09-05-2011 10:56:07

Un documentaire sur l'incroyable ascension de la classe moyenne brésilienne

Arthur Fontes et Dorrit Harazim, les réalisateurs du documentaire "Dois Tempos" (prix du meilleur docu de la dernière édition du plus important festival de documentaires d’Amérique du sud qui a lieu tous les ans à São Paulo) s'expriment.

Par Anne-Gaëlle Rico (São Paulo)


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Synopsis de "Dois tempos" : Les statistiques prouvent l’incroyable ascension de la classe moyenne brésilienne. Dans ce documentaire, les deux réalisateurs retournent filmer une famille de la banlieue Est de São Paulo, les "Braz", sur laquelle ils avaient déjà réalisé un documentaire en 2000, intitulé "La famille Braz". Anderson, le fils aîné de la famille, s’est marié et a déménagé. Toninho, Maria et leurs trois derniers enfants vivent toujours dans la même maison mais leurs revenus et leurs perspectives d’avenir se sont nettement améliorés. Denise, qui distribuait des tracts dans la rue est devenue vendeuse dans une grande entreprise. Elle a une carte de crédit, a voyagé en avion et a déjà eu recours à la chirurgie esthétique. Gisèle est professeur, elle étudie, et vient de s’acheter un ordinateur portable. Eder a abandonné son travail officieux de taxi-moto pour devenir technicien de laboratoire. Anderson travaille dans les assurances et prévoit un voyage à l’étranger.

Micmag :  Comment avez-vous eu l’idée du premier documentaire que vous avez réalisé sur la famille "Braz" en 2000 ?

Les médias, les politiques et les sociologues parlaient de plus en plus de "la classe moyenne" brésilienne. Nous voulions donner un visage à ce phénomène de société. Du coup, nous avons fait une enquête basée sur des statistiques : notre famille devait avoir le revenu moyen de l’époque, vivre dans la banlieue d’une grande ville et avoir plusieurs enfants.

Nous sommes arrivés dans le quartier de "Brasilandia" en périphérie de São Paulo parce que nous aimions le nom qui signifie "le territoire du Brésil" et nous sommes tombés sur la famille Braz.

MComment avez-vous rencontré cette famille ?

Nous avons interviewé plusieurs familles qui avaient le bon profil, mais à chaque fois, il y avait un facteur particulier qui attirait l’attention : un enfant handicapé ou en dépression. La famille Braz a été choisie pour sa normalité !

M : Combien de temps avez-vous passé avec la famille en 2000 ? En 2010 ?

Nous avons passé plus de temps avec eux en 2000, quasiment un mois, parce que nous avions alors filmé un certain nombre de scènes qui n’ont pas été intégrées au documentaire final, mais qui nous avaient permis de mieux cerner la famille. Nous avions interviewé leurs patrons, leurs voisins mais dans l’édition finale seuls les membres de la famille apparaissaient.

En 2010, nous avons passé deux semaines avec eux en décembre, puis nous avons travaillé sur ce que nous avions, et nous avons identifié ce qui nous manquait. Nous sommes alors retournés les filmer une semaine en janvier.

M : Qu’est-ce que vous avez appris en réalisant ce documentaire ?

La force de la famille en général, au-delà de la force de cette famille en particulier.

Le chemin parcouru en une décennie est hallucinant. La situation en 2000 est précaire : le père, plombier, a du mal à payer les factures de la maison et le manque d’argent empêche les enfants d’aller à l’université. Les perspectives d’avenir de la famille sont donc assez limitées.

10 ans après, la petite entreprise du père prospère et la réussite des enfants est exemplaire : ils aiment leurs emplois, étudient, ont des ambitions et chacun a réussi à s’acheter une voiture.

Cette famille n’est pas une exception, mais seulement une parmi tant d’autres. Il existe des centaines de milliers de familles comme la famille Braz et ce sont elles qui font évoluer le Brésil aujourd’hui.

M : Pensez-vous que la vie de la famille Braz a changé après ces documentaires ?

Très peu. Certaines personnes les reconnaissent dans la rue, c’est tout.

M : Quel est le message du documentaire ?

Le film est un éloge à cette famille si intéressante et si émouvante et c’est également une tentative de montrer, pour une fois, le point de vue de la "périphérie" sur la société brésilienne. Nous avons voulu montrer comment les banlieusards appréhendent le monde aujourd’hui.

M :  Est-ce que vous pensez faire un autre épisode dans 10 ans ?

(rires) Ce serait en effet très intéressant d’y retourner dans 10 ans pour voir ce qui est arrivé à chacun des membres de la famille.

Il y a 10 ans, les enfants étaient des adolescents, aujourd’hui ce sont de jeunes adultes, leurs personnalités sont formées. Observer ce qu’ils sont devenus à l’approche de la quarantaine permettrait une belle vision sur une génération.



 

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