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- Musique Muse –The Wow! Signal : le trio dévoile son nouvel opéra spatial !Jean-Christophe Mary - 18 septembre 2026 Pour son 10e album,le trio renoue avec les grandes heures de son passé tout en regardant vers l’infini. Riffs ravageurs, chœurs latins mystiques et blessures sentimentales,Muse Bellamy transforme une rupture amoureuse en odyssée cosmique et signe son disque le plus convaincant depuis près de 20 ans.
Toujours plus grand, toujours plus fort, toujours plus loin. Depuis ses débuts, Muse n’a jamais vraiment connu la demi-mesure. Mais après trois décennies de carrière, plusieurs albums inégaux, on pouvait se demander ce qu’il restait à attendre du trio britannique. Avec The Wow! Signal, son dixième album studio, Matthew Bellamy, Chris Wolstenholme et Dominic Howard reviennent à ce qu’ils savent faire de mieux : mélanger le rock progressif, le metal, l’électronique et les orchestrations grandioses. L’un des meilleurs albums des icônes du space rock depuis vingt ans ? Sans doute. En tout cas le plus cohérent et le plus inspiré depuis longtemps. Mystère extraterrestre, communication interstellaire, visuels futuristes, singles distillés avant la sortie… The Wow! Signal possède tous les ingrédients de l’album à « effet waouh ». Encore fallait-il que la musique soit à la hauteur de la promesse. Elle l’est souvent. Car derrière la science-fiction se cache une histoire beaucoup plus intime. Les textes de The Wow! Signal sont traversés par la rupture sentimentale de Matthew Bellamy avec la mannequin Elle Evans. Deux êtres qui ne parviennent plus à communiquer, un signal envoyé dans le vide, l’attente d’une réponse qui ne vient pas, l’espace devient alors cette métaphore de la rupture. Bellamy transforme sa peine de cœur en grand récit cosmique. Cette thématique donne au disque sa véritable unité. Sur le plan métaphysique, The Wow! Signal oscille entre terreur cosmique, sentiment d’isolement, vulnérabilité et espoir d’une rencontre avec une intelligence supérieure. Ballamy parle des étoiles pour mieux parler des blessures humaines. La peur de l’inconnu, l’isolement, la vulnérabilité face à un univers hostile et l’espoir d’une rencontre avec une intelligence supérieure se mêlent aux thèmes de la rupture, de l’éloignement et de la reconstruction. La « Forêt sombre », théorie selon laquelle les civilisations avancées se cacheraient par peur d’être détruites, devient la parabole parfaite des relations humaines. L’humanité y apparaît minuscule face à l’infini, mais suffisamment obstinée pour continuer à envoyer des signaux. Dès The Dark Forest, Muse place la barre très haut. Chœurs latins, cordes virevoltantes, guitares saturées et cavalcade épique, le morceau fait penser à la rencontre improbable entre un western spatial, un générique de James Bond et le grandiose de Knights of Cydonia (qui figure sur Black Holes & Revelations sorti en 2006). L’introduction ouvre une véritable odyssée musicale, avant qu’une déferlante orchestrale et chorale ne transforme le morceau en hymne apocalyptique. Cette fibre nostalgique traverse tout l’album. Sur Cryogen, Muse dépoussière les gammes saturées et l’effet fuzz qui avaient fait la signature de Plug In Baby. Le riff semble surgir directement des grandes heures d’Origin of Symmetry (2001), avant de bifurquer vers un rock plus lourd, plus metal. Le texte fait référence à la cryogénie comme métaphore de l’attente et du gel émotionnel : rester suspendu dans l’espoir d’un réveil, d’un retour, d’une réponse. Mais le trio sait aussi quitter son propre territoire. Avec cette basse particulièrement massive de Chris Wolstenholme, Nightshift Superstar prend un virage disco-funk aux ambiances darkwave . On pense davantage à Daft Punk, Justice, voire à certaines productions de The Weeknd ou Carpenter Brut, qu’au Muse des débuts. sur scène le 27 novembre 2026, à la Hush, avec Ellie Goulding, constitue une vraie curiosité. Loin de la ballade pop attendue, le duo juxtapose électro-rock menaçant, guitares lourdes et envolées vocales. La voix de Goulding apporte un contrepoint intéressant au falsetto de Bellamy et prouve que Muse peut encore surprendre. Cependant, tout n’est pas aussi convaincant. Shimmering Scars et Be With You versent parfois dans une sentimentalité un peu appuyée. Quant à Space Debris, qui clôt l’album dans une atmosphère acoustique et symphonique, il joue la carte de l’apaisement après la tempête. « Like space debris, love can drift away » (comme des débris spatiaux, l’amour peut dériver) …L’image est belle, mais la chanson manque peut-être de la tension nécessaire pour rivaliser avec les grands finales du groupe. Après un Will of the People qui donnait parfois l’impression d’une compilation, The Wow! Signal paraît plus vivant, plus personnel et surtout mieux construit. Pas une révolution, mais une résurrection. Et derrière les extraterrestres, les théories cosmiques et les débauches sonores, Matthew Bellamy livre surtout un disque de solitude, de perte et d’espoir. Le signal est donc lancé. Il sera prolongé sur scène le 27 novembre 2026, à la Plenitude Arena de Nanterre, pour l’unique date parisienne du The Wow! Signal Tour. L’occasion pour Muse de transformer ses obsessions cosmiques en spectacle monumental. Qu’on se le dise !
jean-Christophe Mary pour www.micmag.net
The Wow! Signal
The Muse CD 14,99 euros / Vinyle 29,93 euros |
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