|
Paris - Musique Oi Queridos!, le Brésil de MoustakiStephane de Langenhagen - 24 mai 2013 Avec le décalage horaire, c'est hier en début d'après-midi que les brésiliens ont appris la mort du chanteur Georges Moustaki. Depuis, tout comme à Paris, les hommages pleuvent. Car le Brésil et ce métèque né à Alexandrie il y a 79 ans entretenaient une relation bien particulière.
A la fin des années 60, avec le renforcement des lois liberticides AI5, nombreux sont les artistes brésiliens contraints à l'exil qui viennent trouver refuge en Europe. En 1969, c'est au tour de la chanteuse Nara Leão, de plier bagages avec son mari le cinéaste Cacá Diegues, suivant l'exemple de ses compagnons de la Tropicália. Pour Caetano et Gil, ce sera Londres, le couple, lui, choisira Paris, où Nara s'est déjà produite en concert. La même année, un parolier de talent, qui a pour clients Piaf, Reggiani mais aussi Barbara, fait un carton avec le titre qu'il chante lui-même, un auto-portrait intitulé "Le Métèque". Il s'appelle Georges (en hommage à son modèle Georges Brassens) Moustaki, né Giuseppe Moustacchi à Alexandrie dans une famille de libraires grecs, et arrivé en France en 1951 à l'âge de 17 ans. A Paris, loin des paillettes et de la scène, Nara Leão s'occupe comme elle peut : entre deux taches ménagères, la voilà traductrice de chansons brésiliennes pour Françoise Hardy. Du coup, pourquoi pas l'inverse? Elle s'attelle donc à composer des versions en portugais de titres français, et la voilà séduite par ce jeune guitariste qui dégage une infinie douceur, et dont tout le monde parle. A l'occasion du passage en France des Mutantes ses anciens collègues de la Tropicália, elle confie la version de "Joseph" à Rita Lee, la chanteuse du groupe, qui prépare un album solo. "Build up" sort en 1970 et "José" sera le premier tube de la longue carrière de cette paulista iconoclaste. De retour au Brésil en 1971, Nara enregistrera un double compacto (le 45t version brésilienne), reprenant à son tour en portugais "Father and Son" de Cat Stevens, et 3 titres de Georges Moustaki, dont le fameux "José". "Joseph", version Nara Leão, est encore aujourd'hui une chanson ultra connue de tous les brésiliens. Entre Moustaki et le Brésil, les liens étaient définitivement installés : en 1972, il se rend enfin à Rio à l'invitation de Nara Leão pour représenter la Grèce au Festival de la Chanson Populaire et fait la connaissance des stars brésiliennes revenus d'exil, les Chico Buarque, les Gilberto Gil, les Elis Regina. Mais l'âme vagabonde de Moustaki ne peut s'arrêter dans la baie de Guanabara. Très vite il prend le chemin de Salvador de Bahia et des rites du candomblé, lui qui dévorait les romans de Jorge Amado au son des bossas de João Gilberto, perpétrant l'attirance de son contemporain Pierre Barouh pour l'indolence et l'alma brasileira. Apprenant qu'il est associé à la divinité de la vie et de la pureté Oxalá, c'est en blanc désormais qu'il s'habillera. L'année suivante, il s'impose en France en adaptant un classique de la MPB, "Águas de março", de Tom Jobim. "Les eaux de mars" sera l'un des plus gros succès de l'année 1973. Sur le même album, "Déclaration", figure une autre perle brésilienne : "Xu xu beleza". Moustaki dans son immense carrière a chanté aux quatre coins du globe, mais le Brésil, ses rythmes et son métissage, tiendront toujours une place particulière dans son coeur. Dans les années 80, quand il se sent loin de Bahia, ses pas le mènent invariablement au cabaret Chez Felix, rue Mouffetard, où se rendent régulièrement Vassiliu et Lavilliers. C'est au Brésil enfin qu'il enregistrera "Vagabond", en 2005 dans les studios de Biscoito Fino, aux côtés de Francis Hime, à l'origine de la création du label. Ce sera son véritable dernier opus. Il aura publié son premier ouvrage en 1988, "Les filles de la mémoire", bien évidemment préfacé par le compagnon de toute une vie, Jorge Amado. Le Métèque par Nara Leão, "O estrangeiro" Stephane de Langenhagen
1 |
Photo extraite du film de Mario Grave - S'abonner sur notre canal Youtube pour avoir accès à nos films :
Heureux comme un collectionneur de coqs en plâtre Les coqs, Jean-François en a plein ses vitrines. En plâtre, en bois, en résine, en verre, en porcelaine. Ce fier gallinacé fascine depuis belle lurette ce passionné qui n’hésite pas à pousser les portes des boutiques de France et d’Espagne, pour le dénicher. Bienvenue dans sa basse-cour… Lire la suite, ici. |
![]() "Juliette, Victor Hugo mon fol amour" met en lumière un récit à la première personne, celui de Juliette Drouet, connue comme l’amante brûlante de Victor Hugo avec qui elle aura une histoire d’amour passionnée de plus de 50 années. Ce sont ici les confidences d’une femme transposées à la scène. Une femme de l’ombre que l’on met en lumière. Plus d'informations, ici. |
U2 annonce un nouvel album
U2 dévoile son album,« Carnaval de Luz », attendu le 13 novembre, et un single punk, « Silencio ». Un disque porté par le retour de Larry Mullen Jr. et refermé par l’ultime enregistrement de Dolly Parton. |
"The Faith Tour" de George Michael bientôt en salles
Tourné à Paris-Bercy en 1988 et resté inédit, "Faith Tour" de George Michael sera en salles fin 2026, précédé d’un court-métrage signé Mary McCartney. |
La peur de s'exprimer dans une langue étrangère
Alors que des millions de Français s’apprêtent à voyager vers l’Espagne, l’Italie ou le Portugal, une étude du Cercle des Langues révèle que la barrière linguistique génère du stress pour 80 % d'entre eux, influençant jusqu’à leur choix de destination. |
Une rentrée littéraire 2026 en légère baisse
Après la hausse de 2025, le nombre de romans publiés à la rentrée repart à la baisse, mais reste, avec 461 titres entre août et octobre, très légèrement supérieur à son niveau de 2024. |
Un biopic sur les Rolling Stones ?
Encouragé par le succès des films biographiques musicaux, Mick Jagger se dit « intéressé ». par un biopic sur les Rolling Stones. La question est, selon lui : « Quelles sont les deux années qui valent la peine d’être racontées ? »... |