France - reportage

Photo-reportage : portraits autour d’ex-prisonniers de l’enfer de Guantanamo.

Hélios Molina - 11 septembre 2012
C’est un sujet encore tabou en Amérique car Obama qui s’était engagé à fermer Guantanamo n’a pas tenu ses promesses. Ces photos faites par Mathias Braschler & Monika Fischer, au départ pour le magazine Américain Vanity, ne seront jamais publiées. Aucun autre magazine américain n'a voulu les publier.

Mathias & Monika sont un couple peu ordinaire. Ils se présentent lors d’un briefing autour de leur travail devant 300 personnes avec leur bébé dans les bras. Au départ de cette aventure de reporter : retrouver les ex-prisonniers de l’enfer de Guantanamo, pour  percer un tabou : montrer des gens au regard meurtri de façon humaine et respectueuse.  Changer l’image de ces parias à qui l’on a privé de tout durant plusieurs années.

"Les Américains offraient 3 000 dollars à qui voulait dénoncer son voisin pour terrorisme"

Travail difficile, tout d’abord pour retrouver tous ces gens disséminés entre l’Australie, la Chine, l’Europe et l’Amérique. Coûteux ensuite : il faut aller dans plusieurs pays à leur frais avec une promesse non tenue de publication. Il faut ensuite les convaincre de se laisser photographier comme des stars pour une image bien léchée avec un cadre et un rendu de studio de cinéma. Beaucoup ont refusé, notamment les Français et les Américains qui ont pour quelques-uns un travail de cadre et ont caché leur passé à leur employeur. Mais raconte Mathias, ils vivent avec la peur d’être dénoncé comme des ex de Guantanamo. Car, disent-ils, le regard des autres est toujours méfiant. Il pèse, même si certains d’entre eux étaient là par hasard, le doute. Cruel doute qu’entretiennent tous ces regards extérieurs. Les Américains offraient 3 000 dollars à qui voulait dénoncer son voisin pour terrorisme. Et sous l’ère Bush, l’on ne perdait pas de temps à vérifier les infos. L’on emprisonnait d’abord à Guantanamo, l’enfer sur terre avec toutes sortes de tortures.

Photos visibles à Visa pour l'image-Perpignan jusqu'au 16 septembre.

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