France - 

Design Scandinave, une côte fulgurante !

Par Hélios Molina - 25 janvier 2014
Sobre et fluide, le design scandinave des années 50-60 prend une place de choix dans un intérieur dénudé. Frime et bobos sont entrés dans la danse ! Attention aux prix et aux copies. Les objets semblent sortis de nulle part.

 Changement de siècle oblige, le rétro prend aujourd'hui pour cible les années 1950-60, période d'innocence et d'innovation. En quelques années, notre intérieur a pris beaucoup d'importance. Le goût prononcé du marché pour le mobilier fifties et pop s'explique par la nostalgie de cette époque d’euphorie propice à la création. De nos jours, pour les connaisseurs,  il semble que le choix du design scandinave reste un gage de beauté simple et de confort. C’est une valeur sûre que le grand public mésestime. Pourtant, loin du cliché d'une sècheresse dans le style ou d'un intérieur façon "chalet de montagne", le design scandinave est riche de sa simplicité, lointain et familier. Facile, sincère, il ne craint pas les mélanges et s’adapte parfaitement à tous les décors, sans effort. Dans les années 50 et leur contingence économique et sociale, les designers de Suède, de Finlande et du Danemark principalement, conçoivent des formes pures offrant des solutions pratiques dans l’esprit du fonctionnalisme. Ergonomes autant que designers, personne n'est oublié dans leur conception de la forme (recherches sur les enfants et les handicapés notamment).

En Suède, encore imprégnés du "Swedish Grace" et des écrits de la théoricienne Ellen Key, les designers allient sobriété, fonctionnalité, teintes claires et respect des matériaux naturels. C'est "le design pour tous".

En Finlande, un créateur comme Alvar Aalto introduit davantage l’idée d’un design humanisant et proche de la nature avec un jeu sur les lignes rythmiques et asymétriques très fluide, grâce à sa technique de pliage du bouleau lamellé-collé.

Au Danemark enfin, les designers expérimentent des matériaux et des formes rationnels certes, mais de moins en moins conventionnels. Dès 1960, Verner Panton conçoit la première chaise en plastique moulée par injection (la fameuse Panton chair), alors que Poul Kjaerholm se tourne vers le métal (chaise PK22 datant de 1956).

Un phénomène urbain et bobo 

Philippe Nolde, directeur de la galerie "50soixante70" à Paris, confirme le travail des designers scandinaves notamment sur "les lignes pures et  les formes fonctionnelles qui rendent ce mobilier intemporel." Dans la boutique de ce passionné, les prix restent très corrects. Son but : "Ne pas perdre de vue l'essence même de ce mobilier : fait pour tous, il doit le rester."

Repéré, un petit bureau danois en teck à 1600 euros qui pourrait en valoir facilement 4500 euros ailleurs. Selon Philippe Nolde, le succès du design scandinave s'explique par la politique écolo, le grand retour du naturel dans les habitations

 Le style Scandinave représente bien les aspirations "vertes" de notre génération. Nombre de marchands regrettent cependant que ce phénomène soit surtout urbain et "bobo"... Un antiquaire de Saint Ouen dira même que : "les galeristes affolent les potentiels clients." Le design scandinave était démocratique et peut l'être encore. Les matières moins nobles ne sont pas pour autant moins travaillées, et les plus petits noms n'ont pas moins de savoir-faire que les grands. En France, il existe finalement peu de boutiques ou galeries spécialisées. En revanche, le mobilier scandinave se trouve, au hasard des foires, des ventes ou des petites galeries de XXe siècle.  Galeristes ou marchands, tous mettent en garde l’éventuel acheteur sur le problème des objets qui ne sont plus édités, ceux qui n’ont jamais cessé de l’être et les rééditions bien sûr. Tout ceci joue autant que l’état de l’objet sur son prix.

A titre d’exemple, la chaise « cone » ou « K2 » de Verner Panton, éditée dans un premier temps par « Plus-Linje » de 1954 à 1966, peut coûter de 1200 à 2000 euros selon l’état, alors qu’une édition « Vitra » vaut entre 400 et 800 euros.

D’autre part, un tabouret très simple d’Alvar Aalto, le «Fan Leg » datant de 1954, édité à l’époque par « Artek » et plus édité depuis, vaut à lui seul entre 1000 et 1500 euros. Il reste bien sûr possible d'acquérir soit de plus petites pièces (verreries, céramiques, suspensions,...) dans les nombreuses boutiques spécialisées, soit du « vintage neuf » (tous les sièges, meubles ou luminaires produits sans discontinuité depuis leur création), délaissé par les puristes. Réédité ou non, en teck ou palissandre, avec du XVIIIe ou de l'industriel, le Design Scandinave ne déçoit jamais.

Hélios Molina



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