14-11-2011 17:57:21

Des méfaits de la pédagogite dans l’art contemporain

Ma précédente chronique disait les méfaits de la questionnite dans l’art contemporain et comment cette maladie du questionnement sur l’art entrainait la stérilisation de l’activité artistique au profit du discours sur celle - ci.
Nicole Esterolle (Lyon)

Il faut parler aussi de l’un des effets corollaires de la  questionnite :  la pédagogite . Car en effet , "l'idéologie du questionnement en soi et pour soi", est devenue centrale dans l’enseignement  des  écoles d’art , où,  dès lors, la célèbre boutade  de James Joyce "si tu peux faire quelque chose, fais-le ; si tu ne peux pas , enseigne-le" y prend tout son sens.

Ma précédente chronique évoquait aussi le rôle de la questionnite comme facteur de dématérialisation de l’art et de titrisation du néant pour la fabrication des produits artistico-financiers toxiques qui ont inondé la marché international… Mais il est nécessaire d’évoquer corollairement le rôle de la pédagogite comme facteur de titrisation du pervers pour la qualification de ces des innombrables professeurs toxiques et tordus du psycho-mental, agents du grand marché mondial de l’inepte, peuplant les écoles d’art et grassement payés par le bon peuple français pour abrutir ses enfants . (une pédagogite qui, précisons-le, a commencé à se développer au début des années 80, avec l’entrée en masse comme professeurs d’écoles des Beaux-Arts, de questionneurs - interpellateurs subversifs en tous genres de la peinture, tels que les gens de support-surface qui théorisaient à s’en faire péter les neurones, en peignant sur le châssis même, à l’envers de la toile ou sur toile mais sans châssis, pour subvertir l’art bourgeois et soutenir les classes défavorisées… mais qui, aujourd’hui, retraités grassement payés et avachis  des neurones, ont des cotes fabuleuses sur le marché du Financial art alors que les classes défavorisées le sont encore plus et que les autres artistes sont encore plus misérables … merci Support surface pour votre héroïque participation  à la lutte des classes).

Et c’est ainsi que des milliers de jeunes gens normaux, sains de corps et d’esprit, artistiquement doués, doivent chaque année fuir les Ecoles des Beaux-arts pour sauvegarder leur intégrité mentale et physique … et laisser toute la place aux futurs schtroumpfs émergents, que Nicolas Favre (dont je vous joins le mail ci-dessous), appelle "cortex sur pattes".

Je vous joins donc une photo d’une oeuvre que j’ai trouvée  à la FIAC 2011 et qui représente exactement le petit cortex sur pattes ou schtroumpf émergent à son degré ultime de cérébralisation.

Je vous joins le lien avec la fameuse galerie bordelaise (la seule galerie française, dit-elle, à être acceptée à la Foire de Bâle) opportunément nommée "Cortex Athlético", proche tout à la fois et comme par hasard du CAPC, de l’Ecole des Beaux-Arts et du FRAC aquitaine aquitaine :

http://www.cortexathletico.com/

Je vous joins enfin le témoignage à la fois émouvant et drôle, que m’a envoyé Nicolas Favre sur ses mésaventures à l’Ecole des Beaux-Arts de Bourges. On y voit comment un jeune  peintre au travail très estimable, un homme sain, positif, joyeux (cf. photo de lui dansant dans son atelier), est humilié, bafoué, disqualifié par ces sinistres et prétentieux pédagogues du néant :

"Chère Nicole, vos lignes sont les mots mis sur ce que je n'arrive pas à verbaliser depuis des années, et cela m'apporte beaucoup d'apaisement de vous lire.

Je tenais à vous remercier pour cela.

Merci aussi de mettre un nom sur ces produits du système!

Moi j'employais le terme de cortex sur pattes.

De 1996 à 1998, dans l'usine à schtroumpfs de Bourges ou je m'étais retrouvé pour - m'illusionnais-je alors - expérimenter la peinture auprès de maîtres, j'ai été confronté à cette ineptie.

J'ai assisté pendant deux années, tous les mois de juin, à la mise bas de cette curieuse bête. En effet, au bout de cinq années de gestation, cette institution accouche inlassablement de clones qui s'empressent d'aller pointer à la DRAC ou au FRAC.

Alors moi, je suis entré en résistance, et devant ce régime totalitaire où je risquais le camp de concentration pour insubordination et non conformité avec la politique artistique, je suis passé en zone libre.

Alors je me suis plongé dans la matière, dans la couleur,  j'ai nagé dans la peinture, oubliant et refusant toute intellectualisation, j'ai fait mon expérience en marge de l'artistiquement correct.

En laissant ma tête de côté, j'ai ressenti ô combien l'expérience de soi est engagée dans la transformation de la matière, pour peu que l'on prête attention à ce que nous enseignent nos tripes, et j'ai senti la poésie de Bachelard vibrer  : " en transformant la matière, nous nous transformons nous-mêmes".

Et puis, affamé par des années d'errances, en juin dernier, je suis retourné dans la gueule du loup me faire dévorer.

Pour alimenter l'alimentaire, mon cher Watson,  j'ai décidé de repasser cette chose nommée DNSEP (Diplôme National de Schtroumpf Emergent Professionnel), par la Validation d'Acquis d'Expérience.

Je pensais niaisement que la politique avait changé, que l'on accueillerai mon travail de façon objective....

Je me suis plié donc à l'exercice impensable de Schtroumfiser mon travail, et, pendant un an,  j'ai travaillé à intellectualiser l'inintellectualisable, à faire rentrer du sensible, de l'invisible, de l'émotionnel, dans une toute petite boîte réductrice, castratrice.

Cela m'a fait l'effet de capturer un papillon et de l'enfermer dans un bocal.

Je me suis fait "coaché"  par une schtroumpfette de cette usine de Rueil-Malmaison, qui m'a dit un jour ne rien comprendre à ma manière de parler de mon travail.... nous ne parlions tout simplement pas le même langage.

Je voyais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait.

Le jour de l'examen, c'est devant cinq schtroumpfs (installateurs, directeurs d'écoles d'Art, historiens de l'Art) médusés par le non-intérêt de mes propos (dixit le président du jury lors du débriefing téléphonique) que je me suis fait manger tout cru, comme le petit chaperon rouge. J'ai vraiment ressenti à ce moment le caractère politique de ce que ces écoles appellent l'Art, et je me suis senti encore une fois comme un opposant au régime. La politique définit les règles de l'Art, tout ce qui n'entre pas dans ces clous n'existe pas... Ce que m'ont renvoyé ces personnes ce jour-là est justement cela : votre travail n'existe pas.

"Votre peinture va mourir" m'a dit un des schtroumpfs, approuvé fidèlement par les autres. Eh bien ne lui en déplaise, ma peinture émerge, palpite, vit, et résistera toujours tant qu'il faudra se battre pour lutter contre cette "connerie subventionnée", pour reprendre un terme lu plus haut. Si eux sont des Schtroumfs, je suis du côté du village des irréductibles gaulois.

Je peins, persiste et signe, je m'appelle Nicolas FAVRE



  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

ÉVÉNEMENTS

Alô !!! Tudo bem??? Brésil-La culture en déliquescence ! Un film de 1h08 mn

Photo extraite du film de Mario Grave - S'abonner sur notre canal Youtube  pour avoir accès à nos films :

The new novel- You can get it in Amazon or Fnac. Here is the link

Au cœur de la meseta du Nouveau-Mexique au sud des Etats-Unis, Mink un photographe français partage sa vie av...

Reportage en Arménie - Micmag 2018 sur les routes du monde - Notre film

A la découverte des cultures de pays méconnus de la planète. Micmag a fait ses valises pour se rendre entre Asie et Eur...

Jusqu'où iront ces mégapoles latino-américaines ?

Qualité de vie-Innovations-Dangers-Démesure- joie de vivre-UN DOSSIER MICMAG

VINTAGE & COLLECTIONS

Naguère jouets, aujourd’hui objets de collection, les voitures miniatures déchaînent les passions : on les recherche, on les accumule. On les classe par marques, matières, échelles, thèmes… Bruno de la Tour, fervent collectionneur, en possède plus de 4 000. Il nous dévoile ses précieux modèles. L'article, ici.

SORTIR À PARIS

Qui n’a jamais rêvé de découvrir les secrets de l’espionnage ? Les clichés et les fantasmes sur le monde du renseignement sont nombreux, mais quelles sont leurs limites  ? "Espion", l'exposition de la Cité des sciences et de l'industrie vous offre une intrigue unique imaginée à partir d’une documentation sur l’espionnage qui en dévoile l’envers du décor… La suite ici.

BRÈVES

One World Together at Home
Organisé par Lady Gaga et l’association Global Citizen, en soutient à l’OMS, un concert confiné  se déroulera dans la nuit de ce samedi à dimanche. Au programme, entre autres, les Stones, Paul McCartney, Elton John... Où le suivre depuis chez nous ? Voir ici.

 
Sale virus !
Hello Christophe ! Celui que nous avions rencontré chez lui pour nous parler en esthète d'objets de collections années 60, de sons et de nuits inventives vient de succomber au Covid. Sale virus !
 
Les paroles de Hey Jude adjugées à 910 000 dollars
Le 10 avril, jour anniversaire de la séparation des Beatles, les paroles manuscrites de Hey Jude ont été vendues 910 000 dollars aux enchères. Paroles écrites par Paul pour réconforter le fils de John, après la séparation de ses parents.
 
Paul McCartney: la tournée française reportée
La productrice de la tournée française, a indiqué qu’elle travaillait au report des quatre concerts en France, prévus entre fin mai et début juin, et qui pourraient avoir lieu en 2021
 
Dur dur covid 19 - Micmag touché !
Micmag dans la douleur après la perte d'un ami et co-fondateur de Micmag.net. Thierry Bommart  (informaticien) a succombé suite à une insuffisance respiratoire. Jean-Louis Langlois qui a filmé plusieurs de nos reportages TV a plongé dans le noir puis est en cours de récupération.

TRAVEL WITH : 1 month 1 picture

Au coeur de la France rurale- Bistro picard - 2016 - ©HM

Send your picture to be published at  : contact@micmag.net