et exigeant, qui interroge le sens de la création artistique et la fragilité de la condition humaine.

Le titre, « Soli Deo Gloria », emprunté à la devise que Sébastien Bach apposait au bas de ses partitions donne le ton. « À Dieu seul la gloire » — fut pourtant la signature obstinée du compositeur et musicien, apposée au bas de ses partitions comme un geste d’humilité autant que de résistance.

Jean-Christophe Deveney s’inspire librement des grandes figures de la musique baroque

Nous sommes au début du XVIIIᵉ siècle, dans les territoires du Saint-Empire romain germanique. Hans et Helma, jumeaux orphelins, voient leur destin bouleversé par la violence du monde. Mais leur don exceptionnel pour la musique va leur ouvrir un chemin inattendu. Des campagnes prussiennes ravagées par les mercenaires jusqu’aux fastes de la cour pontificale à Rome, leur périple les entraîne à travers l’Europe baroque, au fil des villes, des théâtres et des cours princières.

Jean-Christophe Deveney
s’inspire librement des grandes figures de la musique baroque, Bach ou Vivaldi, dont il rappelle qu’ils sont morts presque dans l’oubli. Sans jamais tomber dans la reconstitution historique figée, le scénariste construit un univers crédible, nourri par une solide documentation, mais transfiguré par le langage du conte. Les lieux portent des noms inventés, les personnages sont des figures symboliques, et chaque étape du voyage agit comme un moment d’apprentissage. La force de « Soli Deo Gloria » tient aussi à sa structure. Le récit est découpé en neuf chapitres, conçus comme les mouvements d’une partition. Certains épisodes sont rythmés à la manière d’un concerto, alternant accélérations, pauses et reprises. Cette architecture donne au livre une respiration singulière, où le temps du récit épouse celui de la musique.


l’ouvrage s’impose comme une fresque puissante sur la vocation artistique

Le dessin d’Édouard Cour impressionne par sa richesse visuelle. En noir et blanc, ponctué de trames de gris et de surgissements de couleur, il évoque à la fois la gravure ancienne et des influences plus contemporaines. La musique n’est jamais illustrée de manière réaliste : elle est traduite par des formes abstraites, des jeux de lumière, des variations de rythme dans la mise en page. Le silence, omniprésent, devient lui aussi un élément narratif à part entière. Influencé autant par la bande dessinée franco-belge que par les comics, le manga ou même la musique électronique, le dessinateur revendique un art du mélange. Les villes imaginaires condensent plusieurs géographies réelles, les styles se télescopent, renforçant l’exubérance baroque du récit. Cette profusion visuelle sert un propos clair : montrer le contraste permanent entre la beauté de l’art et la brutalité du monde. Car « Soli Deo Gloria » ne cède jamais à l’illusion d’un art salvateur. La musique élève mais elle ne protège ni de la mort ni de l’oubli.

La scène finale, grandiose et pourtant muette, rappelle que la création reste soumise au hasard de l’histoire et à la fragilité humaine. Même au sommet, sous les ors de Saint-Pierre de Rome, la gloire demeure éphémère. Dense, parfois foisonnant, « Soli Deo Gloria » est un roman graphique qui demande au lecteur de prendre son temps. Mais l’expérience en vaut la peine. Porté par une grande maîtrise narrative et graphique, l’ouvrage s’impose comme une fresque puissante sur la vocation artistique, l’humilité et la transmission. Un livre qui frappe autant par sa beauté que par la profondeur de son propos.

jean-Christophe Mary pour www.micmag.
Soli Deo Gloria
Jean-Christophe Deveney (auteur) et Édouard Cour (dessinateur)
Editions Dupuis
30 euros

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