- Portraits

Pilar Pradales " Je pense que peindre est le plus beau métier du monde !"

Marie Torres - 9 septembre 2019
Née à Madrid en 1970 et installée depuis 16 ans en région parisienne, Pilar Pradales est, très jeune, initiée aux pratiques de la peinture par son père. Aujourd'hui, ses natures mortes, d'une beauté et d'un réalisme fascinants, nous ramènent aux grands maîtres flamands du XVIIe siècle. Portrait.

C'est à Madrid, dans l'atelier familial, que Pilar Pradales donne ses premiers coups de pinceaux. "J'avais le meilleur des profs, mon père !" dit-elle en souriant. C'est donc Antonio Pradales, peintre avéré, qui lui enseigne les techniques du paysage, de la nature morte, du portrait...Quelle formation a-t-elle ensuite suivie ? "Aucune", répond-elle, précisant "En fait, j'ai suivi l'exemple de mon frère." L'exemple de son frère ? Il vous faut savoir que  Juan-Antonio est lui aussi artiste-peintre. Le talent coule dans les veines de la famille ! Ainsi donc "Après avoir été initié par mon père, Juan-Antonio a rejoint une école d'art... qu'il a rapidement quittée car il n'apprenait rien de plus. Notre père lui avait déjà tout enseigné."

Chacune de ses natures mortes est fascinante

Et, en regardant les toiles de Pilar, on comprend. Qu'est-ce qu'une Ecole, aussi prestigieuse fut-elle, aurait pû lui apporter de plus ? Chacune de ses natures mortes est fascinante. La perfection est atteinte dans le réalisme de chaque objet, de chaque fleur ou fruit, le jeu des transparences, la construction des compositions... Tout y est parfait. Et si un de ses peintres préférés est le Sévillan Bartolomé Esteban Murillo, sa peinture à elle nous emporte bien loin de l'Andalousie, chez les grands maîtres flamands du XVIIe siècle. On pense, par exemple, aux natures mortes de Clara Peeters ou encore de Jacob Van Hulsdonck. Et même si Pilar a l'air sincèrement touché par mes compliments, ils semblent la mettre un peu mal à l'aise. "J'aime bien les détails, je prends du plaisir à les faire, dit-elle en ayant presque l'air de s'excuser de son talent. Je crois qu'avec beaucoup de travail, tout le monde peut arriver à des résultats même si certains arrivent mieux que d'autres." Je confirme !

" Je pense que peindre est le plus beau 
métier du monde !"

Vient alors le cri du coeur. " Je pense que peindre est le plus beau métier du monde !" Aussitôt, une question s'impose : vit-on du "plus beau métier du monde ? "A Madrid, j'étais en relation avec plusieurs galeries qui géraient les ventes et les commandes de mes tableaux. Quand je me suis installée à Aulnay, il y a 16 ans, j'ai continué pendant quelques temps à travailler avec l'Espagne. Mais cela impliquait de nombreux aller/retour et donc des frais... " Aujourd'hui, Pilar enseigne la peinture à quelque 130 élèves de l'Association des Peintres et Sculpteurs Aulnaysiens et participe à de nombreuses expositions. Et si des galeries parisiennes l'ont "approchée", elle n'a pas encore sauté le pas. Le "marketing de soi' n'est pas son fort. "Je suis peintre... pas commerciale, je ne sais pas "me vendre"". Tout à son honneur, non ?
Pour en savoir plus, ici

Marie Torres pour www.micmag.fr
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