France - Lectures

Rhidian Brook : "le roman est en partie basé sur les souvenirs de mon père et de mon oncle"

Marie Torres - 22 août 2013
L’occupation de l’Allemagne par les Alliés, en 1946, est un sujet peu traité en littérature comme en histoire. Dans son roman, "Dans la maison de l’autre", Rhidian Brook l’aborde avec beaucoup d’objectivité et sans parti pris. Rencontre avec l’auteur.

Entre le 25 juillet et le 3 août 1943, l’opération  Gomorrhe, menée par les Alliés, a un seul but : détruire entièrement la ville de Hambourg, ôtant, au passage, la vie à quelques 40 000 personnes. Le bombardement le plus meurtrier en Europe avec celui de Dresde.

Superviser les opérations de reconstruction et de "dénazification" de la population

Trois années plus tard, en 1946, les Alliés occupent l’Allemagne. C’est à cette période que s’attache Rhidian Brook dans son roman "Dans la maison de l’autre".  Hambourg est toujours une ville en ruine, peuplée de "fantômes" et de "sauvageons" errant dans les décombres à la recherche de nourriture. Lewis Morgan, colonel de l’armée britannique, est là pour superviser les opérations de reconstruction et de "dénazification" de la population. On l’installe dans une somptueuse villa. Sa femme et son fils le rejoignent. Mais Lewis ne peut se résoudre à "déloger" le propriétaire de la maison, Stefan Lubert. Il lui propose de s’installer avec sa fille à l’étage supérieur. Commence une cohabitation qui ne s’annonce pas facile d’autant plus que chacune des familles a perdu un être cher dans un bombardement. Le fils aîné des Morgan, Michael, a été tué au printemps 1942 en Grande-Bretagne, par une bombe larguée au hasard par l’armée allemande. De son côté, Stefan Lubert a perdu Claudia, sa femme, dans le bombardement de Hambourg.

Le silence de la mer de Vercors

Et bien sûr on ne peut s’empêcher de penser au roman de Vercors "Le silence de la mer" qui se déroule en 1941, en France, et où, là, l’occupant est allemand. On ne peut pas non plus s’empêcher d’entendre les paroles d’Ernest Hemingway : "qu'elle soit nécessaire, ou même justifiée, ne croyez jamais que la guerre n'est pas un crime". 

Entretien avec Rhidian Brook

Micmag.net : Votre roman, "Dans la maison de l’autre", retrace une période plus ou moins "oubliée" par l’Histoire. Il est très beau. Très humain. On ressent le "vécu". Et, vous êtes trop jeune pour qu’il s’agisse de vos propres souvenirs… peut-être les mémoires d’un de vos proches ?

Rhidian Brook
: en effet, le roman est en partie basé sur les souvenirs de mon père et de mon oncle, âgés à cette époque de 9 et 16 ans. Je n’ai pas connu mon grand-père mais j’ai idée de ce qu’il était. Et c’est en partant de cette idée que j’ai construit le personnage de Lewis. Ceci dit, le roman repose beaucoup plus sur l’imagination que sur le souvenir. J’ai dû créer moi-même les personnages de mon histoire.

M. : comment le roman a-t-il été accueilli en Grande-Bretagne ?
R. B
. : la presse l’a très bien accueilli. J’ai eu quatre ou cinq très bonnes critiques. Et ce qui est intéressant, c’est que le livre a été aussi bien reçu par la presse littéraire comme la Literary Review et le Guardian, que par la presse "grand public" comme le Mail ou le Sunday. Le roman a aussi déchaîné les passions sur Amazon avec des commentaires très circonstanciés

M. : "La maison de l’autre" a-t-il été traduit en allemand ?
R. B
. : il est en cours de traduction et sera publié en mars 2014. Je suis très curieux de connaître la réaction des Allemands. Mais j’ai déjà reçu des messages de ceux qui l’ont lu en anglais et qui l’ont apprécié ; beaucoup me sont reconnaissants d’avoir abordé une partie de l’Histoire sur laquelle on a peu débattu et dont on a rarement parlée.

M. : est-il prévu une adaptation cinématographique ?
R. B
. : oui, la société de production Scott Free de Ridley Scott ainsi que BBC Films et Studio Canal  y travaillent…


Marie Torres
Dans la maison de l’autre
Rhidian Brook
Fleuve Noir, 22 août 2013
19,90 euros
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