USA - DVD

Quand l’agent Elvis Presley se met en tête de sauver l’Amérique

Jean-Christophe Mary - 4 janvier 2017
Imaginez la poignée de main historique entre l’idole Elvis et Nixon, le président mal-aimé des 70’s. De ce cliché historique, la réalisatrice Liza Johnson en a tiré une comédie surréaliste et très drôle.

Le 21 décembre 1970, Elvis Presley se rend à Washington dans le but de convaincre le président Nixon de le nommer agent fédéral. Se présentant à l'improviste à la Maison Blanche, la rock-star réussit à faire remettre une lettre en main propre au président pour solliciter un rendez-vous secret. Conseillers de Nixon, Egil "Bud" Krogh et Dwight Chapin expliquent à leur patron qu'une rencontre avec Elvis au cours d'une année électorale peut améliorer son image. Mais Nixon n'est pas d'humeur à donner satisfaction à l'artiste. Finalement, à la grande surprise de ses conseillers, l'homme politique et le chanteur se découvrent des affinités. À commencer par leur mépris affiché pour la contreculture...

Devenir agent infiltré

Ce film n’aurait jamais existé sans cette photo historique immortalisant Elvis Presley (Michael Shannon) et Richard Nixon (Kevin Spacey) le 21 décembre 1970 dans le bureau ovale de la Maison Blanche. L'entrevue entre Richard Nixon et le King Elvis est totalement surréaliste. Imaginez la rock star demandant un entretien à l’homme le plus puissant du monde. Quel but ?  Devenir agent infiltré au Bureau of Narcotics and Dangerous Drugs (l’ancêtre de la DEA) afin de « sauver" la jeunesse américaine du mouvement hippie que le King Presley ne comprend pas.

Le ressort comique fonctionne partout. Dans ce scénario hilarant, truffé de détails comme cette lettre qu’Elvis gribouille rapidement sur du papier American Airlines dans l’avion qui le conduit à la Maison Blanche. Dans cette tentative d’obtenir un rendez-vous en se présentant  naïvement en personne auprès des agents de sécurité, un cadeau improbable (un Colt calibre .45 ! ) que le pionnier du Rock’n’roll a tranquillement apporté pour offrir au président.

Ce qui est étonnant, c'est la juxtaposition remarquable du visage imperturbable, du comportement sérieux de Michael Shannon et cette fascination enfantine d'Elvis pour les décorations, les honneurs et les armes à feu.

Elvis dépassé par les groupes émergents

Contre toute attente, les deux hommes s’entendront plutôt bien car ils partagent un certain nombre d’opinions sur la société américaine de l’époque. Les échanges sont cocasses. Il faut les voir deviser sur la décadence de la jeunesse américaine, sur Woodstock ou sur « l'antiaméricanisme » de John Lennon tout en sirotant tranquillement leur soda et avalant des M&M's. Au départ, on est plutôt réservé de découvrir Michael Shannon (Boardwalk Empire, Man of Steel, Midnight Special…) en Elvis. Mais on se laisse vite prendre par les mimiques, le jeu intériorisé de l’acteur qui campe à merveille ce personnage immature à la fois confiant et très sûr de lui. Kevin Spacey excelle lui dans les postures légendaires de Nixon (dos courbé, accent à couper au couteau, gestes des mains ) d’un Richard Nixon grossier, imbu de lui-même. A cette époque Elvis est encore populaire mais dépassé par des groupes émergents comme les Beatles. Cette soudaine envie de devenir agent fédéral pour le gouvernement, afin de lutter discrètement contre le trafic de drogue qui l’inquiétait, peut être interprété comme un caprice de la star. Vous devriez rire beaucoup face à ce duo d’excellents acteurs. A noter aussi que la bande son est construite sur la musique en vogue au début des 70’s.

 Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net



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