22-01-2011 09:48:30

Le Teppaz, tout un symbole !

L’électrophone portable, modèle écossais collé à l’image des années 60 et des yéyés qui fut vendu dans 110 pays, est aujourd’hui un objet de collection recherché. Des fans comme Arnaud Wintrebert l’ont sorti de l’oubli.
Par Hélios Molina


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Arnaud Wintrebert, 47 ans, dépanneur radio, télé de St Omer (62) possède l’une des collections du petit électrophone portable des années 60 des plus complètes. Celui qui fut collé à l’oreille des yéyés et des tubes français est aujourd’hui objet culte. Dès l’entrée de sa maison à St Omer, des piles d’électrophones attendent un premier bilan de notre collectionneur et réparateur. Toutes les pièces de la maison en sont équipées. Vous pouvez ainsi écouter un 45 tours, produit par la marque, dans chaque pièce du pavillon. Arnaud assume aussi l’étiquette de vinyle-maniaque. Mais c’est un garage aménagé pour l’occasion qui accueille en ordre et par niveaux ces appareils de différentes séries, tous en état de marche et prêts dans la seconde à fonctionner. Non, ce n’est pas une collection somnolente !


Le premier Teppaz vous l’avez eu à quel âge ?

Arnaud.Wintrebert : Pratiquement à la naissance. Dans le parc, j’ai eu un électrophone dans les mains. Ce n’était pas la play station mais l’électrophone. Puis ça a continué par le vinyle.

Pourquoi un tel amour pour cette marque ?

A.W. : J’en ai eu d’autres mais j'ai eu un coup de foudre pour celui-là. En vacances ou le week end le tourne disque était vite en service. Et puis j’ai mis une annonce dans les journaux gratuits pour débuter une collection pensant réunir les cinq ou six appareils présents sur la page de pub de Salut les copains. J’ai commencé en 1975, les gens s’en débarrassaient avec plaisir. Ou je faisais un échange.  Durant mon service militaire, j’ai fait une pose, j’ai pris mon indépendance, changé de voiture. Et puis j’ai déclaré un jour : -l’année 1990 sera l’année Teppaz. Et cela a démarré très fort ! En 1990 j’avais 80 appareils. En 1996 j’en avais 350.

Et aujourd’hui ?

AW : 1600

Cela va s’arrêter un jour ?

AW : Je freine parce que je ne prends plus d’appareil en double.  J’en vends aussi. Cela me permet de faire une cagnotte pour faire re-fabriquer de la pièce détachée.

Comment procède-t’on pour chiner du Teppaz ?

AW : Les brocantes de la région, les petites annonces. Le bouche-à-oreille et l’achat de collections complètes. J’ai eu ainsi trois collections importantes dans leur jus, pas révisées.

Vous restaurez ?

AW : Les trois quarts de la restauration est conçue par moi !  Ils sont tous en état de fonctionner et je m’en sers.

Les années faste de la marque ?

AW : Entre 1955 et 1965. Cela tournait à plein régime. L’usine avait près de 1300 personnes.

La cote du Teppaz subit t-elle la crise ?

AW : La cote après avoir monté a tendance à baisser. Nous sommes dans du superflu. Un Teppaz moyen de qualité moyenne - par exemple un modèle Oscar- cote entre 150 et 200 euros. Le modèle 448 est l’un des plus chers et vaut lui autour de 600 euros révisés.

Les matériaux utilisés pour le Teppaz ?

AW : La valise est  un  carton de cartable années 60. La platine est en acier. Certains modèles sont en plastic. L’équipement est en plastic. L’électronique est soit à lampes, soit à transistors. Les derniers produits ont des circuits intégrés.

Quel succès a eu Teppaz chez les Américains ?

AW : Un succès relatif grâce à son design et son côté facile à balader, relativement léger comparable à des concurrents qui ont fait des valises en bois. Des défilés de modes aux Etats Unis ont été faits avec ces appareils. J’ai aussi des photos de vitrines remplies de Teppaz à Hong Kong. Aujourd’hui cela serait plutôt le contraire. Nos vitrines auraient du matériel made in Hong Kong. J’ai aussi d’autres photos de publicités de la marque sur les bus à Athènes. Ils ont vendu dans plus de cent pays. Aux Etats Unis, ce fut un succès mitigé où l’on vendit le 448, l’Oscar stéréo, des Transit radio. Marcel Teppaz,  le créateur est décédé en 1964. Ensuite, ils  n’ont pas réussi à innover et n’ont pas su prendre le tournant avec l’arrivée du numérique.

Propos recueillis par Hélios Molina

 

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