Barcelone - voix libre

Espagne : quand un gouvernement sans vision enterre la culture !

Hélios Molina - 24 juillet 2011
Ce n’est pas une estocade mais une mise à mort programmée du gouvernement Rayoy en Espagne sur la culture en votant une TVA à 21 %. Destruction volontaire d’un pan de l’économie ibérique ? Ou incompétence à haut niveau d'un gouvernement sans vision ?

Cinémas, salles de concerts, festivals, théâtres, libraires, éditeurs, acteurs, intermittents du spectacle sont en train de pousser un cri d’angoisse face à la surdité d’un gouvernement sans solution, face à la crise. Chaque jour à Madrid, de nouvelles mesures sont annoncées pour tenter de palier le déficit de l’Etat. Et chaque mesure restrictive ne fait qu’enfoncer le pays dans un tunnel sans fin avec plus de chômage et une baisse des cotations boursières.  Dernière mesure prise sans concertation et sans en mesurer les conséquences : l’augmentation de la TVA de 8 à 21 % pour les biens de consommation culturels. Manque d’incompétence ou choix délibéré ? C'est à se le demander !

"Ils ne veulent pas de culture parce qu’ils ne souhaitent pas de citadins libres mais soumis"

La culture fait vivre, en 2010, dans ce pays 508 700 personnes, ce qui représente 2,8% de la population active. Pourtant, des succès confirmés ont une renommée internationale. Uniquement en Catalogne en 2012, le Sonar festival a reçu plus de 100 000 spectateurs et le Primavera sound (festival électro d'avant garde) les 150 000. Jusqu’à présent, l'Espagne dans ce domaine arrivait à équilibrer ses comptes et à générer de l’emploi à sa manière. Le co-directeur de la salle de concert Apollo à Barcelone et du Primavera sound, Alberto Guijarro, déclare qu’ "avec une telle TVA, nous ne pourrons entrer dans la compétition". Et celui-ci entre dans les comptes : "avec un concert sold out, les bénéficies sont entre 10 et 15%. Suite à cette modif,  nous n’aurons que 7 %. C’est un secteur à très haut risque. Il y aura des disparitons d’entreprises". A Madrid, les grands noms de l’Espagne sont montés au créneau et parmi eux, Javier Bardem ou Pedro Almodovar qui se trouve en ce moment sur le tournage  de "Las amantes pasajeras". Celui-ci clame qu’il s’agit d’un attentat à la démocratie. L’acteur Carlos Bardem, de 49 ans, affiche un panneau qu'il tient haut et fort :"Ils ne veulent pas de culture parce qu’ils ne souhaitent pas de citadins libres mais soumis". L’éditeur de la maison Anagrama, José Herralde, déclare qu’il s’agit "d’une agonie douloureuse qui débouchera vers des fermetures dans le ciné, le théâtre et le livre". L’écrivain Clara Sanchez, de 57 ans, atteste  "qu’il n’y a pas de sauvegarde pour une misérable culture". Le jeune acteur Martin Rivas, 27 ans, affiche un : "Ceci est un suicide pour le pays. Et l’enterrement doit être payé par la culture". De toute part, des voix crient que "la culture n'est pas un luxe". Si le 1er septembre, l'IVA passe à 21 %, la culture en Espagne entamera un deuil douloureux pour des artistes sommés de quitter la scène. Que restera- t-il des 507 000 emplois ? Les experts qui ont décidé une telle mesure veulent-ils pousser l'Espagne vers un gouffre sans nom ? 



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