- Lire

Frédéric Lenoir : " Ce qui dépend de nous, c'est de transformer la crise en opportunité"

Marie Torres - 14 novembre 2020
Agir sur les événements qui dépendent de nous et accepter ceux qui n'en dépendent pas, faire de la crise une opportunité, profiter de tous les petits plaisirs de la vie... Frédéric Lenoir, philosophe et sociologue, répond aux questions de micmag.net. Un entretien réconfortant.

Face à la crise sanitaire et économique que nous traversons, certains subissent et dépriment, d'autres s'indignent et se fâchent... Le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir, lui, nous explique qu'une crise est aussi une opportunité. Une opportunité d'évoluer. Rencontre.

Dans votre dernier ouvrage "Vivre ! Dans un monde imprévisible" vous citez Epictète qui nous conseille de distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas. Est-ce la bonne voie pour vivre le plus sereinement possible, notamment en temps de crise ?

Frédéric Lenoir : En effet, ça ne dépend pas de nous s'il y a un Covid qui est entrain de mettre à terre l'économie, qui nous oblige à rester chez nous et réduit nos libertés. Cela ne dépend pas de nous, ça vient d'un événement extérieur. Il faut faire avec. Et "faire avec" ce n'est pas "subir".

C'est-à-dire ?

F.L. : C'est-à-dire que cette contrainte que nous n'avons pas choisie nous pouvons la changer en opportunité. Entreprendre quelque chose que nous ne faisons pas d'habitude, découvrir une voie nouvelle, prendre du temps avec ses proches ou avec soi-même pour s'introspecter.
Transformer la contrainte en opportunité, cela, ça dépend de nous. Là, nous avons une vraie action sur nous-même, une vraie capacité à changer quelque chose en nous.

C'est pourquoi vous expliquez que le mot "crise" en chinois a deux étymologies ?

F.L. : Tout à fait en chinois le mot crise à deux sens : danger et opportunité. Le danger, il est là, à nous de voir quelle opportunité nous pouvons en tirer pour essayer de grandir, de nous améliorer, de voir autrement les choses. Je le répète : ce qui dépend de nous, c'est de transformer la crise en opportunité.

Une opportunité pour donner un sens à sa vie ?

F.L. : Le bonheur de notre vie tient beaucoup au plaisir. A tous les menus plaisirs du quotidien. A l'équilibre de notre vie affective, la satisfaction dans notre vie professionnelle mais aussi au sens qu'on peut donner à sa vie.

C'est pourquoi, dans des moments de crise comme celui qu'on vit actuellement, il est important de prendre le temps de faire une introspection. De se demander : au fond quelles sont mes raisons de vivre.? pourquoi ai-je envie de vivre ? qu'est-ce-qui me motive vraiment ? qu'est-ce-qui fait que j'ai envie de m'engager, de faire telle activité ou telle autre ? Et parfois on s'aperçoit qu'on n'a pas assez de raisons de vivre. On n'a pas suffisamment développé les motivations profondes qui donnent du sens à notre vie.

Et les choix sont multiples ?

F.L. : Oui. Pour beaucoup de gens ce qui donne un sens à leur vie c'est la famille. Je continue à vivre parce que j'ai une famille, j'ai des enfants et j'ai envie de faire ce qu'il faut pour que cette famille puisse s'épanouir. Mais, bien sûr, on peut en avoir beaucoup d'autres. C'est pourquoi que, pour bien vivre, pour être heureux et pouvoir s'épanouir, il est très important d'avoir conscientisé ses motivations de vivre.

Ce travail implique un certain "calme intérieur", difficile en cette période.  

F.L. : La méditation est un excellent moyen pour apaiser l'émotionnel. Un entraînement de l'esprit pour rester vigilant sur l'instant présent. Pour vivre dans l'instant présent.

Comment y parvenir ?

F.L. : En portant toute son attention sur sa respiration et en laissant passer les pensées. Et si on médite régulièrement, cette vigilance, on va pouvoir l'appliquer au quotidien en s'habituant à revenir dans l'instant présent et à ne plus partir dans notre mental. Ainsi, si on se promène dans la nature, si on est devant quelque chose d'agréable, dès qu'on s'aperçoit qu'on s'enfuit dans nos pensées, on va s'arrêter et se remettre dans la sensation du moment présent. La méditation nous apprend à profiter pleinement de son petit-déjeuner ou de sa douche sans ressasser les soucis de la veille ou anticiper les problèmes de la journée et, ainsi, ne plus passer à côté des petits plaisirs du quotidien.

A lire aussi : Vivre ! Dans un monde imprévisible
Le site de Frédéric Lenoir, ici

Marie Torres pour www.micmag.net
Vivre ! Dans un monde imprévisible
Frédéric Lenoir
Editions Fayard, Juin 2020
14 euros

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

Events

Vintage world (Click on the title)

Liverpool : Sur les docks,
quatre garçons dans le vent

Liverpool ? On peut bien sûr penser à son équipe de foot mais aussi et surtout à ses quatre fabuleux garçons. Paul, John, George et Ringo à qui la ville rend un magnifique et permanent hommage. Embarquement immédiat. La suite, ici.

Going out in Paris

Dès la nuit tombée, l’intérieur des Invalides s’anime grâce à la magie de la lumière, de la musique orchestrale et du vidéo mapping pour dévoiler ses décors et son patrimoine exceptionnels. Et, pendant près de 50 minutes, vous êtes conviés à une déambulation nocturne et sensorielle. Guidés par la lumière, vous explorez les six chapelles qui entourent la crypte du tombeau de Napoléon Ier, où progressivement, l'invisible se révèle. Un spectacle magnifique. Pour en savoir plus, ici.

News flash

La peur de s'exprimer dans une langue étrangère

Alors que des millions de Français s’apprêtent à voyager vers l’Espagne, l’Italie ou le Portugal, une étude du Cercle des Langues révèle que la barrière linguistique génère du stress pour 80 % d'entre eux, influençant jusqu’à leur choix de destination.

 
Une rentrée littéraire 2026 en légère baisse

Après la hausse de 2025, le nombre de romans publiés à la rentrée repart à la baisse, mais reste, avec 461 titres entre août et octobre, très légèrement supérieur à son niveau de 2024.

 
Un biopic sur les Rolling Stones ?
Encouragé par le succès des films biographiques musicaux, Mick Jagger se dit « intéressé ». par un biopic sur les Rolling Stones. La question est, selon lui : « Quelles sont les deux années qui valent la peine d’être racontées ? »...
 
Peine de mort en forte hausse

Dans son rapport annuel, l’ONG recense 2 707 cas pour seulement 17 pays, soit le plus haut niveau depuis 1981. Un bond principalement dû à l’Iran où les peines de mort ont plus que doublé l’an passé.

 
Ecosse, le livre a toujours son public

Si la vente de livres continue de ralentir dans le reste du Royaume-Uni, l’Écosse arbore une santé surprenante avec des ventes en progression, confirmant une dynamique déjà visible l’année précédente d'après le Bookseller.