France - Lectures

Et vous, que feriez-vous si on vous tuait un être cher?

Marie Torres - 10 septembre 2013
Une célèbre violoniste demande à un peintre, brisé par la mort de sa famille, de réaliser le portrait de l’homme qui a tué son fils. La porte de la maison des chagrins est ouverte. Douleur, vengeance, culpabilité s’y échappent. Du talent, du suspens, de la psychologie. Un «grand» Victor del Arbol

C’était là que tout était arrivé.

Quatorze années plus tard, Edouardo revient sur la petite route secondaire où, un jour d’août 1991, sa vie a basculé.

Faire le portrait de l’homme qui a tué son fils

« Un choc très violent secoua la voiture à l’arrière. Il eut l’impression qu’il décollait, qu’une force centrifuge irrésistible lui arrachait les mains du volant et les pieds des pédales. En même temps, ou juste après, mais dans une simultanéité qui abolissait tous les instants, une secousse terrible, de droite à gauche et de haut en bas, le précipita contre le plancher de la voiture, contre les valises, contre le cric et contre un truc mou qui ne pouvait être que le corps de sa femme ou de sa fille qui avaient été projetés en avant. »

Après ce drame, après treize années passées derrière les barreaux pour le meurtre du chauffard responsable da mort de sa femme et de sa fille, Edouardo est un homme fini. Sans âme. Peintre de renom avant l’accident, aujourd’hui, il réalise des portraits pour des grandes surfaces. Jusqu’au jour où une femme lui fait une étrange commande : faire le portrait de l’homme qui a tué son fils. Un portrait psychologique pour comprendre qui il est. Qui se cache derrière les apparences.

Qu’auriez-vous fait à la place des personnages ?

Mais le pinceau d’Eduardo ne va pas révéler que la vérité confinée au plus profond de cet homme mais les secrets et tourments de toute une galerie de personnages. Gloria, la célèbre violoniste, Olga, la galeriste, Who, le jeune androgyne, Arthur, le fils d’un membre de l’OAS, Ibrahim, le mercenaire soufi, Guzman, l'ex-agent de la police de Pinochet… Des personnalités qui semblent n’avoir aucun point commun et qui, petit à petit, vont être reliés par des ponts invisibles et leurs histoires vont s’emboîter jusqu’à révéler une vérité terrifiante. Presque monstrueuse. Et, c’est là, qu’une question, non moins terrifiante et monstrueuse, s’impose : qu’auriez-vous fait à la place des personnages ?

Victor del Arbol (Barcelone, 1968) est l’auteur, entre autres, de La Tristesse du Samouraï, Prix du meilleur polar européen 2012, décerné par le Point. Avec La maison des chagrins, il nous offre un de ces romans dont, dès les premières pages, sans même avoir décerné le début de l’intrigue, sans avoir rencontré les personnages principaux, on devine, on est certain qu’on débute un magnifique voyage. On s’installe et on tourne les pages avec aucune envie de reposer le livre. Ni d’être interrompu. Voilà ce que nous offre Victor del Arbol.

Marie Torres
La maison des chagrins
De Victor del Arbol
Traduction Claude Bleton
Actes Sud, Septembre 2013

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