- Musique

Eric Clapton fête ses 80 printemps à l'’Accorarena

Jean-Christophe Mary - 2 juin 2025
Samedi 31 mai, Paris était face à un dilemme cornélien : trancher entre la Champions League et une légende du blues. Ceux qui ont opté pour Clapton à l’AccorArena Paris ont assisté à un moment suspendu, une leçon d’élégance offerte par un seigneur du son.

On n’y croyait qu’à moitié. Qu’un Eric Clapton octogénaire foule encore les scènes, d’accord. Qu’il tienne deux heures sans flancher, pourquoi pas. Mais qu’il offre un concert digne de ses grandes heures, sobre, intense, presque chamanique par moments… Là, Clapton nous a bluffés et prouvés qu’il est plus qu’un survivant : un passeur de flammes.

La setlist du concert oscille elle entre titres électriques et chansons acoustiques

Ce soir, pas de mise en scène. Hormis quatre écrans en front de scène, juste des guitares, des amplis et un son chaud comme un vieil ampli à lampe. La setlist du concert oscille elle entre titres électriques et chansons acoustiques, dans un va-et-vient qui rappelle les dualités d’une vie marquée par l’excès et la rédemption, la douleur et la grâce.

L’ouverture se fait en électrique avec “White Room". La machine démarre sur les traces de Cream. Le riff est là, les aigus bien mordus, Doyle Bramhall II en renfort à la guitare rythmique et aux chœurs. “Key to the Highway”, “I’m Your Hoochie Coochie Man” et “Sunshine of Your Love” enfoncent le clou : un son dense contenu, jamais démonstratif. Ce soir chaque note est pesée, chargée de sens. Le duo Clapton et Doyle Bramhall II fonctionne à merveille : Bramhall, look hippy 60’s et doigté organique, joue la terre quand Clapton plane au-dessus. Nathan East, le bassiste historique au sourire discret, tient la baraque comme un métronome, pendant que Sonny Emory, frappe chirurgicale et toucher de velours, impose un tempo jamais bousculé. Aux claviers, Tim Carmon tricote des nappes gospel à l’Hammond B3, Chris Stainton glisse ses interventions de piano avec une élégance presque jazz. Et dans les coins de la scène, les voix de Sharon White et Katie Kissoon viennent poser des halos de soul sur les refrains. Après “Key to the Highway” et “I’m Your Hoochie Coochie Man”, hommage aux racines blues, “Sunshine of Your Love” rappelle que Clapton n’a jamais oublié qu’il fut, à ses débuts, un faiseur de murs de son. Puis, place au set acoustique. Tabouret, guitare folk, les lumières plus baissent, se font plus tamisées.

Puis “Can’t Find My Way Home”, morceau de Blind Faith, glisse lentement vers “Tears in Heaven”, toujours aussi poignant

Là, le tour de chant prend une autre dimension. Ce moment suspendu du concert, recentre l’attention sur le chant et le toucher. Clapton y revisite ses fondamentaux : “Kind Hearted Woman Blues” de Robert Johnson, “Nobody Knows You When You’re Down and Out”, et “Golden Ring”, dans une version à nu. Puis “Can’t Find My Way Home”, morceau de Blind Faith, glisse lentement vers “Tears in Heaven”, toujours aussi poignant, porté par une sobriété qui désarme. Cette version est livrée sans pathos comme une prière, tout en émotion nue. Le visage impassible de Clapton sur l’écran en est la preuve.

Retour à l’électricité autour de cette formation de musiciens talentueux avec “Badge”, co-signé avec Harrison, “Old Love” étiré en jam bluesy avec solos croisés entre Clapton et Bramhall, puis un “Cross Road Blues” nerveux et sec. Doyle Bramhall II, guitariste au style fluide, est plus qu’un accompagnateur. Avec ses guitares de droitiers inversées, il est le miroir de Clapton. À la basse, Nathan East déploie son groove subtil, tandis que Sonny Emory imprime une pulsation souple, presque jazz. Les claviers se partagent entre Tim Carmon, à l’orgue Hammond, et Chris Stainton, au piano, deux musiciens dans leur style ont un jeu très expressif. Enfin, les voix de Sharon White et Katie Kissoon, douces et profondes, apportent une dimension presque liturgique à certains refrains.

Du parterre aux gradins, la salle est debout

Le final est une leçon de blues : “Cross Road Blues”, “Little Queen of Spades” font rugir les guitares dans un dernier souffle tandis que “Cocaine” conclue le set dans une version lourde et hypnotique. Du parterre aux gradins, la salle est debout et salue la performance à travers des cris de joie et de chaleureux applaudissements.

En rappel, “Before You Accuse Me” de Bo Diddley, vient clore la soirée sur une note d’humour et de partage, avec ses chœurs soul et son beat détendu.

Plus qu’un show commémoratif, cette prestation ressemblait à une conversation intime, entre Clapton et ce qu’il reste du blues. À 80 ans, Eric Clapton ne cherche plus à séduire. Il transmet. Chapeau bas, l’artiste !


 


Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net/ Photos Photos@didier doc pilot

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