Bangkok - Photo

A la rencontre de Manit à Bangkok - Vous avez dit photographe provoc ?

Reportage à Bangkok : Hélios Molina - 25 Février 2012
Manit, es-maître provoc, est l’un des photographes les plus en vue d’Asie qui jouit d’une certaine notoriété à l’étranger pour sa vision caustique de la société de consommation. Nous l’avons rencontré dans Silom, un joyeux quartier de Bangkok.

C’est le petit père du "Pink man". Vous avez sûrement aperçu dans des magazines ou des expos, cet étrange asiatique en costume rose poussant un caddie de supermarché désespérément vide dans la ville ou proche d’un célèbre monument. Des scènes signées Manit. Es maître provoc, il est l’un des photographes les plus en vue d’Asie qui jouit d’une certaine notoriété à l’étranger. Nous l’avons rencontré dans Silom, un joyeux quartier de Bangkok, à deux pas d’un temple hindouiste, d’une église catholique et d’une mosquée. Un environnement mystique pour un homme qui prépare un travail critique sur les religions. Manit Sriwanichpoom, de son vrai nom, voulait être architecte mais ne jouissait pas de bons résultats aux examens.

« grands et petits, dans cette course effrénée à la conso, face à un monde absurde »

C’est ainsi qu’il s’est retrouvé, par accident, dans une école d’art et a découvert la photo sur le tard. Cet autodidacte, intéressé par la spontanéité, est entré de plain-pied dans la critique des comportements sociaux, de nos modes de consommation. Dans ses clichés, il met en relief le kitch de l‘homo sapiens, le nouveau riche Thaïlandais consumériste dans une couleur rebutante mais joyeuse. Il s’en prend aussi au nationalisme toujours présent dans ce pays dont l’économie repose essentiellement sur le tourisme. Des enfants, habillés en Boy Scouts avec le drapeau thaï dans la main, suivent en file indienne l’homme au caddie. Une façon de désigner toutes les générations, grands et petits, dans cette course effrénée à la conso vers un monde absurde. Dans une autre série "Horror in Pink", Manit reprend de célèbres et cruels clichés noir et blanc pris lors des massacres à Bangkok en 1976. Des photomontages où réapparaissent l’indifférence de l’homme en rose face à la barbarie. Il met cruellement en relief la modernité d'un homme né sans sentiments ni générosité.  "Tout mon travail a un sens politique" nous confie-t-il. "A Bangkok, le mouvement contemporain actuel est très critique et pousse les gens à ouvrir les yeux. Mais nous ne sommes pas très nombreux ! Bangkok, est une ville d’extrêmes. On a parfois envie de partir d’ici. Cela peut être très beau ou parfois dépressif. Dans un même quartier, il y a un véritable mix de tout ce que l’on peut trouver ici". Manit a ouvert une des rares galeries de photos de la ville. Ici, même dans un cadre dénudé, à l’étage, il met en valeur un artiste inconnu des années 30, ML Toy Xoomsai, découvert par hasard. Des nus d’une grande sobriété, autre thème qui lui est cher dont il pense avoir achevé le travail dans quelques mois. Artiste à suivre…  

Aller à sa rencontre, à son avantage pour les collectionneurs. Dans sa galerie Katmandu, ses clichés petit format valent 100 euros tandis qu'à l'étranger, les grands formats cotent les 10 000 euros. 

Reportage & photos Hélios Molina pour www.micmag.net

Katmandu photo gallery, Pan Road, Silom, Bangkok.

Pour ce reportage un grand merci à Yonola Viguerie (Bangkok).

1
2
3
4
5
6
7
8

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

ÉVÉNEMENTS

VINTAGE & COLLECTIONS

A l’origine, elle n’était qu’une légumineuse, noire ou verte, glissée dans une galette. Au fil du temps, en plastique ou porcelaine, elle a pris toutes sortes de formes. Aujourd’hui, la fève est un véritable objet de collection. D’où vient-elle ? Comment est-elle fabriquée ? Des réponses, ici.

SORTIR À PARIS

Cette rétrospective est la première grande exposition jamais consacrée en France au Gréco (1541-1614),né en Crète, formé en Italie et devenu célèbre en Espagne. Peintures, dessins, sculptures... au total près de 80 oeuvres sont présentées au Grand Palais jusqu'au 10 février prochain. Lire la suite, ici.

BRÈVES

Bowie donne son nom à une rue

Le 10 janvier, le maire du XIIIe arrondissement de Paris a confirmé qu'une rue prendrait le nom de David Bowie dans le quartier de la gare d'Austerlitz. Un vote est prévu en février.

 
Marbella, le paradis et l'enfer des narcos
Marbella,  refuge de milliardaires en Espagne, 6 assassinats en pleine rue en trois mois. Le dernier, un français de 60 ans. Guerre de clans de narcos ? La police est muette.
 
Le sous marin des narcos
Sur les côtes de Galice (Espagne), la police a repéré un sous marin chargé de 3000 kg de cocaïne pure estimé à plus de 100 millions d'euros. 2 personnes arrêtées et une autre en fuite. Une première en Europe. 
 
Mortel selfie
Selon une étude du All India Institute of Medical Sciences de 2018, les accidents de selfies ont fait 259 morts dans le monde entre octobre 2011 et novembre 2017.
 
"Bowie m'a montré son gros sexe pour me remercier d'une ligne de coke"
C'est ainsi que s'exprime dans son livre  Face it, la chanteuse Debbie Harry (74 ans aujourd'hui) du groupe Blondie. Elle termine par :"le sexe de David était je dois bien l'avouer impressionnant."