Monde - Portraits

Olivier Poivre D'Arvor - Vivre à l'étranger, une expérience que chacun devrait faire....

Lepetitjournal.com - 27 février 2014
Ecrivain et diplomate, Olivier Poivre d’Arvor a donné deux conférences sur le thème : identité, diversité, soft power : la Malaisie au coeur du monde. L'occasion d'échanger avec lui sur la place de la culture et l'importance de l'interculturalité au coeur d'un monde qui se globalise.

Directeur de radio France Culture, écrivain et diplomate, Olivier Poivre d’Arvor a donné en ce début de semaine deux conférences successives au MaTic et au Ritz-Carlton à Kuala Lumpur, organisées par l’ambassade de France et l’Institut Kajian Etnik (KITA) de l’Universiti Kebangsaan Malaysia sur le thème : identité, diversité, soft power : la Malaisie au coeur du monde. L'occasion d'échanger avec lui sur la place de la culture et l'importance de l'interculturalité au coeur d'un monde qui se globalise.

Lepetitjournal.com : A 22 ans, après avoir publié votre premier livreApologie du mariage, alors que Jacques Chancel vous interrogeait sur la carrière que vous débutiez, souhaitant savoir si votre frère de 10 ans votre aîné vous portait ombrage, vous lui avez rétorqué “je ne sais pas si c’est une carrière que je suis entrain de commencer, c’est en attendant rien que les choses viennent“. 33 ans plus tard, du haut d'un parcours professionnel très dense, quel est votre regard là-dessus?

Olivier Poivre d'Arvor : C’était la première fois que je m’exprimais en public. Je disais ce que je pensais. On part tous avec un bagage. J’ai eu un trop plein de frère, même si ce n’est jamais trop. Je me suis aussi construit avec cela, pas du tout dans l’opposition mais j’ai choisi, non pas par fuite, mais pour me construire, de partir à l’étranger. J’ai découvert les Etats-Unis, le monde Arabe, Prague et l’Angleterre. J’ai choisi un espace qui me soit propre, là où je me sentais le mieux c’était là où on ne me connaissait pas.

Vous avez étudié aux Etats-Unis, été successivement directeur du Centre culturel français d'Alexandrie, de l'Institut français de Prague, puis du Royaume-Uni et exercé les fonctions de Conseiller culturel auprès de l'Ambassade de France à Londres. Est-ce en promouvant la culture française et la francophonie à l’étranger que vous avez saisi les enjeux de l’interculturalité ?

En effet. C’est une expérience que chacun devrait faire car on n'en revient jamais le même. Cela a beaucoup contribué à transformer ma vision du monde. Au total, j’ai dû visiter 170 pays et j’ai pris conscience de deux choses. D’une part, notre culture n’est pas rien car on nous en parle sans cesse. D’autre part, tous les pays ont une revendication d’ordre culturelle qui mérite d’être écoutée. L’essentiel n’est non pas de chercher un métissage culturel à tout prix, mais la perception de la culture de l’autre.

Tel que vous l’avez souligné lors de la conférence, le développement et la consolidation de la culture sont deux démarches qui s’inscrivent dans le temps. Pensez-vous qu'il y ait aujourd'hui une perte d'intérêt personnel pour la culture ?

Le mot "culture" est à redéfinir. Il faut aussi prendre en compte tout le monde virtuel qui est proposé au travers d’internet, tout ce qui n’est pas directement industriel. L’important est aussi la manière par laquelle on peut séduire quelqu’un par des moyens non coercitifs, par laquelle on entre en communication avec les autres. L’idée est que l’on veut conquérir leurs cœurs. Le soft power peut-être considéré comme une stratégie mais il faut avoir de l’intérêt pour toutes les cultures, il faut les aimer.

L’interculturalité est une notion apparue déjà dans les années 70-80 et une conséquence du multiculturalisme, mais elle est particulièrement d’actualité ces dernières années. Pensez-vous que la France soit d'une part consciente de l’importance de l’interculturalité et d'autre part culturellement ethnocentrée ?

Nous avons accueilli des gens, sans les rejeter, en les intéressant à notre culture. Dire que la France est culturellement ethnocentrée oui. Avec l’arrivée de l’Islam, les gens ne se sentent parfois plus aptes à cela dans un pays où la laïcité est le fondement de la nation. Par ailleurs, lorsque l’on parle de l’Europe, ce n’est pas autre chose, les disparités sont incroyables. C’est un travail permanent, et sans la volonté de faire on ne peut arriver à rien.

Votre parcours a été jalonné par la transmission des savoirs et de la culture, d’où est née cette passion ?

Tout d'abord, je suis extrêmement reconnaissant à ceux qui m’ont appris. Mon accès au monde, à l’imagination, est vraiment passé par là. J’adore apprendre ! J’ai redécouvert il y a peu avec ma fille à quel point l’apprentissage est important. Je déteste le fatalisme. Les gens privés de savoir et de culture méritent que l’on s’intéresse à eux. J’ai toujours essayé de toucher les personnes et les individus mais j’aime aussi que l’on me raconte des histoires.




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