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My generation

Marie Torres - 1er juillet 2019
Roger Daltrey nous fait entrer dans sa vie musicale et privée avec, il me semble, sincérité, aucune indulgence et beaucoup d'humour. On ne découvre pas seulement la vie d'un des groupes les plus en vue des années 60, mais aussi celle de toute une génération. Un vrai régal.

"Ce qui s'est passé dans les années 60 avait en réalité commencé vingt ans plus tôt avec la génération née au cours du conflit mondial, jusqu'en 1950. Des années magiques pour les musiciens, les artistes, les scientifiques, tous ceux qui voulaient créer quelque chose de nouveau. C'est ce qui arrive quand on part d'un terrain en friche : il y a tellement eu de destruction qu'on ne pouvait que construire. On était une génération de bâtisseurs, et on n'avait pas le choix : on a grandi avec presque rien, sous la houlette de parents qui, quelle que soit leur bonne volonté, luttaient chaque jour pour surmonter les séquelles de la guerre."

C'est en pleine Opération Steinbock (bombardement aérien sur Londres et ses alentours), que vient au monde Roger Daltrey, le 1er mars 1944. Son enfance ? Pas malheureuse, non. Juste semblable à celle des jeunes de sa génération. Un peu misérable. Pleine de privation. Mais il n'en fait pas un plat. Il raconte, non sans un certain humour et avec tendresse, ses parents, sa famille, ses déboires à l'école. Et puis sa première guitare. Sa gratte n°1 qu'il a fabriquée lui-même à douze ans et pour laquelle il a du travailler dans une blanchisserie tout l'été. " J'ai payé cher pour cette guitare, mais à la fin de l'été j'avais économisé de quoi acheter les pièces nécessaires." Et quelques semaines plus tard, il donnait son premier "concert" !

Mais bien sûr My génération c'est avant tout, les Who. Ce sont les délires inimaginables de Keith Moon, l'égo et le génie de Pete Townshend, l'imperturbabilité et le talent de John Entwistle. C'est aussi l'évocation de groupes aujourd'hui (presque) oubliés : Manfred Man, les Small Faces ou encore les "proprets" Herman's Hermits, comme il les appelle...

C'est aussi - et surtout - les anecdotes de tournées, de coulisses, de concerts, du Festival de Monterey ou de celui de Woodstock... Sa famille. Sa femme Heather et les enfants.

Et puis il y a l'écriture. Simple, sympa, drôle. Sincère. Ce "petit quelque chose" que dégage Roger Daltrey. Ce petit quelque chose qui donne envie de lui dire : tu es quelqu'un de bien, Roger. Oui, cette autobiographie fait du bien.

Marie Torres pour www.micmag.fr
My generation
Roger Daltrey
Traduction Bernard Cohen
Editions Kero, Janvier 2019
22,50 euros

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