Salvador de Bahia - voix libre

Salvador de Bahia : « je réfléchirai longuement avant de rentrer définitivement au Brésil... »

Soraya Camilo - 29 dec 2012
Cela faisait quelques années que je ne visitais pas mon pays… Brésilienne depuis 23 ans en France, je pars fuyant le froid glacial de ce Décembre 2012.Une fois atterri et parcouru quelques kilomètres dans le taxi en direction du centre ville de Salvador de Bahia, tout était pareil, ou presque...

Cela faisait quelques années que je ne visitais pas mon pays… 
Brésilienne immigrée depuis 23 ans en France, je pars fuyant le froid glacial de ce Décembre 2012.

De l’avion, toute excitée, j’ai vu mon beau Brésil, toujours aussi grand, vert et métissé ! Une fois arrivée et parcouru quelques kilomètres dans le taxi en direction du centre ville de Salvador de Bahia, tout était pareil, ou presque… 

Mon Brésil avait l’air d’être en mutation à la veille de la Coupe du Monde. Le stade de foot s’imposait dans la ville, en fin de construction.
La ville était par contre détruite. Mais les voitures… scintillaient ! Nenhum fusquinha (coccinelle) ! Pas une seule vieille voiture dans les rues ! Que des nouvelles machines dans des chemins presque « d'avant-guerre », des rues de Salvador de Bahia avec ses trous et murs délabrés; une ville nettement abandonnée par ses dirigeants. 

« Soit le pouvoir d’achat des brésiliens a augmenté, soit les fabricants de voiture ont fait des soldes juste avant mon arrivée ?? ! »

L’état des rues m’a plutôt attristé, mais les voitures... Impressionnant… Soit le pouvoir d’achat des brésiliens a augmenté, soit les fabricants de voiture ont fait des soldes juste avant mon arrivée ??! 

A croire peut-être que le discours de Sarkozy est arrivé bien en retard aux oreilles des brésiliens, mais qui ont tout de même,  bien assimilé le message : 
- ont-ils travaillé plus et ont gagné plus que les français ??!!! 
Travailler plus ne veut pas forcément dire gagner plus en France, tiens… 
Que des hypothèses d’une jeune arrivante au pays natal... 
Je commence à me demander si cela ne vaut pas la peine de me réinstaller dans le pays tropical de Gilberto Gil et Jorge Ben Jor.

J’étais donc, à Salvador, capitale de l’héritage noir africain au Brésil. 
Les belles brésiliennes, mythes universels de beauté métissée se promenaient. 
Les cheveux étaient toujours longs, pour mieux  charmer les beaux gosses, la plupart (malheureusement) déjà en couple. J’ai du coup aussi observé que les naissances des filles supèrent encore aujourd’hui celles des garçons...

« des beaux mecs et des belles voitures, c’est tentant ! Après tout, au diable les trous sur la route qui nous amènent au motel ! »
Amusée de revoir ce jeux de charme capillaire si propre aux brésiliennes, étonnamment, une chose m’a attiré l’attention : les brésiliennes avaient, toutes (!) des cheveux lisses ! Blanches, brunes, rousses, blacks – Toutes aux cheveux lisses ! 
Déboussolant ! 
J’ai appris par la suite qu’il ne s’agissait pas d’un tour de magie noire (ou virus américain), mais tout simplement d’un certain  « brushing progressif ». 

Ah mon Brésil... !   
Je suis rentrée en France, et même si je suis une toute jeune divorcée, je réfléchirai longuement avant de rentrer définitivement au Brésil...  
Quoi que, des beaux mecs et des belles voitures, c’est tentant ! Après tout, au diable les trous sur la route qui nous amènent au motel !


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