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- Agenda On ne se mentira jamais : quand Éric Assous met le couple à nu !Jean-Christophe Mary - 10 mars 2026 Reprise de la pièce d’Éric Assous, Molière de l’auteur en 2015, On ne se mentira jamais revient au Théâtre de Paris dans une mise en scène élégante et nerveuse de Jean-Luc Moreau. Une comédie de mœurs d’une précision redoutable, qui explore les zones grises du couple et la mécanique du soupçon.
Tout commence par un banal accrochage automobile. Quelques mots échangés, une explication un peu floue. Mais cet incident va faire vaciller l’harmonie de Serge et Marianne, et la suspicion s’immisce. Subtile, insidieuse presque imperceptible d’abord, puis méthodique comme un poison lent qui se diffuse dans chaque phrase, chaque silence. La pièce repose sur un face-à-face d’une redoutable efficacité. Un ping-pong verbal permanent, où chaque réplique en appelle une autre, plus précise, plus incisive.. Les questions-réponses fusent comme des balles à toute vitesse. Le mensonge rebondit, s’amplifie, dérape. « Ça a été fini ? Ça a été fini ? C’est que ça a commencé ! » martèle Marianne. Et quand elle assène : « Il y a 25 ans, tu as couché avec Sophie Clébard ! », Serge tente de minimiser : « Mais c’est une affaire qui a une barbe ! » Sous les allures d’un vaudeville moderne, Assous orchestre une mécanique implacable et savoureuse, où la tension ne faiblit jamais. Sur scène, Évelyne Bouix compose une Marianne d’une douceur calculée. Fausse ingénue, elle avance avec méthode pose des questions simples, presque anodines « Dis-moi des mots qui se suivent… Je suis apte à entendre la vérité. » La phrase, prononcée sans éclat, contient déjà la menace. Plus loin : « Ça a été fini ? Ça a été fini ? C’est que ça a commencé ! » Sous cette douceur, une détermination d’acier. Elle déroule sa pelote avec méthode, telle une joueuse d’échecs qui place ses pièces une à une. Face à elle, Nicolas Briançon campe un Serge englué dans sa mauvaise foi, sûr de son aplomb mais incapable de mesurer l’ampleur du piège. Par ses ruptures de ton, ses éclats de voix, ses silences contraints, il rend palpable la progressive perte de contrôle d’un homme persuadé de maîtriser la situation. Avec son jeu nerveux, ses coups de gueule, ses tentatives d’esquive, il est irrésistible de maladresse. Lorsqu’il lâche, bravache : « J’ai nié parce que c’était plus pratique », la salle éclate de rire. Et quand Marianne rappelle : « Il y a 25 ans, tu as couché avec Sophie Clébard ! », il répond, embarrassé : « Mais c’est une affaire qui a une barbe ! ». Chaque justification l’enfonce un peu plus. Sous les allures d’un vaudeville moderne, Éric Assous orchestre une mécanique implacable et savoureuse. On rit, souvent, beaucoup. Parce que c’est joué avec une précision redoutable et un sens aigu de l’autodérision. Mais derrière les éclats de rire, affleure une vérité plus amère : celle des non-dits, des souvenirs mal digérés, des « petits » écarts qui laissent des traces. C’est là l’un des ressorts comiques majeurs : cette disproportion entre la gravité intime du sujet et la jubilation qu’il suscite dans la salle. La mise en scène de Jean-Luc Moreau épouse cette partition avec une précision horlogère. Il connaît intimement l’univers d’Eric Assous. Leur complicité artistique — plus d’une dizaine de spectacles — se ressent ici : connaissance intime du tempo, confiance dans la force du verbe, refus de l’anecdote décorative. On ne se mentira jamais illustre pleinement cette démarche. L’intuition féminine — ce « sixième sens » que la pièce met en jeu — devient un instrument de dévoilement. Ce qui semblait enfoui resurgit. Ce qui paraissait anodin se révèle décisif. Et le spectateur, témoin de cette autopsie conjugale mesure la finesse du dispositif : une situation simple, un décor épuré, deux acteurs au sommet de leur art, et un texte qui avance avec la rigueur d’un mécanisme d’horlogerie. Courez-y : durant une heure trente, vous prenez crampes de rire sur crampes de rire, et vous aurez du mal à reprendre votre souffle. Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net /Photos Emilie Brouchon
Théâtre de Paris
Salle Réjane. 15, rue Blanche, 9e. This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it Du mercredi au Dimanche. 15h30 ou 19h. Jusqu’au 17 mai. |
Jusqu'au 4 mars 2026 les mercredis à 19h30
29 – 31 mai 2026
17 - 18 - 19 Avril 2026 au Grand Palais de Paris
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