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Coup dur ! Démission de Rue 89 du SPILL (syndicat presse en ligne)

Pierre Haski, Rue 89 - 4 janvier 2013
Les éditeurs du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) prennent acte avec un profond regret de la démission à compter du 1er janvier 2013, du site Rue89. Cette décision a été imposée par Claude Perdriel, patron du Nouvel Observateur.

[10h06 : ajout de la lettre de démission de Pierre Haski]

Les éditeurs du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil) prennent acte avec un profond regret de la démission à compter du 1er janvier 2013, du site Rue89. Cette décision a été imposée par Claude Perdriel, patron du Nouvel Observateur, devenu en janvier 2012 l’actionnaire à 100% de Rue89.

Pionnier de la presse en ligne en France, Rue89 a été l’un des co-fondateurs du Spiil en 2009. Ses dirigeants, Pierre Haski et Laurent Mauriac, ont participé aux actions menées par le syndicat avec une générosité, une énergie, une efficacité, rares. Les membres du bureau du Spiil, dont Laurent Mauriac est le vice-président, saluent avec un grand respect leurs réalisations, au sein de leur titre de presse comme dans le syndicat.

Comme l’écrit dans sa lettre de démission Pierre Haski, président de Rue89, les valeurs qui animent les fondateurs de Rue89 et le Spiil resteront partagées. Les dirigeants de Rue89, précise-t-il, "restent fidèles aux valeurs qui lient entre eux les membres de cette communauté de journalistes et d'entrepreneurs, et continueront de s'en inspirer dans leur action future".

La décision autoritaire de Claude Perdriel intervient peu après la publication par le Spiil de son Manifeste pour un nouvel écosystème de la presse en ligne. Se prononçant pour "une réorientation radicale de l’allocation des ressources du secteur", le Spiil y appelle notamment à la fin en trois ans des aides directes actuelles à la presse. Il demande parallèlement un renforcement des mécanismes d’aide à la recherche, au développement et à l’innovation, de façon à accompagner efficacement la révolution industrielle que connait notre secteur. Plus généralement, dix propositions concrètes du Manifeste appellent au développement d’un nouvel écosystème de la presse numérique.

Cette remise en cause par le Spiil d’un écosystème dépassé, et ses propositions pour construire un nouveau cadre juridique, fiscal et économique pour le développement d’une presse numérique indépendante, libre et pluraliste, a, semble-t-il, été perçu comme une "agression" par les dirigeants du Nouvel Observateur et d’autres titres de presse traditionnelle. D’où la mesure de "rétorsion" contre le Spiil, à travers Rue89.

Le Spiil tient à élever les plus vives protestations contre la décision de Claude Perdriel, qui s’inscrit en contradiction flagrante avec les valeurs que le Nouvel Observateur affirme défendre. Il regrette aussi que cette décision unilatérale ferme la porte au dialogue constructif avec la grande famille de la presse, que le Spiil a appelé de ses voeux en publiant son Manifeste. En tout état de cause, le Spiil continuera à soutenir les dirigeants et les salariés de Rue89.

La détermination des éditeurs du Spiil à ouvrir des voies nouvelles, à faire des propositions innovantes, à promouvoir les valeurs d’indépendance, et à se battre pour une information de qualité, n’en est que renforcée.



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