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Madrid - Portrait Antonio Muñoz Molina : "La vie est faite de mémoire et de désir"Ignacio Gómez, Cornejo Gilpérez - Culturamas - 8 de septiembre 2012 Antonio Muñoz Molina est un spéléologue de la mémoire
et de l’Histoire ; c’est peut-être pour cela qu’il a gardé l’enthousiasme de ses débuts. Rencontre..
Vous avez débuté comme chroniqueur, et vous l’êtes toujours. Vous avez un blog "Escrito en un instante", très impertinent, pourquoi ce besoin de raconter ?
En fait, vous avez publié un livre,"Días de diario"... Mais, si on tient compte de toutes les possibilités qui existent pour "raconter", vous pourriez être réalisateur, librettiste, scénariste ou peut-être dramaturge. Ecoutez, je vais vous dire une chose. Dans mon adolescence, lorsque j’avais peut-être 14 ans, j’ai écrit une pièce pour une troupe de théâtre de ma ville. C'était une pièce dans le style du théâtre de l’absurde, influencée par Brecht. Le fait est que lorsque le travail fut terminé, je l’ai transmis à une personne qui devait le vérifier ; au final, mon travail a fini dans les mains du metteur en scène, qui a interprété le texte et a changé ce qui lui semblait bien, de sorte que le travail de l'auteur a été filtré et même déformé. C’est pourquoi, entre autres choses, je me suis dédié au roman. Dans le roman, le travail de l'écrivain, ce qu’il écrit, est le produit final : ce que vous avez écrit et ce qui arrive au lecteur. On dit que vous êtes un écrivain de la mémoire, ou un archéologue qui plonge dans les abysses du passé, pour mieux comprendre la surface trouble du présent. Vous confirmez ?
Dans ce sens, concernant l’influence du passé sur le présent, vous vous rapprochez de Bergson. Concrètement, Bergson dit, en se référant au concept de la "durée" qu'il a inventé : "La durée est le progrès continu du passé qui ronge l’avenir et qui gonfle en avançant". Henry James a dit quelque chose de semblable à cet égard...
Dans votre dernier roman, "Dans la grande nuit des temps", au travers d’une histoire d’amour, il y a un exercice de recherche du passé pour comprendre la réalité présente. En d'autres termes, tout ce que Spengler a écrit à propos de l'esprit du temps et de l'Histoire en tant que destin des peuples... Les allégories, les symboles, les signes en général, sont très présents dans votre œuvre.
La longue phrase a un sens précis dans votre style… Il semble que l'Américain Philip Roth soit un de vos auteurs préférés d'aujourd'hui. Que trouvez-vous de si spécial dans ses récits ?
Puisque vous avez mentionné Flaubert, je me souviens vous avoir entendu parler du fameux essai de Vargas Llosa, dédié à Madame Bovary, L'Orgie perpétuelle.
Vous avez abordé de nombreux genres : le roman d’espionnage, le roman noir, le journal, le fantastique. Y a-t-il un autre genre qui vous tente ?
Il y a une profonde pitié de votre part pour beaucoup de vos personnages, une sorte de positionnement face aux faibles, aux défavorisés, que vous expliquez dans Sefarada. Ne pensez-vous pas que la littérature contemporaine semble se focaliser autour de cette idée d’André Gide, qu’on ne peut pas faire d’œuvres d’art avec de bons sentiments ?
D’où vient cette fascination ?
Il y a donc une déshumanisation au sein de la vie moderne. Appartenir à la RAE (Real Academia Española) est un honneur, une servitude ou les deux ? New-York est une ville que vous aimez beaucoup… Vous continuez à être un Robinson urbain dans New York ? Il y a une phrase de Ventanas de Manhattan qui a attiré mon attention : A New York, personne ne te regarde parce que personne ne va te reconnaître. En Espagne, les gens te regardent, peut-être que là-bas tout est plus impersonnel ?
C’est pourquoi nous nous regardons, parce que nous nous retrouvons dans les autres.
Dans les années 20, T.W. Adorno disait qu’avec le pullulement du gramophone, la musique mourrait… Platon était contre l’écriture. Vous avez dit, à une occasion, qu’une phrase de Graham Greene vous avait impressionné : "Le romancier doit faire attention avec ses fictions, parce que les romans se font avec des souvenirs, non seulement du passé, mais aussi de l’avenir et il est possible qu’à raconter les malheurs d’un personnage, il prédise son propre avenir" ; superstition ? Au-delà de la littérature, avez-vous un projet que vous aimeriez mener à bien dans l’avenir ?
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Photo extraite du film de Mario Grave - S'abonner sur notre canal Youtube pour avoir accès à nos films :
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