- Reportage

Deyrolles à Paris - Vous avez dit "strange" ?

Hélios Molina - Rencontre en avril 2000 à Paris - 5 mars 2014
Au cœur de Paris voici un étrange voyage pour collectionneurs de minéraux hétéroclites ou amateurs de sciences naturelles à la manière du vieux cabinet de curiosité. Le lieu a survécu à l’enfer des flammes

C’est un voyage dans le temps vers un lieu unique en Europe auquel nous vous convions. La légendaire maison Deyrolle, rue du Bac à Paris, fait presque partie du patrimoine citadin au même titre que l’ancienne gare d’Orsay toute proche puisqu’elle existe depuis 1831.

C’est la  date à laquelle Jean-Baptiste Deyrolle et son fils Achille développèrent un commerce bien particulier qui s’adressait aux explorateurs, aux grands collectionneurs

de minéraux et fossiles, aux chasseurs de papillons et tout ce qui attrait à l’histoire naturelle de nos grands parents. Parallèlement, la maison se lance dans la taxidermie. Et c’est dans un hôtel particulier que tout ce petit monde, insectes et animaux étranges cohabiteront à la manière des vieux cabinets de curiosité.

Mais la vocation de l’enseigne a une grande part pédagogique et développe les planches scolaires, celle que le professeur de sciences naturelles accrochait au tableau des écoles primaires, secondaires et universitaires. Une des premières planches fut consacrée aux oiseaux (vertébrés) avec déjà à l’époque, un grand respect pour l’environnement  signalé dans un encadré: « ne dénichez pas les petits oiseaux, ils sont utiles ». La maison a donc au cours des ans, collectionné, constitué des herbiers, enrichi son matériel d’ostéologie, pour aider les universités et les étudiants dans leur démarche.

La collection d’entomologie compte des milliers d’insectes. La taxidermie est au départ une idée faite pour favoriser la recherche universitaire. Puis les grands chasseurs se sont fait rapidement connaître avec leur trophée sous le bras pour immortaliser le butin de chasse. Ce lieu si particulier verra au cours des ans défiler des personnalités, des curieux, des collectionneurs du monde entier. Car bien évidemment, il est étrange de voir une panthère à côté d’un meuble de métier, la gueule ouverte. Derrière elle, toujours sur le meuble à tiroirs des agneaux cohabitent avec des lions blancs. Coqs, canards et autres éléments de basse-cour semblent plus vrais que nature. Œufs d’autruche montés sur socle , des collages d’ailes de papillons, des éclatés d’insectes montés sous globe, des antiquités animalières sont autant d’éléments curieux. Tandis qu’un éléphant en résine, d’après moulage d’un ancien modèle naturalisé se sent à merveille dans le chic citadin du lieu qui l’accueille. Et puis survient le drame ! Le 1er février 2008, un incendie fait des ravages dans la ménagerie. Les flammes n’ont pas ici purifié mais détruit. Après le sinistre, les curieux pouvaient voir un lama et un élan passer la tête par la fenêtre comme s’ils avaient l’intention de s’échapper du lieu. Les papillons bleus ont roussi sous la chaleur du feu. L’émotion fut aussitôt grande chez les artistes comme la photographe Bettina Rheims ou la débridée Sophie Calle qui aussitôt prêtent assistance pour la reconstruction. Même la maison Hermès a apporté son soutien en créant un tissus dont les bénéfices sont reversés à cette légendaire maison. Le feu a surtout ravagé la collection d’insectes conservés  dans les meubles d’époque aux nombreuses vitrines. Finis les coléoptères rares venus des quatre coins de la planète. Mais aujourd’hui la résurrection est en cours et les miracles de la restauration font leurs effets. La maison de la rue du Bac  ouvre à nouveau au public des salles. La ménagerie inventive retrouve sa quiétude comme si rien ne s’était passé. La magie du vieux cabinet de curiosité s’empare du visiteur qui veut à nouveau pénétrer les mystères de la maison qui a survécu à l’enfer des flammes. Un voyage insolite au coeur de Paris est à nouveau garanti. 

HM



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