La Havane - Voyages

Rêves et réalités d'un voyage dans les vapeurs cubaines

Brigitte Berganton - 27 juin 2013
Partir à Cuba, c’est partir plein de rêves, le goût de l’évasion insulaire et révolutionnaire dans la bouche, des couleurs sous les paupières, surtout le bleu de la mer et du ciel tropical, avoir la sensation du soleil sur la peau et le sentiment d’entrer dans un rythme plus lent…

 Partir à Cuba, c’est partir plein de rêves, le goût de l’évasion insulaire et révolutionnaire dans la bouche, des couleurs sous les paupières, surtout le bleu de la mer et du ciel tropical, avoir la sensation du soleil sur la peau et le sentiment d’entrer dans un rythme plus lent…

Autant d’ingrédients qui nous font défaut dans nos capitales européennes activistes qui ne parviennent même plus à voir venir le printemps !

Alors que sous le soleil de Cuba, vous pouvez tendre l’oreille à d’autres sons, préparer votre palais à la langouste et au rhum, humer les odeurs de cigares en voyant défiler le long du Malecon de vieilles américaines des 50’s tout en caressant le tissu léger de votre guayabera…

Pourtant, au delà de ces vapeurs cubaines que reste-t-il de ces images entretenues comme d’incontournables symboles ?

 La Havane, la plus grande ville des Antilles,

lovée dans son immense rade, à l’abri de l’océan Atlantique est peuplée de plus de 2 millions d’habitants, sans compter l’agglomération. Baptisée San Cristobal de La Havana lors de sa découverte, elle fut fondée en 1514, à 30 km de l’autre côté, sur la mer des Caraïbes. Reflet d’un riche passé colonial, La Havane révèle son histoire nationale au fil des accumulations architecturales mais se résume pour beaucoup autour des 4km2 du quartier de la “Vieja Habana”, appellé plus communément La Havane qui semble être sa quintessence.

Lieu éminament touristique, ce centre névralgique truffé entre autres de grands hôtels, de restaurants et de bars est aussi l’oeuvre patiente d’un homme chef d’orchestre qui s’est imposé comme l’historien officiel de La Havane, Eusebio Leal. Chargé de la rénovation des vieilles demeures coloniales espagnoles, des monuments, etc, il tente de restaurer -avec la bénédiction de Fidel, les bénéfices touristiques et le soutien de l’Unesco (reconnue Patrimoine mondial de l’Humanité depuis 1982, comme beaucoup d’autres sites à Cuba)- ce quartier sans lui hôter son âme. Difficile défi ! Ainsi, pour ne pas que la vieille Havane devienne juste un musée à ciel ouvert, il tente d’y maintenir une vie de quartier avec des commerçants, des habitants et même une Université.

Se promenant Plaza de Armas, Calle Obispo

(rue très vivante et commerçante), Plaza de la Catedral ou encore sur la récemment rénovée Plaza Vieja, on finit inévitablement par apercevoir la fondation Alejo Carpentier (l’immense romancier Cubain connu pour sa vision du réel merveilleux) la fameuse Bodeguita del Medio d’Hemingway et le Musée du Rhum ! Au détour des rues, vous découvrirez des Cubains qui se sont lancés dans la micro-entreprise. Eh, oui ! Même à Cuba, cela existe et ce n’est pas interdit ! Encouragé même… Notamment depuis la publication de la liste des 178 métiers autorisés… Depuis que l’état doit réduire le nombre de ses fonctionnaires -en 2010, les autorités parlent d’un excédent d’un million d’employés soit un travailleur sur cinq et le 13 septembre 2010 le syndicat annonce un licenciement de 500 000 employés sur 6 mois. Ainsi se multiplient les promeneurs de chiens, les modèles à photo en tous genres pour touristes ou les vendeurs de Granma, le journal officiel du PCC (Parti communiste cubain)… Autre surprise autour du Havana Club, omniprésent sur l’ïle. Un musée, pourquoi ? Sans doute pour oublier le Bacardi qui fut la marque de l’une des plus riches familles cubaines, forcée à l’exil après la Révolution et qui désormais livre une guerre commerciale, juridique et politique insatiable à son rival. Quant à la Bodeguita, l’exiguité du lieu malgré sa réputation, a tendance a être un peu délaissée au profit d’autres lieux emblématiques des 20’s, plus vastes et au service impeccable tel le Sloppy Joe’s (Calle Animas). D’autres surprises vous attendent aussi sur l’île où les B&B à la mode cubaine fleurissent, où les restaurants en “casa particular” se multiplient légalement, où il est possible de louer des voitures t des 2 roues et où la flotte de bus touristiques est importante. Quant aux vieilles Buic, Cadillac ou Pontiac, plus ou moins rutilantes, elles restent les seules voitures (avant 1961) qui peuvent se vendre.  Voilà pourquoi les Cubains déploient des trésors de science empirique pour réparer la mécanique des “Almendrones” (grosses noix brésiliennes). D’autant que les transports publics ne sont toujours pas très développés.

Quant aux célèbres cigares cubains,

que ce soit les Cohiba, Montecristo, Romeo y Julieta, les Bolivar… On ne peut occulter que derrière ce commerce se trouve l’une des principales culture de l’île, le tabac. L’autre étant le sucre. Et pour reprendre les termes de l’anthropologue Fernando Ortiz : “Sire Tabac et Dame Sucre”, l’on s’aperçoit d’un machisme criant dans le sens où les valeurs associées sont antagonistes –liberté/esclavage, mains/bras, finesse/rugosité…- et où l’on se rend à l’évidence que si le tabac a joué un rôle social préponderant c’est le sucre qui a assuré le développement économique. Aujourd’hui, la production est en chute libre après avoir été le premier exportateur mondial en 1989. Cuba doit même en importer de Colombie pour sa consommation personnelle et en fonction de ses engagements internationaux. L’enjeu dorénavant étant de relancer l’agriculture vivrière.

Continuant à explorer nos idées reçues, le sport national de Cuba n’est pas comme on pourrait le croire le foot, comme dans la majorité des pays latins mais le “beisbol” hérité bien sûr des voisins d’en face et qui permit à l’époque de se démarquer des colons espagnols et de leurs traditions (corridas, etc). La première partie officielle remonte au 27 décembre 1874 et se déroula à Matanzas, dans le stade “Palmar de Junco”.

Par ailleurs, plus de trace du pouvoir “vert olive” des compagnons de Fidel et du Che dits les “Barbudos”,

ni des discours fleuve du Comandante sur la Place de la Révolution qui rend hommage au héro national, José Marti. Raul, son frère a pris le relai dès le 24 février 2008 et adopte un tout autre style, plus collegial tout en étant dans la continuité. Néanmoins, depuis 1997 c’est à Santa Clara, que l’on trouve l’imposant Memorial du Che, musée-mausolé, avec ses restes et ceux de plus d’une trentaine de ses “companeros”.

Enfin, terminons ce tour d’horizon non exhaustif, en soulignant que le dollar n’est plus la monnaie forte de l’île, notre euro est largement préféré ! Et depuis 2004, le CUC (Currency Convertible) a été mis en circulation mais ne reste convertible que sur l’île, d’où son surnom de “chavito”  (monnaie des jeux d’enfants).

Quant à l’avenir économique de l’île, puisque Chavez, l’essentiel “banquier” a disparu, le salut pourrait venir –outre ce qui est mis en place à l’intérieur du territoire, du commerce avec le géant Chinois (autobus, équipements électro-ménagers et prêts à long terme pour Cuba), “d’en face” ou d’une hypothétique exploitation pétrolière opportune…

Sinon, le tourisme reste une priorité pour Cuba, comme l’a encore démontré la dernière manifestation de FITCuba* et s’inscrit depuis le début des années 90’s dans un développement constant. Avec le deploiement hôtelier le long des 20 km de plages de sable fin et d’eaux translucides de Varadero (on est loin des hôtels pour les travailleurs méritants d’avant) et des hôtels “all inclusive” mais aussi avec l’impulsion d’Eusebio Leal (dans la Vieja Habana) et également à travers une offre qui se diversifie tant au niveau des chaines hôtelières présentes sur l’île (Sol Melia Cuba, Cubanacan, Iberostar, Memories, Accor…), qu’à l’initiative de ses habitants.

Des structures méconnues surprennent comme le Varadero Golf Hôtel Mansion Xanadu, ancien manoir du multimillionaire Dupont de Nemours ou le tout récent Marina Gaviota Varadero qui ouvre en partie cette année (Hôtel 5*, 407 chambres, 16 suites, 1300 anneaux et une partie résidentielle réservée à la vente locative dont une section VIP). Apparemment, c’est un marché destiné aussi aux Américains. Sachant qu’en 2012, concernant le tourisme américain ou cubano-américain, les chiffres publiés dans la presse internationale évoquaient 300 000 personnes.

Par ailleurs, les groupes hôteliers diversifient leur gamme, du 5* aux hébergements de types bungalows.

Et les liaisons aériennes se multiplient, par exemple, en juillet prochain va être inaugurée une ligne directe Sao Paolo-La Havane (cette année le Brésil était le pays invite à la feria internationale du tourisme).

Quant à la France, elle reste privilégiée, la preuve en est qu’elle sera en 2014, le pays invité à FITCuba ! Qu’on se le dise ! Et La Havane se fait belle pour accueillir l’événement qui y prendra ses quartiers !!

 Et maintenant, place à un itinéraire possible à la rencontre de l’authenticité cubaine qui repose tant sur ses richesses naturelles que sur son patrimoine historique, culturel et artistique…

La région de Pinar del Rio révèle le fief des Vegueros (planteurs de tabac) où les Vegas en palmes (lieu de séchage des feuilles de tabac) évoquent la culture phare, tandis que les agrumes ont été en partie décimés par les derniers ouragans.

Si fumer est un héritage des Amérindiens et s’associe alors à des pratiques méditatives ou chamaniques, le mot viendrait du maya “zikar” et la plante aurait été nommée cohiba par les indigènes Taïnos (seul un héritage linguistique persiste depuis l’anéantissement des communautés indiennes). Et le cigare serait une invention espagnole ! Pour le bonheur des fumeurs de Habano (cigares cubains) composés artisanalement de la tripe, de la sous-cape et de la cape.

Et afin de s’extirper des volutes de fumée, quoi de mieux que de plonger à Playa Maria La Gorda ? Maria pour la légende était une jeune Vénézuelienne aux formes généreuses dont les marins firent la reputation.

Quant au Lac d’Hanabanilla (40 m de profondeur, 15 km2, à 364 m au dessus du niveau de la mer), du nom de la jeune princesse indienne, fille du Cacique Arimao, il offre un écrin ideal pour les amoureux de la nature. Balades sur le lac, randonnées ou déplacements en lanchas (barques à moteur), vous pourrez parcourir le Rio negro ou le Jibacoa.

Mais le plus vaste domaine et le plus riche pour sa faune et sa flore reste sûrement le parc “Topes de Collantes” dans la Sierra de l’Escambray (200 km2 dans la province de Sancti Spiritus, près de Trinidad) où vous pouvez faire des excursions en camions (anciens camions de l’armée réhabilités) pour découvrir la “Casa del Café”, les “Jardin del los Gigantes” ou Kurhotel où des séjours curatifs sont proposés.

Autre merveille naturelle, la Vallée de Vinales avec son Mirador de los Jasmines, la “Cordillera de Guaniguanico”, ses Bougainvilliers, ses Flamboyants et Mogotes (pignons rocheux, en réalité d’anciennes collines calcaires découpées par l’érosion) comme celle des Deux Soeurs et sa Fresque de la Préhistoire (120x80 m), l’oeuvre de Leovigildo Gonzales (constamment restaurée depuis 1961), disciple du célèbre muraliste Mexicain Diego Riveira.

A quelques kilomètres de Vinales la grottes “Cueva del Indio” (redécouverte en 1920), refuge des Indiens arawaks au XVIè s. chassés par les Espagnols depuis les plaines de Camaguey. Lesquelles se visitent avantageusement en barque sur la rivière souterraine…

Ensuite, cap sur la charmante Trinidad, la 3è plus vieille ville de l’île, aux superbes façades colorées … Et sa Cachanchara où l’on sert encore un breuvage à base de miel et d’eau-de-vie qui pour la légende servit aux rebelles séparatistes de l’Armée de Libération cubaine pour calmer la soif et la faim ou sa Plazuela del Jigüe, l’une des plus jolies places avec un très bon restaurant, la Plaza Mayor et enfin une Casa de la  Musica digne de ce nom avec de la Salsa et d’authentiques musiciens.

La Valle de los Ingenios, elle,  truffées de ruines de moulins à broyer la canne (ingenios) est traversée du ”Tren de Trinidad” qui s’achemine jusqu’à Manaca Iznaga (16 kms), une plantation sucrière du XVIIIè s. Avec sa tour de guet de 44m qui servait de mirador à esclaves du temps du propriétaire de l’hacienda convertie aujourd’hui en bar restaurant.

Et pour boucler ce tour, pourquoi ne pas découvrir Cienfuegos, la “Perle du Sud” à 75 kms de là, l’un des plus grand port sucrier du monde.

Libre à vous de continuer le voyage vers l’Est, vers Santiago de Cuba ou de choisir l’un des 5 archipels des 4195 cayos, dont l’Ile de la Jeunesse ou l’île des Pins qui reste dans les mémoires comme projet éducatif pilote de la révolution (travail des champs et travail intellectuel).

Autant dire que tout est possible ou presque à Cuba, à vous de definir votre itinéraire pourvu qu’elle soit singulière…

Une authenticité à préserver : Outre l’humour, la théâtralisation à la cubaine, l’auto-dérision, la musique, la danse, la poésie & l’écriture, la peinture, le cinéma cubain sont des joyaux à ne pas galvauder afin de conserver le diamant brut à l’abri de toute déambulation touristique & mutation politique !

Voir aussi ou lire : -Film sur nouvelle génération de musiciens à Cuba avec Interactivo

-Cuba :  une fourmilière de créateurs


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